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porte nouvelle pour le service de l’abattoir, entre la porte d’Ouche et la porte Saint-Pierre. 5" La porte de la rue Chancelier- L’Hospital (chemin de Mirande), ouverte en 1852 sous le rempart, qu’elle laisse subsister. 6° La porte Neuve (route de Gray), murée à l’époque du siège de Dijon par les Suisses, rebâtie en 1741. 7° La porte Saint-Nicolas (route de Langres et de Cray), démolie il y a peu d’années ainsi qu’un beau bastion. 8° La porte Fermerot, qui n’est qu’une simple ouverture de la rue delà Préfecture. 9° La porte Saint-Bernard, percée, de 1836 à 1844, à l’extrémité de la rue des Champs ou des Godrans, entourée de maisons neuves et décorée, depuis 1847, de la statue en bronze de saint Bernard. Cette statue avait été, en 1848, transportée dans l’église de Saint-Bénigne , parce qu’un certain nombre d’imbéciles menaçaient de la détruire. Elle a été rapportée sur la place Saint- Bernard au mois d’octobre 1852. La hauteur totale du monument est de 10 m., 72 c. La statue a 3 m., 15 c. Sur le panneau du socle regardant la ville, on lit : A saint Bernard, né à Fontaine-lez-Dijon en mxci ; sur le panneau opposé : Érigé par souscription, vii novembre mdcccxlvii. Les figures en bas-relief, hautes de 1 m.,95c., qui décorent les niches et qui représentent le pape Eugène III, Louis VII, roi de France, Hugues le Pacifique, duc de Bourgogne, Suger, Pierre le Vénérable, et Hugues de Payens, grand maître des templiers, sont, ainsi que la statue de saint Bernard, de M. Jouffroy, un des élèves les plus distingués de l’école de Dijon.
La gare de Dijon, commencée en 1847, n’est pas encore terminée. A peine l’eût-on ouverte que son insuffisance prochaine fut reconnue. Chaque jour les besoins toujours croissants du service font sentir la nécessité de plus en plus urgente de son agrandissement ; mais, après de nombreuses discussions, elle a été établie, pour l’intérêt d’une partie de la ville, dans un emplacement tel qu’elle ne peut s’étendre que d’un seul côté, bornée qu’elle est des trois autres par les carrières de pierres qui la dominent, par les fontaines et par la ville; il lui faudra donc acquérir, à grands frais, le jardin de l’Arquebuse et le jardin des Plantes, et gagner, en les comblant, les terrains assez vastes compris entre l’hôpital et l’asile des aliénés. Dans son état ac-
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tuel, elle occupe une superficie de 10 hectares : terrains bâtis, 2 hectares; terrains non bâtis, 8 hectares. L 'embarcadère proprement dit, commencé en 1853, s’achève en ce moment. Il a déjà coûté plus d’un million ; il se compose de deux grands corps de bâtiment ayant chacun 125 mètres de longueur et 12 mètres de largeur, séparés par le chemin de fer, qui a quatre voies , et qui est couvert.
Une rue nouvellement percée. — elle va de l’embarcadère à la façade de la cathédrale ou Saint-Bénigne, — et la rue Guillaume qui s’ouvre à la porte Guillaume, conduisent en cinq minutes de la gare au centre de Dijon, sur la place d’Armes, qui fait face à l’ancien palais des États, aujourd’hui l’hôtel de ville. La rue Condé ou de la Liberté (selon les gouvernements), qui aboutit à la place d’Armes, est la continuation de la rue Guillaume. Si l’on entre dans la ville par la rue de la Cathédrale, il faut, pour gagner la place d’Armes, longer l’église Saint-Bénigne, suivre la rue de ce nom jusqu’à la place Saint-Jean , tourner à gauche dans la rue Bossuet, puis à droite dans la rue Condé.
Ces renseignements préliminaires achevés, avant de résumer l’histoire de Dijon , et de décrire dans un ordre méthodique ses monuments religieux et civils, ses musées, ses collections, ses établissements d’insiruction publique ou de bienfaisance , ses promenades, etc., nous allons indiquer aux étrangers qui n’auraient que quelque^ heures à dépenser dans l’ex-capitale de la Bourgogne, — bien digne cependant d’une ou de deux journées, — comment ils devront employer leur temps , en d’autres termes, nous allons leur tracer leur itinéraire.
1° Saint-Bénigne; 2° Saint-Philibert; 3° Saint- Jean (place Saint-Jean, maison de Bossuet, hôtel du président de Brosses); 4° Sainte-Anne; ‘5° Porte Saint-Pierre (le Parc, si l’on peut); 6° la Bibliothèque; 7° le palais de justice; 8° l’hôtel de ville (musée de peinture et de sculpture, tour des ducs de Bourgogne, anciennes cuisines, musée archéologique) ; 9° la salle de spectacle et la halle au blé; 10“ Saint-Michel; 11° les archives; 12° la maison des Cariatides, rue Chaudronnerie, 28; 13° Notre- Dame; 14° les maisons Richard et Milsand, rue des Forges, 34 et 38; 15“ la statue de saint Bernard ; 16° le château , 17° les fontaines; 18° l’Arquebuse et le jardin des Plantes; 19° l’Ancienne Chartreuse (l’asile de^ aliénés).
Itinéraire de Ia France pur AD. JOA3I.1C •
DIJON. — HISTOIRE
Histoire.
L’origine de Dijon est , comme celle de la plupart des villes anciennes, un problème presque insoluble. L’étymologie de son nom a donné lieu aussi à de nombreuses discussions. Vient-il de a divis (ville des dieux), des Divitenses (peuple germain) , de Divitiacus (général éduen) ou de diw io (deux rivières) qui le saura jamais? Quand César eut conquis la Gaule, il établit un de ses lieutenants en ce lieu appelé dès lors castrum Divionense. Fortifié par Marc Aurèle ou par Aurélien, ce castrum , dont les habitants avaient été convertis en partie au christianisme par saint Bénigne , qui y souffrit le martyre le 1 er novembre 178, fut donné plus tard par Constantin à saint Urbain, sixième évêque de Langres, détruit par les barbares, et rebâti par les empereurs. L’évêque Apruncule vint l’habiter dès qu’il ne se trouva plus en sûreté à Langres. Grégoire de Tours, qui y fit un long séjour au vi e siècle, nous en a laissé une curieuse description.
« C’est, dit-il, un château bâti de murs très-solides.... lia quatre portes situées vers les quatre points du monde. Toute cette bâtisse est ornée en totalité de trente-trois tours. Les murs sont, jusqu’à la hauteur de vingt pieds , construits en pierres carrées, et ensuite en pierres plus petites. Us ont en tout trente pieds de hauteur et quinze pieds d’épaisseur. J’ignore pourquoi ce lieu n’a pas pris le nom de ville. Qux cur non civitas dicta sit ignoro. »
A la chute de l’empire romain, Dijon avait d’abord fait partie du premier royaume de Bourgogne , dont Châlon était la capitale. Puis elle était tombée en la possession des Franks , qui ne surent la défendre ni contre les Sarrasins , ni contre les Normands. En 878 les Normands avaient tranché la tête à l’abbé de Saint-Bénigne. Quand ils revinrent, dix ans après, l’évêque se mit sous la protection du seigneur de Vergy, Manassès dit le Vieux , qui prit le titre d’avoué, mais dont les successeurs usurpèrent plus tard celui de comte , tout en reconnaissant la suzeraineté de l’évêque. Cependant le royaume de Bourgogne devint un duché dont les premiers ducs s’appelèrent bénéficiaires , sans
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doute parce qu’ils tenaient originairement de la couronne le bénéfice de leur duché. Rien de plus .obscur et de moins intéressant que l’histoire de Dijon à dater des invasions des Normands (la dernière eut lieu en 891), jusqu’au xi e siècle, c’est-à-dire jusqu’à l’époque où Lambert, évêque de Langres, vendit cette ville au roi Robert. Le roi Robert en fit alors (1015) la capitale du duché de Bourgogne, qu’il donna à son fils Henri, et que celui-ci devenu roi de France en 1032, céda à son frère Robert, le premier d’une nouvelle suite de ducs de Bourgogne, désignés sous le nom de ducs de la première race royale, parce que ce Robert, le premier d’entre eux, était petit-fils d’Hugues-Capet. En prenant possession du duché de Bourgogne, Robert s’engagea à respecter le droit qu’avait cette province d’être administrée par des états qui, depuis longtemps , se réunissaient à de certaines époques pour régler l’administration, voter et répartir l’impôt.
