‹ De Paris à Strasbourg avec les embranchements de Reims, de Gray, deChapitre 11 sur 21 · Ces détails sont tirés d'une notice de M. Schwilgué · texte numérisé non relu

Ces détails sont tirés d'une notice de M. Schwilgué

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temenl&sont d*ùn style très-ancien, renferment les sépultures de plusieurs évêques, entre autre» celle d'Heari dfi Hasenbourg, mort en 1190. La chapelle Saint-Jean -Baptiste offre un beau monument gothique élevé à la mémoire de Conrad de Lichtenberg, mort en 1299. Un tombeau, remarquable par les nombreuses figures qui le décorent et par la manière dont elles sont groupées , se trouve dans une chapelle de l'aile droite, dédiée à sainte Catherine; c*est le

monument d'un noble Strasbourgeois , Conrad Bock, mort en 1480.

Sous le chœur est une chapelle souterraine , formant une nef avec deux absides; c'est la partie la plus ancienne de l'édifice. En 1683, on y transporta , de la chapelle des Augustins , un groupe très - ancien , appelé le Saint- Sépulcre, qui représente Jésus-Christ et ses disciples k la montagne des Oliviers.

U5 mètres 30 centimètres de longueur, 43 mètres environ de largeur, 23 mètres 30 centimètres de hauteur, telles sont les dimensions de la nef de la cathédrale de Strasbourg ; elles suffiront pour donner une idée de la grandeur de ce gigantesque monument, où se trouvent réunis tous les styles du moyen âge, depuis le style byzantin jusqu'au style gothique de la décadence. Vis-à-vis le côté méridional de la cathédrale, on aperçoit

La cliapelle Saint-André.

ane belle maison de la Renaissance; c'est là qu'est établie la recette de Y Œuvre Notre-Dame ^ administrée successivement par les évéques, par le chapitre, par le magistrat, et enfin par le conseil municipal. Plusieurs anciens plans , sur parchemin , de la façade et des tours , sont conservés dans cette maison, nommée Frauenhatis, bâtie en 1 581, et qui renferme un escalier remarquable par l'élégance et par la légèreté de sa construction.

Le château impérial, autrefois résidence de l'évéque, est un des plus beaux édifices de Strasbourg. Situé entre l'Ill et la partie méridionale de la cathédrale , sur une place qui porte son nom, il fut bâti par le cardinal de Rohan, de 1728 à 1741. Au-dessus de la grande porte d'entrée est une galerie décorée de statues assez médiocres. Du côté delà rivière, la façade est remarquable par sa belle colonnade.

En face de l'entrée du château , et touchant la cathédrale, est le collège des jésuites, aujourd'hui le lycée, construit, en 1756, sur l'emplacement de l'hôtellerie du Thiergarlen, où bgèrent Pie II et Louis XIV. Ce fut dans cette hôtellerie que l'illustre inventeur de l'imprimerie fit ses premiers essais.

De l'autre côté de l'Ill , on admire le beau chœur et les vitraux peints de l'église Sainte-Madeleine.

Plus loin, vers l'est, entre l'Ill et la citadelle, s'élève un vaste bâtiment qui fut d'abord un hospice d'enfants trouvés, puis une école de travail pour les pauvres , et qui renferme aujourd'hui l'académie. Là sont réunis une grande salle des Actes, les salles des facultés de droit, de médecine, des sciences et des lettres, les salles et les laboratoires de physique et de chimie, la bibliothèque de l'académie, les cabinets d'anatomie, de chirurgie et de physique, la salle des cours de théologie , le muséum d'histoire naturelle , la salle de* cours d'histoire naturelle et de mathématiques, les chambres d'optique et l'observatoire.

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La bibliothèque spéciale de racadémie, qui réunit aujourd'hui celles des cinq facultés , se compose principalement d'ouvrages modernes , et compte environ 40 000 volumes.

Le musée d'histoire naturelle occupe sept salles au second étage y consacrées aux collections zoologiques , aux squelettes, ,aux préparations d'anatomie comparée, et aux collections de minéralogie, de géologie et de botanique. La salle des ovipares renferme il 00 espèces d'oiseaux, 320 espèces de reptiles, plus de 600 espèces de poissons, 2500 espèces dexoquilles. Dans la salle des mammifères et des crustacés, on remarque le protèle de Lalande, le couïa (myspotamus coipus\ la viscache, le musc, les bouquetins du Piémont, des Pyrénées et de la Nubie, le rhinocéros de Sumatra, un éléphant d'Asie long de plus de 3 mètres sur une hauteur de plus de 2; une magnifique collection de lépidoptères, de plus de 2000 espèces. Les salles de minéralogie et de géologie se composentde collections du premier ordre ; on y voit une mâchoire inférieure de dinothérium, un ichthyosaure, uu plésiosaure, un crâne de grand reptile maêstricht, un superbe pentacrite briarée , etc.

Le musée d'anatomie est riche d'environ 4000 pièces, les unes sèches ou conservées dans l'alcool, les autres moulées en cire ou en plâtre. Parmi les plus belles et les plus curieuses, on remarque une tête désarticulée, préparée par Albinus, une série d'injections des vaisseaux lymphatiques de tous les organes de l'homme, une collection de pièces démontrant la distribution de toutes les artères du corps, de belles préparations de l'appareil cérébro-spinal, et un grand nombre de pièces d'anatomie pathologique du système nerveux.

Le jardin botanique est près de l'académie, dans une position peu favorable; on y cultive environ 3000 espèces de plantes, classées suivant la méthode de Jussieu. L'orangerie et la serre chaude renferment plusieurs plantes intéres-

santés. On remarque dans le jardin un trè^-beau gymno* cladus Canadmsis^ de 25 mètres de hauteur.