Le dernier des ducs de la première race royale, — on en compte douze, — mouruten 1 361 . Pendant ces 330 années, Dijon s’agrandit et s’embellit, surtout après l’incendie de 1137, qui l’avait détruite en partie. La Bourgogne jouit d’une paix profonde; mais les ducs portèrent au loin leurs armes, soit en prenant part aux croisades, soit en assistant les rois de France, leurs suzerains, dans leurs guerres. Eudes I er fonda, en 1098, la célèbre abbaye de Cîteaux. Si, en 1146, Eudes II résista à l’éloquence de saint Bernard, qui avait prêché la croisade à Vézelay, en 1171, leduc Hugues III s’embarqua pour la terre sainte. Il faillit périr dans une tempête, et ce fut pour accomplir un vœu fait par lui , quand il se voyait en danger de mort , qu’à son retour il fonda la Sainte- Chapelle. Ce même duc accorda, en 1182, à la ville, une charte de commune confirmée par Philippe Auguste, en 1183. Mais, quatre ans plus tard, ayant besoin d’argent pour se rendre à la terre sainte , où il commanda l’armée après le départ de Philippe Auguste, il la retira pour en octroyer une seconde qu’il se fit payer 500 marcs par an. La commune dijonnaise ne fut toutefois vraiment constituée qu’en 1282. Robert II ayant acheté, en 1276, la vicomté qui existait depuis le xn e siècle (le comté était depuis 1015 réuni au duché), voulut empiéter sur les droits
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des habitants; ceux-ci résistèrent énergiquement à ses prétentions et, soutenus par le roi, ils obtinrent, non-seulement la confirmation de leur charte*et la réunion de la vicomté à la mairie, mais la conversion de leur rente de 500 marcs en une redevance moins onéreuse.
A la mort du dernier duc delà première race, la Bourgogne fut réunie à la couronne. Le roi Jean vint en prendre possession à Dijon, et jura dans l’église Saint-Bénigne, selon la coutume, de respecter les libertés, franchises, chartes et privilèges du duché et de la ville. Quand il mourut, la Bourgogne forma l’apanage de son quatrième fils, Philippe le Hardi, premier duc de la troisième race et deuxième du nom. Cette troisième race, qui compte quatre ducs seulement, — Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, — s’éteignit, en 1476, avec Charles le Téméraire. Pendant cette période de 114 années, l’histoire de Dijon se confond avec celle de ia Bourgogne, qu’il ne nous appartient pas de résumer ici.
La capitale du duché, résidence de la cour ducale, qui y donna des fêtes brillantes et qui y déploya un grand luxe, ne ressentit nullement d’ailleurs le contre-coup des malheurs qui accablèrent alors les principales villes de la France.
Dès que Louis XI eut appris la mort de Charles le Téméraire, il fit occuper la Bourgogne par ses lieutenants. En vain les états, rassemblés à Dijon , protestèrent-ils contre cette invasion. Le duché fut réuni à la couronne, et, tout en confirmant les anciens privilèges des habitants, en fixant à Dijon le parlement, qui avait jusqu’alors siégé à Beaune et Saint-Laurent-lez-Châlon, le roi fit réparer les fortifications et bâtir une forteresse destinée à contenir la ville en cas d’émeute. Ces travaux , continués par Charles VIII et par Louis XII, étaient à peine achevés, lorsque, en 1513, Dijon eut à soutenir un siège mémorable.
Après la bataille de Novarre, le plus funeste échec qu’eussent essuyé les Français depuis l’origine des guerres d’Italie , 30 000 Suisses, Allemands et Francs-Comtois, commandés par Jacques de Watteville, avoyer de Berne, le comte de Fustenberg et le sire de Vergy, envahirent la Bourgogne. Le 7 septembre, ils arrivaient sous les murs de Dijon. Les principales forces de
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la France avaient été envoyées dans le Nord, que menaçaient l’empereur et le roi d’Angleterre. La Trémouille , chargé par Louis XII de la défense du duché de Bourgogne , n’avait que 6 à 7000 hommes à sa disposition. Il s’était enfermé dans Dijon, après avoir jeté de faibles garnisons dans Auxonne, dans Talantet dans Saint- Jean de Losne. Les Suisses ouvrirent le feu dès qu’ils furent arrivés; le 9, leur artillerie avait déjà fait deux brèches. Une première négociation, engagée le 10, échoua. Le feu recommença avec plus de vigueur. Un assaut général allait être donné, et sans doute la ville eût succombé , malgré l’énergique résistance de la garnison et des habitants, quand La Trémouille envoya au camp des assiégeants de nouveaux négociateurs, suivis de voitures chargées de vin. On parlementa, on but, les têtes s’échauffèrent, et, quoique de part et d’autre on n’eût pas de pouvoirs, on stipula, au nom du roi et des cantons, un traité par lequel la France s’engageait à donner 400 000 écus, à évacuer le Milanais, etc., si les Suisses levaient le siège, se séparaient de leurs alliés et rentraient dans leur pays. A ces conditions, les Suisses évacuèrent le duché. Ce traité, merveilleusement étrange , dit le roi, qui refusa de le ratifier, sauva Dijon et la France.
François I* r , prisonnier à Madrid, avait cédé pour sa rançon la Bourgogné à Charles-Quint, qui possédait déjà la Franche- Comté. Mais les états , le parlement et les chambres des comptes refusèrent énergiquement leur consentement à ce traité, et leurs députés, convoqués à Cognac, déclarèrent avec fierté : * Qu’ayant par les droits de la couronne et par leur choix des maîtres nécessaires, le roi ne pouvait les céder : que si on les retranchait de l’association commune, ils disposeraient d’eux-mêmes et s’affranchiraient de toute domination. »
Pendant les guerres de religion, Dijon se déclara pour le parti des ultra-catholiques, et plus tard pour celui de la Ligue. Toutefois, lors de la Saint-Barthélemy, les protestants y durent leur salut à l’intervention de Jeannin, alors simple avocat. Mayenne, qui avait obtenu le gouvernement de la Bourgogne, essaya de se maintenir dans la capitale de cette province restée fidèle à la Sainte-Union, même après l’abjuration d’Henri IV. Mais il mé-
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contenta les habitants par ses exigences tyranniques, et, quand Biron, qui précédait Henri IV, approcha de Dijon, les bourgeois insurgés lui ouvrirent les portes. Le 5 juin 1595, le roi faisait son entrée à Dijon. Il en partit le 6 pour aller battre Mayenne à Fontaine-Française, et il y revint le 7 en triomphateur. Le 30 du même mois, il obtenait la capitulation de Talant dont la forteresse fut démolie. La Bourgogne était désormais entièrement soumise à l’autorité royale.
En 1629, sous Louis XIII, les vignerons, qui habitaient la ville en grand nombre, prirent les armes pour défendre leurs privilèges menacés. Après s’être donné un chef, qu’ils proclamèrent roi sous le nom de Machos , et après avoir brûlé le portrait de Louis XIII, ils parcoururent la ville en chantant le vaudeville, alors populaire, de Lanturlu, et en poussant des cris de vive l’empereur! Les plus graves excès furent commis contre les propriétés. Les bourgeois s’armèrent et rétablirent l’ordre, sans apaiser toutefois la sédition ; mais le marquis de Mirabeau entra dans la ville avec des troupes : un engagement eut lieu sur la place Saint-Michel; quatorze vignerons furent tués et les autres s’enfuirent en désordre. Le 27 avril, Louis XIII fit son entrée à Dijon. Il se montra d’abord très-irrité, puis il pardonna; mais il limita les libertés municipales et défendit aux vignerons de demeurer dans la ville sous peine de punitions corporelles.
« Avertie par cette leçon, a dit un historien dijonnais, Dijon garda fidélité au roi pendant la guerre de la Fronde. Ce fut en vain que, lors de l’arrestation du prince de Condé, gouverneur de Bourgogne, quelques intrigants cherchèrent à égarer les habitants; ils ne purent réussir à compromettre gravement la tranquillité publique. Quand le prince fut délivré, les Dijonnais chantèrent un Te Deum, et brûlèrent, au milieu des imprécations de la foule, une image de la Fronde, figurée en paille, sous les habits les plus pittoresques. Condé rétabli dans son gouvernement, le quitta bientôt pour se mettre à la tête d’une nouvelle révolte. Alors le commandant qu’il avait laissé à Dijon refusa de livrer le château, et le duc d’Ëpemon ne put y entrer qu’après un siège de plusieurs jours. Il le garda jusqu’à la paix
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des Pyrénées. Depuis lors, le gouvernement de Bourgogne devint pour ainsi dire un apanage de la maison de Condé. »
L’époque la plus brillante de Dijon fut le xviii c siècle. Capitale de la Bourgogne elle jouit d’une paix profonde; les États généraux de la province s’y rassemblaient tous les trois ans ; elle .était, en outre, le siège d’un parlement, d’un gouvernement général militaire, d’une cour des comptes, d’une cour des aides, d’un bailliage, d’un bureau de finances, d’une maîtrise particulière des eaux-et-forêts. Son évêché y concentrait les affaires ecclésiastiques d’une partie de la province. Ses écoles y attiraient l’élite de la jeunesse. Ses salons aristocratiques et bourgeois n’étaient pas moins renommés que ceux de Paris. Il faut lire l’ouvrage de M. Foisset, intitulé : Le président de Brosses, histoire des lettres et des parlements au xvni e siècle, pour avoir une idée de ce qu’était la société dijonnaise à cette époque.
Dijon adopta avec enthousiasme les principes de cette Révolution qui devait la dépouiller de son rang de capitale pour en faire le chef-lieu d’un département. Si la Terreur y fit peu de victimes, l’ignorance ou la cupidité y détruisirent un grand nombre de monuments. A dater de cette époque, l'histoire locale de Dijon n’offre plus de fait digne d’une mention; si ce n’est la manifestation qui accueillit Mme la duchesse d’Angoulême au théâtre, en juillet 1830, quand la révolution de Paris, provoquée par les ordonnances, n’était pas encore connue: et le discours que prononça le prince Louis-Napoléon, président de la République, lors de l’inauguration du chemin de fer, le I e ' juin 1851.
Dijon est la ville de France qui a vu naître dans ses murs le plus grand nombre d’hommes célèbres. Elle a fourni à l’Église : saint Bernard, Bossuet, sainte Chantal; à la jurisprudence : Bouhier, Bannelier, annotateurs de nos coutumes, et Berlier, l’un des rédacteurs du Code civil; à Y administration : Hugues Aubriot, intendant des finances et prévôt de Paris sous Charles V, et Hugues Maret (duc de Bas'-ano), conseiller d’Ëtat sous l’Empire ; aux sciences : Guyton de Morveau, Chaussier, Du-
1. La Bourgogne comprenait alors le Dijonnais, l’Autunois, le Chàlonnais, l’Auxois. la montagne, le Charolais, le Màconnais, l'Auxerrois, le bailliage de Barle-Duc, les pays de Bresse, de Bugey et de Gex.
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rande, Adelon; aux lettres : Tabourot des Accords, Clément, célèbre par ses discussions avec Voltaire, Saumaise, la Monnoye, Piron, Crébillon, Longepierre, de Brosses, Legoux de Gerland, Cazotte, Larcher, Petitot, Jacotot, et, parmi nos contemporains, Mme Ancelot, MM. Brifaut, Louis Viardot, H. Rolle, etc.; aux beaux - arts : Rameau , Sambin , Lemuet , Lallemand , Quantin, Poyet, Gagnereaux, Dubois, Ramey, Rude, Diebolt, Jouffroy; aux armes : Gaspard de Saulx-Tavannes, l’amiral Roussin, le général Charbonnel, le maréchal Vaillant.
Édifices religieux.
Saint-Bénigne, l'église métropolitaine actuelle du diocèse de Dijon a été bâtie sur le tombeau même du saint dont elle porte le nom, et qui, après avoir prêché l’Évangile à Dijon, y souffrit le martyre le 1 er novembre 178. L’église primitive existait depuis trois siècles lorsque les Bourguignons envahirent la Gaule. Saint Grégoire , évêque de Langres , la rebâtit dans la première moitié du vi° siècle. Charles le Chauve la répara. L’abbé Guillaume (elle dépendait d’une abbaye), dut la reconstruire au commencement du xi e siècle (1016); en 1271, une tour qui la surmonta s’écroula et y causa de tels ravages que l’abbé Hugues d’Arc dut, en 1280, en entreprendre la reconstruction. La première pierre fut, dit-on , le bassin de pierre dans lequel saint Bénigne avait eu les pieds brûlés avec du plomb fondu, et qui opérait des miracles. Depuis, elle a été souvent restaurée. Elle a 70 mètres de longueur, 26 mètres de largeur et 28 mètres de hauteur. En 1506 et en 1625, là foudre détruisit le clocher et les tours, reconstruites depuis. En 1742, deux charpentiers de Dijon , Sauvestre et Linacier , élevèrent la flèche qui la domine aujourd’hui. Cette flèche , haute de 95m., 59 c., a été légèrement courbée par un orage en 1805. Il y a peu d’années, des travaux déconsolidation, d’ailleurs bien dirigés et bien exécutés, ont ôté à tout le côté nord de la nef son intérêt archéologique. De l’église du x° siècle, il ne reste que le portail, d’ailleurs refait ou restauré , orné du martyre de saint Étienne par Bouchardon , et des chapelles de la crypte souterraine qu’ont fait découvrir des fouilles récentes.
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Au siècle dernier s’élevait derrière le chevet de l’église de Saint-Bénigne, sur le modèle du tombeau d’Adrien ou du Panthéon d’Agrippa , une rotonde ornée de marbres précieux , de sculptures symboliques, et qu’un moine du xi* siècle, Raoul Glaber, appelait le plus admirable des monuments de toute la Gaule. Cette rotonde , à la fois le Panthéon et le Saint-Denis de la Bourgogne, fut démolie en 1792 ; on rasa les deux étages qui s’élevaient au'-dessus du sol, on creva les voûtes de l’étage souterrain qu’on remplit de décombres ; mais cette crypte n’était pas détruite, et des vieillards assuraient que le tombeau du patron de l’église, décédé au xi® siècle, devait être resté à peu près intact.
En 1858, les travaux entrepris pour la construction d’une sacristie dans cet endroit , amenèrent dès les premiers coups de pioche des découvertes importantes au point de vue archéologique. On vit apparaître d’abord l'hémicycle de colonnes qui formait l’abside bâtie au vi° siècle par saint Grégoire , évêque de Langres, le monument de ce genre le plus ancien peut-être de France, puisqu’il date de 511. Bientôt une inscription en belles lettres onciales du ix® siècle, deux chapiteaux historiés de la même époque, et les deux premiers rangs des colonnes de la rotonde, de l’an 1001, supportant encore leurs voûtes, si bien conservées qu’on reconnaît des traces non équivoques de peintures, sortirent successivement de terre. Mais ce n’était que le prélude d’une découverte plus importante. Par des mesures prises au xi® et au xviii® siècle, on connaissait la place exacte du tombeau de saint Bénigne, et, grâce aux indications de M. l’abbé Bougaud, membre de la Commission des Antiquités de la Côted’Or et surveillant des travaux, on put déblayer ce tombeau avec toutes les précautions que son souvenir recommandait. On vit d’abord les fûts brisés des colonnes qui supportaient le Ciborium, puis l’enceinte murée qui entourait le tombeau, et enfin au centre de cette enceinte le tombeau lui-même, dont il ne restait plus que trois fragments. Autant qu’on en pouvait juger, le sarcophage mentionné par Grégoire de Tours , conservé par saint Grégoire de Langres, et splendidement couvert d’une rotonde par l’abbé Guillaume, était une pierre en forme de carré
long, sans sculptures, et semblable au tombeau de saint Eutrope à Saintes.
« Cette crypte, dit M.Viollet-le-Duc, inspecteur des monuments diocésains , une des plus vastes qui aient été élevées , existait dès le vi c siècle sous le sanctuaire de l’église bâtie par Grégoire, évêque de Langres. En 1001, Guillaume, abbé de Saint-Bénigne, entreprit de reconstruire l’église et les cryptes. D. Planchet veut que Guillaume n’ait fait que répare r l’ouvrage de l’évêque Grégoire, et qu’il ait seulement bâti en entier la rotonde qui se voyait derrière l’abside. Quant à l’église, nous ne pouvons savoir s’il la reconstruisit ou s’il la répara, parce qu’elle fut totalement rebâtie à la fin du xm e siècle; mais des découvertes récentes ont mis à nu les restes du martyrium , renfermant le tombeau du saint et les caveaux de la rotonde y attenant : or ces construc- ' tions sont identiques et portent tous les caractères de l’architecture barbare du commencement du xi c siècle. Il faut donc voir là un monument de cette époque ; cependant il est certain que l’abbé Guillaume conserva des massifs appartenant à des constructions antérieures ; on reconnaît des soudures , on retrouve des fragments d’un monument plus ancien réemployés comme moellon. »
La crypte de Saint-Bénigne va être restaurée et les travaux ont été commencés en 1859. %
Pour visiter cette crypte, il faut se rendre dans le petit jardin établi au sud-est de l’abside. Deux ouvertures, en forme de margelle de puits, occupent le milieu de ce jardin. C’est par l’une de ces margelles et au moyen d’une longue échelle que l’on descend dans l’intérieur d’une salle voûtée formant autrefois , dit-on , l’un des côtés de la crypte de la Rotonde, église très-ancienne, aujourd’hui complètement détruite. Malheureusement, cette salle a dû être rebâtie presque en entier. Les seuls restes bien authentiques de. l’ancienne crypte sont des chapiteaux sur l’origine desquels les archéologues sont loin d’être d’accord, car ils les attribuent aux vi e , x e , xi® et même xii® siècles. Leur étrangeté fait leur principal mérite.
L’intérieur de Saint-Bénigne offre un aspect grandiose. Quelques détails ont toutefois mérité les critiques des archéologues.
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La grande nef renferme quatre statues : saint Joseph , saint Augustin, saint Jean-Baptiste, par Bouchardon ; saint Thomas, par Dubois, statuaire bourguignon qui a sculpté aussi les bustes des douze apôtres et deux des quatre statues colossales placées aux quatre angles du sanctuaire, saint Médard et saint Étienne. Les deux autres , saint André et saint Jean l’Évangéliste , sont d ’Attiret. On remarque sous le buffet d’orgue, et dans d’autres parties de la nef ou des collatéraux, des tombeaux d’anciens présidents au parlement. Au milieu de la grande nef, repose Wladislas, roi de Pologne, mort en 1388 ; la gravure appartient au xiv e siècle, et la légende est du xvn e au plus tôt. Tout fait présumer que la tombe actuelle est une imitation de l’ancienne, une copie faite avec inintelligence. Un peu plus loin , vis-à-vis de la porte latérale du sud , et dans la même nef , est enseveli un poète bourguignon mort en 1590 , Étienne Tabourot des Accords. Enfin , deux inscriptions en lettres d'or, sur marbre noir, appliquées contre les murs, à l’ouest des collatéraux, indiquent les places où reposent actuellement les corps de Jean sans Peur (collatéral nord) et de Philippe le Hardi (collatéral sud), qui étaient autrefois à la chartreuse de Champmol , et qui furent retrouvés en 1841. En 1853 on a déposé dans le caveau renfermant les restes de Philippe le Hardi la dépouille mortelle d’Anne de Bourgogne, duchesse de Bedford, fille du duc Jean sans Peur, découverte dans l’église des Gélestins de Paris.
Le tableau de la Transfiguration (collatéral sud) est de Despêches; le Christ sur la croix (même collatéral) a été attribué au Guerchin; le Martyre de saint Bénigne et le saint Bernard examinant les plans de Clairvaux, sont de M. Lecurieux, élève de l’école de Dijon.
L’abbaye de Saint-Bénigne avait acquis de grandes richesses et jouissait d’importants privilèges. Elle avait le droit de battre monnaie et de recevoir le serment des ducs de Bourgogne. Quand le duc avait juré de maintenir les franchises de la ville et du duché, l’abbé lui remettait l’anneau, la couronne et le manteau. La cérémonie achevée, le duc rendait l’anneau à l’abbé, qui devait en rester dépositaire, puis il lui remettait ses éperons qu’il rachetait par un riche présent. Cette coutume subsista même
après la réunion du duché de Bourgogne à la couronne de France. Louis XI et Charles VIII s‘y soumirent lors de leur première entrée à Dijon.
L’évêché de Dijon ne date que de l’année 1731. Le pape Clément XII, qui l’établit, érigea en cathédrale l’église Saint-Étienne. Jusqu’alors, Dijon avait été comprise dans le diocèse deLangres. Après la Révolution , Saint-Étienne fut supprimée et Saint-Bénigne devint la métropole du diocèse ; l’évêché fut transporté dans l’ancienne résidence des abbés de Saint-Bénigne. Le palais épiscopal est situé en face de Saint-Philibert, près de l’abside de la cathédrale. Les bâtiments, reconstruits dans la première moitié du xviii® siècle , n’offrent aucun intérêt. Par derrière , s’élève le grand séminaire, qui compte 120 élèves. On y remarque une galerie voûtée en ogives à nervures rappelant le style de transition du xm e siècle.
Notre-Dame (place de ce nom , derrière le palais des États) était en 1178 la première paroisse de la ville ; l’église actuelle , classée parmi les monuments historiques , a été bâtie dans les premières années du xm e siècle, consacrée en 1331 et terminée en 1445. Rien de plus original que son portail occidental représenté par notre dessin; l'entrée est en effet précédée d’un large porche formant nef et bæ côtés divisés en deux travées. Des faisceaux de colonnettes, très-minces et très-élégantes, à chapiteaux feuillagés, soutiennent la retombée des voûtes ornées de nervures à profils charmants. Ce porche date du xm e siècle; on y remarque des débris de peinture polychrome dont la date n’a pas été parfaitement déterminée. Au-dessus se dresse une façade presque carrée de forme et divisée en deux parties égales par une série de seize ariades ogivales à colonnettes trèsminces ayant des chapiteaux feuillagés. Deux larges architraves, formant entablement, étaient ornées de ciselures représentant en grand relief des feuilles de chêne , d’érable , d’alisier, de vigne, de lierre et d’églantier, et aussi d’énormes tèies de différents animaux, très-saillantes. Deux belles tours devaient s’élever à droite et à gauche du porche; elles ne furent point terminées, mais sur le sommet de l’une d’elles on plaça une curieuse horloge prise en 1383 à la ville de Courtray par Philippe
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le Hardi, qui en fit présent à sa bonne vilte de Dijon. Elle passait pour le chef-d’œuvre d'un célèbre mécanicien flamand nommé Jacques Mard. Les Dijonnais ont, depuis trois siècles et demi, appelé Jacquemards les personnages qui entourent cette horloge. On remarquera encore, à l’extérieur de Notre-Dame, les grands pignons du transsept et l’ensemble monumental de l’abside. Les masures qui encombrent les intervalles des contreforts ne tarderont pas à être démolies. Au point d’intersection delà grande nef et du transsept, s’élève une immense tour carrée, cantonnée à chaque angle par une tourelle d’escalier à toiture obtuse. De larges fenêtres ogivales éclairent l’intérieur de cette tour, qui sert aujourd’hui de clocher, mais qui dans le principe devait former une lanterne comme on en voit des exemples à Saint-Maclou de Rouen, ou à la cathédrale de Coutances, et que surmonte une haute toiture surmontée elle-même d’une flèche aiguë couverte en plomb.
L’intérieur de Notre-Dame a <*8 mètres de longueur, lk mètres de largeur et 15 mètres de hauteur. On est frappé, en entrant de la hardiesse de ses voûtes et de la légèreté des colonnes qui les soutiennent. * L’ensemble général de l’édifice, et surtout les détails de sculpture et d’ornementation, semblent indiquer d’une manière certaine le xiii* siècle ; non pas le style bourguignon de cette époque, mats, au contraire, et dans presque toute sa pureté et son élégance simple et monumentale, le style habituel de l’Ile-de-France , de la Picardie , de la Champagne. » ( Congrès archéologique de 1853.) Le fond du sanctuaire est orné d’un beau groupe en pierre, l’Assomption de la Vierge sculpté par Dubois. Les connaisseurs admirent les vitraux de la chapelle du côté droit. Dans la chapelle Saint-Joseph (à gauche du chœur), on remarque un groupe de la Trinité , monument curieux du xv e siècle, mutilé en 1793, racheté par la ville en 1829, et restauré par M. de Saint-Mesmin en 1850. La chapelle du côté droit renferme une statue de la Vierge noire, qui a joui au moyen âge d’une grande célébrité. Elle faisait, disait-on , de nombreux miracles. Pendant le siège de Dijon par les Suisses, on la promena sur les remparts, et, si l’on doit en croire la tradition, elle recevait dans son tablier tous les boulets lancés contre
les défenseurs de la ville assiégée. D’autres écrivains prétendent qu’elle les renvoyait aux assiégeants. Aussi un grand nombre de pèlerins venaient-ils chaque année lui apporter leurs offrandes,
L’église Notre-Dame de Dijon.
qui ornaient sa chapelle, démolie en 1698. Du resté, la Vierge noire actuelle n’est pas la Vierge que les Dijonnais du XVI e siècle ont portée sur leurs remparts. Elle ne ressemble nullement aux descriptions que nous en ont laissées les cbroni-
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queurs contemporains. En outre la Vierge que l'on voit sur la tapisserie du musée (voy. Musée ) a le visage couleur de chair.
L’habile restaurateur de la Sainte-Chapelle de Paris, M. Lassus, a été chargé, par le gouvernement, de la restauration de l’église Notre-Dame. Il a préparé un projet qu’il s’empressera de faire exécuter dès que les fonds nécessaires seront attribués à ce travail. Déjà il a fait enlever les boiseries et les tableaux du chœur, et dégagé les arcatures. Peut-être entreprendra-t-il de rétablir la lanterne telle qu’elle a dû exister dans l’origine.
L’église Saint-Michel (place de ce nom) existait dès le ix e siècle, en dehors des murs de Dijon, non loin de Saint-Étienne, qu’elle reconnaissait pour son église mère. Elle fut rebâtie une première fois au commencement du xi c siècle. En 1497, ses paroissiens en votèrent la reconstruction. L’édifice actuel put être consacré en 1529, mais les tours ne furent achevées que dans le xvii c siècle. Cette curieuse église, haute de 20 mètres, large de 19 mètres, longue de 61 mètres, a eu pour architecte un Dijonnais, élève et ami de Michel-Ange, Hugues Sambin, qui était en outre un sculpteur de mérite, car le bas-relief du jugement dernier, que l’on remarque au-dessus de la porte principale, est aussi de lui.
La façade de Saint-Michel, classée parmi les monuments historiques, offre l’aspect d’une église gothique, bien que tous les détails appartiennent à l’architecture grecque. Le grand portail est un monument du xvi c siècle, dans lequel les idées mythologiques païennes se trouvent associées aux idées religieuses chrétiennes. Ony voit en effet Minerve, Apollon, Vénus, etc., Salomon, Judith, etc. Le pilier central attire surtout l’attention des amateurs. L’intérieur de l’église est du gothique pur. On y remarque les ornements de la chapelle des Rois, vis-à-vis de laquelle se trouve placé un tableau estimé, saint Jacques le Majeur conduit au martyre ; un mausolée élevé à M. de La Marche, ancien premier président au parlement de Bourgogne (dans la chapelle voisine du chœur) ; une statue de saint Yves, par Dubois (dans la chapelle voisine du calvaire) ; la sainte Vierge à son lit de mort, fresque attribuée à Fréminet, élève du Primatice (dans la troisième chapelle de gauche) ; une Annonciation de Quantin
(dans le transsept de gauche) ; au fond du chœur, une copie d’un tableau de Raphaël (saint Michel terrassant le dragon) ; enfin deux crédences formant piscines, l’une dans la chapelle du Sacré- Cœur, en face de l’autel (collatéral sud), l’autre dans la sacristie de la chapelle de la sainte Vierge (collatéral nord).
En 1829, on essaya de percer un puits artésien sur la place Saint-Michel. La sonde a été descendue à une profondeur de 155 mètres, et l’eau s’est élevée à 2 mètres en contre-bas du pavé de la place , tandis que celle des puits voisins est à près de 10 mètres. Pour utiliser ce puits, dont l’eau , fort bonne d’ailleurs, est intarissable, la ville l’a fait recouvrir, en 1835, d’une voûte sur laquelle on a construit un piédestal supportant un vase et renfermant une pompe qui monte l’eau dans un petit bassin.
Saint-Étienne (place de ce nom , près de la salle de spectacle) passe pour la plus ancienne église de Dijon. Construite vers le milieu du x® siècle , sur une crypte qui avait servi de refuge aux premiers chrétiens, cette église embrassa, vers 1120, la règle de Saint-Augustin, fut mise en commende en 1510, sécularisée en 1613, érigée en cathédrale vers 1731, supprimée par la Révolution, et transformée depuis en halle au blé. L’édifice actuel, qui contenait avant 1790 des statues de Sluter et de Dubois et un grand nombre de monuments funéraires, n’a été achevé qu’en 1721. * L’abbaye de Saint-Étienne, dit M. Maillard de Chambure, frappait monnaie, avait ses foires franches, exerçait dans l’étendue de sa juridiction tous les droits de justice, faisait corner et crier ses sentences et la vente de ses vins par un trompette revêtu d’un surplis , et nommait à un grand nombre de cures.... Au registre de ville du 19 juin 1502, on lit que l’abbé de Saint-Étienne allait de nuit par les rues, déguisé, l’épée au côté, et escorté de valets, qui tiraient de l’arbalète aux curieux trop indiscrets. » A droite du portail, on voit encore, rue Chabot-Charny, ou place Saint-Étienne, n® 27, un grand portail ogival de style militaire plutôt que religieux. C’est l’ancienne porte de l’abbaye de Saint-Étienne.
Sainte-Anne (rue Sainte-Anne), église dépendant de l’hospice de ce nom, a été, jusqu’à la Révolution, l’église d’un cou- 119 12
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vent de religieuses (Bernardines), fondé à Tart vers 1131, souvent pillé pendant les guerres qui dévastèrent la Bourgogne, et transféré à Dijon en 1623. Elle fut construite, de 1690 à 1708, sur les dessins du frère Louis, de l’Oratoire. Sa rotonde , haute de 20 mètres et d’un diamètre de 19 mètres, attire de loin les regards. A l’intérieur, on remarque deux statues en marbre blanc par Dubois (le président Joly de Blaisy et l’intendant Boucher); le baldaquin qui surmonte le maître autel et que soutiennent six colonnes monolithes de marbre noir ; la Visitation par Dubois (dans le fond) ; la Communion de sainte Catherine par Quantin (dans la chapelle latérale), un des plus beaux tableaux de cet artiste.
Les Carmélites s’établirent à Dijon dans les premières années du xvn e siècle. Leur couvent sert aujourd’hui de caserne ; leur église, transformée en prison militaire, a un élégant portail, construit en 1630 dans le style italien, sur les dessins d’un Dijonnais, Nicolas Tessin, Architecte et géographe.
Saint-Philibert (vis-à-vis de l’évêché), offre un mélange de tous les styles. L’ensemble paraît appartenir au xii c siècle. La date seule du clocher est certaine : il a été élevé en 1513. Outre ce clocher en pierre, on remarque , dans cette église transformée en magasins à fourrages, la porte latérale sud, dont l’ornementation ne manque pas de caractère , et le grand portail ouest.
Saint-Jean (place de ce nom) est une des plus anciennes églises de Dijon ; du temps de Grégoire de Tours on l’appelait la basilique hors des murs. Dans les premières années du x c siècle, elle fut érigée en paroisse. L’édifice actuel, commencé en 1447, achevé en 1455, consacré en 1468, a la forme d'une croix grecque sans collatéraux. La flèche, haute de 57 m., 17 c., qui avait été construite en 1664, a été démolie en 1810; quelques années plus tard , on abattait le chœur pour élargir la place. La nef sert actuellement de marché. On y a établi aussi le bureau de pesage public. La grande voûte en bois de la nef et du chœur est un chef-d’œuvre de charpenterie ; malheureusement, elle menace ruine. Saint-Jean renferme les tombeaux de saint Urbain et de saint Grégoire, évêques de Langres, et
celui de la famille de Longepierre. C’est à Saint-Jean que Bossuet a été baptisé.
• De l ’ église Saint-Nicolas , construite au xn e siècle , recon-
L’église Saint-Michel.
struite en 1610, détruite en 1792, il ne reste aujourd’hui qu’une belle tour romane, située en face de la rue Proudhon , et dans laquelle on a placé une horloge publique.
La principale congrégation religieuse de Dijon , établie sous
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l'invocation de la Vierge , dans l’ancien couvent des Carmes, rue Crébillon, fondée par Mme de Chantal, supprimée à la Révolution , rétablie en 1822 , possède une jolie église, inaugurée en 1846. Les Dames de la Visitation ont fondé une institution de jeunes demoiselles.
On achève en ce moment (mars 1857) , sur la place Saint- Pierre, une église consacrée à saint Pierre. Commencée en 1854, cette église sera terminée en 1858. Elle a été construite, sur les dessins de M. Lassus, dans le style du xm® siècle. C’est un édifice fort simple, dont le clocher n’est pas encore posé.
Édifloes civils.
Le palais des ducs de Hourgogne, appelé aussi le Palais des États et le Logis du roi, aujourd’hui l’hôtel de ville, le plus remarquable de tous les édifices civils de Dijon , n’a pas cependant l’intérêt qu’on pourrait supposer avant de l’avoir vu. En effet, il a été reconstruit presque entièrement de la fin du xvii® siècle à la fin du xviii®. Il s’élève, au centre de la ville, sur une place trop petite, bâtie en hémicycle de 1681 à 1725, ornée alors d’une statue de Louis XIV en bronze, qui a été détruite en 1792, et désignée tour à tour sous les noms de place Royale, place Impériale, place d’ Armes, place de la Liberté.
L’ancien palais des ducs de Bourgogne datait du x e siècle ; il avait été bâti sur des ruines romaines dont on a retrouvé quelques vestiges en 1808, lorsqu’on a démoli , pour construire le théâtre, un ancien mur de la Sainte-Chapelle, et tout récemment quand on a détruit une partie des cuisines ducales, sous prétexte d’ouvrir des jours sur l’aile orientale , qu’on vient d’achever. Au xii® siècle , Hugues III y ajouta cette église avec quelques tours qui en défendaient l’approche du côté de l’est, et dont les murailles , de près de 5 mètres d’épaisseur, existaient encore en 1447. Philippe le Hardi le reconstruisit presque entièrement en 1366. Philippe le Bon éleva la grande tour ; mais, après la mort de Charles le Téméraire, il fut abandonné aux gouverneurs de la province qui le laissèrent tomber en ruines. On y faisait les réparations les plus urgentes , quand les états devaient s’y assembler. Des incendies y causèrent de grands dégâts (1417, 1473
et 1502). Pendant la Ligue, le canon de la citadelle fit écrouler plusieurs pans de murs. Ce n’était plus qu’une ruine, lorsque les États résolurent de le relever en 1686. Les travaux, commencés dès cette époque , sur les dessins de Noinville, élève de Mansart, durèrent un siècle entier. L’aile occidentale du palais actuel ne fut achevée qu’en 1733; le corps de logis , l’aile orientale et la grille, ont été terminés en 178*». La partie qui fait face à la salle de spectacle a été construite en 1852, sous la direction de M. Belin , professeur d’architecture à l’École des beaux-arts. La place d’Armes avait été achevée en 1725, la rue Condé ou de la Liberté ne fut percée qu’en 1720.
De l’ancien palais des ducs de Bourgogne , il ne reste plus aujourd’hui que la grande tour, dite de la Terrasse; la tour de Brancion , appelée tour de Bar, depuis la captivité de René d’Anjou, duc de Bar, qui y fut renfermé avec ses enfants; la grande salle des gardes (voy. ci-dessous Musée); les cuisines construites en 1445 et les salles voûtées du rez-de-chaussée.
Avant la Révolution , l’ancien palais des ducs de Bourgogne avait été la résidence des gouverneurs de la province et le lieu de réunion des états; sous l’Empire, il devint un palais sénatorial et le chef-lieu d’une cohorte de la Légion d’honneur. Depuis 1841, le bâtiment central est occupé par l’administration municipale. La grande tour renferme le télégraphe et un observatoire; le corps de logis principal, les salles et les bureaux de la mairie , les bureaux de police , des logements militaires , du commandant de la place; l’aile occidentale, les archives particulières de la ville , la synagogue , l’oratoire des protestants , l’ancienne salle de concert de la société philharmonique , le tribunal de commerce; l’aile orientale, le musée de peinture et de sculpture , le cabinet de gravures , l’école spéciale des beaux-arts, la justice de paix.
Les musées, la grande tour et les cuisines méritent seuls la visite des étrangers. Nous parlerons tout à l’heure des musées. Montons maintenant sur la plate-forme de la tour , haute de 46 m., 50 c.. Cette tour de forme carrée, achevée vers l’an 1419, est l’une des plus élevées que Ton connaisse. Divisée en cinq étages, elle renferme un large escalier à grandes marches de pierre d’un
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seul morceau et au nombre de trois cent seize. Un cordon ou rampe vigoureusement profilé, et aussi le bel épanouissement, an fines nervures , du noyau ou pilier central , les détails de sculptures des portes et des fenêtres en accolade, méritent d’être
signalés spécialement aux archéologues. De la terrasse on découvre un vaste et beau panorama. « Au nord, dit M. Goussard , on aperçoit Notre-Dame, l’hôtel de la préfecture, le cours Fleury, le quartier Saint-Bernard, et dans le lointain la vallée de Suzon et les deux routes de Langres; à l’es/, la salle de spectacle, la halle au blé , Saint-Michel , et , au dehors de la ville, Montmuzard, Champ-Maillot, la Fontaine des Suisses, le Creux d’enfer, les Argentières , et, sur les derniers plans , le bassin de la Saône , borné par les montagnes du Jura et des Alpes; au sud , la place d’Armes, l’école normale, Sainte-Anne , et , au delà des murs , le parc , le chemin de fer, le canal et la route de Lyon , qui longe la Côte-d'Or, couverte de villages; enfin, à Y ouest , Saint-Bénigne, Saint- Jean , Saint-Philibert, la gare du chemin de fer, les Chartreux , les coteaux de Larrey, la vallée de l’Ouche, Talant et Fontaine, séparés par la route de Paris. »
Les cuisines des ducs de Bourgogne (dans la cour de droite) sont, à ce qu’il paraît, une construction unique dans son genre. Les archéologues les plus compétents les admirent avec enthousiasme. C’est une pièce carrée dont les voûtes portent sur des colonnes et sur les manteaux de trois cheminées jumelles, trèsvastes, établies sur trois côtés du carré. Dans un angle était un potager ou fourneau ; dans un autre angle se trouvait un four, et entre ce four et la cheminée on avait établi un second potager dont les trous étaient disposés en équerre. Au centre était une table revêtue de carreaux de terre cuite.
La partie neuve de l’hôtel de ville, celle qui s'élève entre les cuisines et la salle de spectacle et qui contiendra le musée archéologique , le cabinet d’histoire naturelle , l’école des beauxarts — le palais des beaux-arts , tel est le nom que lui donne le conseil municipal — a été bâtie, comme nous l’avons dit, sur l’emplacement de la Sainte-Chapelle. Cette église , construite par Hugues III, et dont la démolition fat adjugée pour 28 000 francs le 23 août 1802, par la ville, qui lavait acquise de l’État t’annéepré-
cédente, avait 60 m., 75 c. de longueur, 19 m., 50c.de largeur pour les trois nefs, et 20 m., 79 c. de hauteur ; elle était surmontée d'une tour de 33 mètres, ornée aux deux tiers de sa hauteur d’une couronne ducale en plomb. De chaque côté du portail se dressaient deux tours : celle de l’ouest, de 32 m. , 50 c. de hauteur, portait une flèche de 11 mètres; celle de l’est était moins élevée. Avant la Révolution, son trésor contenait une châsse, dite delà sainte Hostie, surmontée d’une couronne royale et ornée de 150 dia-
La place d’Armes et le palais des États (l'hôtel de ville).
mants et pierres précieuses , outre un nombre prodigieux de perles fines.
Le ch&teau de Dijon, commencé en août 1478 par Louis XI, pour contenir les mécontents (voir page 193) et défendre la ville, continué sous Charles VIII en 1484, fut achevé en 1512 sous Louis XII, dont on voit encore le porc-épic sculpté sur les tours. Les Suisses essayèrent vainement de s'en emparer en 1513. Pendant les guerres de religion (1590), M. de Tavannes y fit enfermer
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plus de 1200 calvinistes dont Mayenne avait donné l’ordre « de se défaire en les passant au fil de l’espée plus tôt plus que moins, > mais qui ne furent pas exécutés. En 1595, Henri 17 ne vit s’ouvrir pour lui les portes de ce dernier boulevard de la Ligue qu’après avoir gagné la bataille de Fontaine-Française. Malheureusement pour Dijon , loin d’en ordonner la démolition , il le répara et le fortifia (juin 1602), car sous la Fronde, la ville eut beaucoup à souffrir des bombes et des boulets que les défenseurs des princes, en garnison dans le château, firent pleuvoir sur elle. Toutefois , à dater de cette époque , la terrible forteresse ne fut plus qu’une prison d’État. La duchesse du Maine y passa deux années après avoir été arrêtée à Sceaux pour avoir trempé dans la conspiration de Cellamare. On lui construisit même un pavillon au fond de la cour. Parmi les autres prisonniers illustres qui y furent ensuite enfermés , nous mentionnerons Mirabeau (1776), le chevalier d’Éon (1779, voy. ci-dessus, page 116, Tonnerre), le général autrichien Mack (le signataire de la capitulation d’Ulm), et Toussaint Louverture, transféré plus tard au fort de Joux. Aujourd’hui, le château de Dijon n’est plus qu’une caserne de gendarmerie, et ses fortifications tombent en ruines.
L’iiôtcl »lc la préfecture (rue de ce nom) a été bâti en 1750, d’après les dessins de Lenoir, sur l’emplacement des hôtels Chabot-Brion et de M. le président Bénigne Frémyot, père de Mme de Chantal.
Le palais de justice (derrière la place d’ Armes), où siégeait l’ancien parlement de Bourgogne, renferme aujourd’hui le tribunal de première instance et la cour impériale de Dijon, dont le ressort comprend les départements de la Côte-d’Or, de Saôneet-Loire et de la Haute-Marne. Commencé sous le règne de Louis XI, il fut continué sous ses successeurs. La façade pittoresque du grand pignon qui s’élève sur la place semble dater du xv siècle, mais on a dû y ajouter, à diverses époques, de nombreux détails d’ornementation dans le style de la Renaissance et du temps d’Henri III. C’est de cette dernière époque que doit être le joli péristyle ou porche extérieur, conduisant par un escalier de sept marches au niveau d’une immense salle
voûtée en bois, et dont la charpente est soutenue par de longues poutres sculptées, style de Louis XI ou de Louis XII. Cette salle, qui rappelle dans de plus petites proportions Westminster-Hall, vient d’être restaurée avec beaucoup d’intelligence et de goût. Dans la salle actuelle de la Cour d’assises, destinée à devenir la salle d’audience de la Cour , on remarquera la beauté des boiseries du plafond et les peintures emblématiques qui décorent les murs. Derrière le palais de justice sont les anciennes
Le vieux château,
prisons, dont la porte principale, située au fond d’une ruelle étroite et sombre, ne manque pas de caractère. Une prison départementale, commencée en 1852, et construite d’après le système cellulaire, s’achève en ce moment à l'extrémité du faubourg Saint-Pierre, en face de l’allée de la Retraite, sur l’emplacement de l’ancienne maison de retraite des jésuites. Elle coûtera, diton, plus de 600 000 fr.
La salle de spectacle (place Saint-Étienne) a été commen-
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cée en 1810 et inaugurée le 4 novembre 1828. L’intérieur, qu avait soulevé de justes plaintes, a été refait entièrement il y a quelques années.
L’école de droit (rue de ce nom), fondée en 1722, rétablie en 1806, occupe la partie de l’ancien collège des jésuites où se faisaient les classes. Des tableaux de : Revel ( {'Annonciation)', Tacel (le Martyre de saint Étienne ); Corneille (l’Assomption de la Vierge, l'Ombre de Samuel et le Serpent d’airain ), ornent la salle des exercices publics. Le plus illustre des professeurs de cette école a été Proudhon. Le même bâtiment contient la bibliothèque de la ville (voy. ci-dessous Collections).
Le lycée (rue Saint-Philibert, près de Saint-Bénigne et dp Saint-Philibert) a été transféré, au commencement de ce siècle, dans les bâtiments que le président Odebert et sa femme Odette Maillard avaient fait construire pour y établir l’hospice Sainte- Anne.
On achève en ce moment au-dessous du bastion de Tivoli, près du chemin de fer, dans le clos de l’hôpital, un abattoir, composé de quatre corps de bâtiments principaux.
Maisons particulières.
Dijon contient un grand nombre d’hôtels bien bâtis en pierre de taille au xvn° et au xvm' siècle, entre cour et jardin, mais dont l’architecture n’offre aucun intérêt réel. Nous signalerons aux artistes et aux archéologues diverses maisons particulières qui méritent réellement une visite :
La maison Richard, rue des Forges, 34 et 36. La façade de cette maison est moderne; il faut entrer dans la cour : on y verra une charmante galerie de bois sculpté, réunie à une façade gothique par un escalier d’une construction élégante et commode. On appelle quelquefois cette maison l’hôtel des ambassadeurs d’Angleterre, ou l’hôtel Chambellan. — La maison Milsand (même rue, 38), dont la riche façade Renaissance (1561) est malheureusement détruite au rez-de-chaussée par une affreuse boutique. — L’hôtel Vogué (derrière Notre-Dame), un vrai chef-d’œuvre de la Renaissance, et qui appartient aux dernières années du xvi* siècle. La maison des Cariatides, style
de la Renaissance, rue Chaudronnerie, 28, parfaitement conservée, sauf la partie occupée par la boutique de poêlier du rezde-chaussée, ancien hôtel de la famille Pouffier. — Rue Saint- Martin, une autre maison dont la façade nord, est dans un style très-pur de la Renaissance française. — Rue Vannerie, une charmante petite façade du xvn e siècle avec une tourelle. — Les quatre tourelles de V hôtel de Mimeure, rue Vauban, construites, dit-on, par Hugues Sambin. — Une jolie maison Renaissance, rue de l’École de Droit, 31. — Une maison du xvn* siècle, rue Chabot-Gharny, tout près de la place Saint-Étienne, etc.
Depuis quelques années, des plaques de marbre noir, recouvertes d’inscriptions en lettres dorées, et apposées par les soins du conseil municipal, indiquent aux étrangers les maisons qui ont été habitées par des hommes illustres. Hugues Aubriot a fait bâtir et a habité la maison de la rue des Forges, 40 ; Bossuet est né dans la maison n° 10, place Saint- Jean; l’hôtel voisin, n° 6, construit par .Charles Févret, a été occupé par le président Charles de Brosses ; — la maison ù° 32, rue Porte-d’Ouche, fut celle du poëte Crébillon; — la maison de la place Saint-Jean, 17, celle de Guytonde Morveau; — Legoux de Gerland demeurait rue Vauban, 21; — Longepierre est né dans la maison n" 17, place Saint-Michel ; — Piron, rue Berbisey, 2 ; — Rameau, rue Vannerie, 57 ; — Jacques Cazotte, l’auteur du Diable amoureux, dans la maison n° 9 de la rue qui porte son nom; — Dubois, le sculpteur, rue Berbisey, 36; — Bernard de la Monnoye, rue du Tillot; sur la façade de l’hôtel de ville on lit cette inscription :
En ce palais sont nés Jean sans Peur, xxvm mai MCCCLXXI,
Philippe le Bon, xxx juin MCCCXCVI;
Charles le Téméraire, x nov. MCCCCXXXIII.
La maison n* 34, rue Bufîon, appartenait à la famille de Buffon. Buffon l’habita pendant sa jeunesse ; — Proudhon a demeuré trente-deux ans dans la maison n° 23 de la rue qui porte son nom. C’est là qu’il a composé ses Traités de l’usufruit et du Domaine public. — L’hôtel du président Bouhier était situé rue Vauban, 12, etc.
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Instruction publique.
Dijon possède une académie, composée d’une faculté de droit (7 professeurs), d’une faculté des sciences (7 professeurs), et d’une Faculté des lettres ( 5 professeurs ) ; — une école préparatoire de médecine et de chirurgie; — un laboratoire de chimie (aux archives); — un lycée; — une école normale primaire; — une école des beaux-arts, transférée dans l’aile neuve de l’hôtel de ville; — des écoles primaires; — un cours d'arithmétique et de géométrie appliquées aux arts; — des salles d'asile; — de nombreuses écoles, etc. Nous parlerons de l’école des beaux-arts dans le chapitre consacré au musée (voy. page 222). Tous les autres établissements d’instruction publique étant sans intérêt pour un étranger, nous nous contentons de les mentionner.
Sociétés savantes.
L'Académie dea science», arts et belles>lettres de Di* jon, fondée en 1725 par Hector-Bernard Pouffier, et autorisée en 1740, tint sa première séance le 13 janvier 1741. Neuf ans après elle couronnait le mémoire que Jean-Jacques Rousseau, alors complètement inconnu, lui avait adressé sur cette question : Si le progrès des sciences et des arts a contribué à corrompre ou à épurer les mœurs. En 1773, MM. Maret et Guyton de Morveau, ses mandataires, lui achetaient l’hôtel Depringles, situé dans la rue des Carmes, aujourd’hui rue Crébillon; et, le jour où elle prit possession de sa nouvelle propriété, Buffon lut en séance publique un chapitre des Époques de la nature. De nombreuses donations, qu’elle s’efforçait de justifier, l’enrichirent d’année en année. Elle établit dans la tour du logis du roi un observatoire, auquel Herschell fit présent d’un télescope. Elle fonda avec l’aide des états généraux, ou avec ses propres ressources, des cours de botanique, de chimie, de médecine, d’anatomie dont les professeurs se nommaient Durande, Guyton de Morveau, Maret et Chaussier. Abolie par le décret du 8 août 1793, elle fut reconstituée le 2 juin 1798. En 1809, l’Université lui prit son hôtel, et plus tard la dépouilla de son mobilier et de ses collections. Elle a été reconnue, par une ordonnance du roi du