Si Ton revient vers l'intérieur de la ville, avant de passer sur le pont Saint-Guillaume, il faut entrer dans Tëglise de ce nom , où l'on voit les tombeaux de Philippe et d'Ulrich, comtes de Werde et landgraves d'Alsace , et un très-ancien bas-relief sculpté en bois, représentant le fondateur de l'ordre des guillelmites, Guillaume d'Aquitaine, au moment où il se prépare k revêtir l'habit monacal.

De l'autre côté du pont, le bâtiment qui s'offre le premier à la vue est le monastère de Saint-Étienne , fondé au commencement du Viii* siècle par le frère de sainte Odile, Adalbert, duc d'Alsace. Enlevée au culte par la Révolution, l'église, après avoir été successivement un magasin, un théâtre , et, en dernier lieu, une manufacture de tabac, vient d'être rendue à sa destination primitive. C'est un des plus anciens monuments de style byzantin.

En suivant la rue de l'Arc-en-Ciel, on arrive dans une rue qui n'est ni droite ni régulière et qu'on appelle rue Brûlée. Lorsque la peste noire commença ses ravages, en 1348, le bruit se répandit parmi le peuple que les sources avaient été empoisonnées par les Juifs. Une grande agitation règne aussitôt dans la ville; la haine des Strasbourgeois, jusqu'alors, comprimée par le magistrat, se réveille avec une fureur que rien ne peut dominer; impuissants devant une foule en délire, le magistrat et le sénat donnent leur démission. Un nouveau sénat est nommé et favorise l'effervescence populaire au lieu de chercher à la calmer. Plus de deux mille Juifs sont traînés vers un immense bûcher qu'on a dressé dans leur cimetière , et là on brûle tous ceux qui refusent de se laisser baptiser. Cette horrible exécution eut lieu le 1 4 février 1349, à l'endroit même où est aujourd'hui l'hôtel de la préfecture.

Cet hôtel est un des plus beaux de la ville ; près de quatre

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ITINÉRAIRE m PARIS A STRASBOURG.

siècles s'étaient écoulés depuis l'extermination des Juife, lorsqu'il fut bâti par François-Joseph Klinglin, préteur royal. Il est entouré de très-beaux jardins* ' Dans la rue Brûlée se trouve encore l'hôtel de ville, grande et sévère ^îonstruction de 1737, dont le perron sur la promenade du Broglie né date que de 1840. Avant d*étre transférée dans Xie bâtiment, la mairie occupait un joli hôtel

L'hôtel de la Préfecture.

construit en 1585 par l'architecte Daniel Speklîn, etoà la chambre de commerce tient aujourd'hui ses séances.

Depuis 1840, un musée de peinture est établi dans les salles du rez-de-chaussée de l'hôtel de ville. Peu riche encore , il possède pourtant quelques originaux d'un grand prix el des copies qui ne manquent pas de mérite. On y admire, parmi quelques tableaux de l'ancienne école allemande et des écoles flamande, italienne et française : un Christ couronné d^ épines, par Martin Schœn, de Colmar;

une Sainte Apolline, par le Pérugin:; un Saint Jérôme dam le désert, par le Corrége ; une toile du Guide représentant la Vierge avec r enfant Jésus et saint Jean-Baptiste; une Adoration des Mages j par Philippe de Champagne; une Made^ leinemx pieds du Christ, par Carlo Dosso ; Bar-Jésus devant Sergvas Paulus, par Lemoyne ; un Pâtre buvant à une fon-^ laine, par M. Heim; deux charmantes statues en marbre, Vénus et Flore, par M. Ohmachl , et un Icare en bronze par M. Grass.

Le théâlr«,

<7c«t aussi dans l'hôtel de ville qu*est conservé le précieux dépôt des archives de la ville de Strasbourg. On y trouvedes documents curieux et d'un haut intérêt : les privilèges accordés à Strasbourg par des empereurs d'Allemagne ; des bulleB pontificales ; les lettres écrites à la ville par les empereurs, les impératrices, les rois des Romains, depuis 1212 ; des documents sur la défense des droits et des libertés de la ville; les titres de l'ancienne université de Strasbourg; 41 volumes in-folio contenant les mandats ou lois delama^ gistrature, depuis 1412; les actes sur les francs juges et

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tribunaux westphalieus ; les pièces concernant les Juifs et les armagnacs.

A Textrémité de la promenade du Broglie est le théâtre, monument d'une architecture simple, commencé par M. Villot, en 1804, terminé en. 1821 ; six colonnes ioniques, un entablement surmonté de six Muses sculptées par Ohmacht, forment le péristyle, qui est d'un bel effet. La salle, vaste et

La place Kléber.

bien distribuée , est desservie par des corridors spacieux et de beaux escaliers.

Saint -Pierre-le-Jeune, construit en 1031, restauré en 1290, n'offre de remarquable qu'une particularité qui, du reste , lui est commune avec quelques autres églises de Strasbourg ; c'est d'être mixte. Un mur sépare le chœur et la nef: dans celle-ci, les protestants célèbrent leur culte ; le chœur est consacré au culte catholique.

STRASBOURG. i2i

En traversant le canal de navigation, qui, du côté nord, forme une ceinture à la ville, on trouve Tembarcadère du chemin de 1er, belle construction toute récente, et un édifice à la fois élégant et solide, élevé sous la direction de M. Vil* lot, en d830. Cet édifice, après avoir servi de halle aux blés, vient d'être concédé à la douane, qui y fait ajouter de nou* veaux bâtiments.

La place Kléber est la plus grande place de Strasbourg. C'était autrefois la place des Cordeliers ; ces moines y avaient leur couvent , à côté duquel s'élevait une tour flanquée de tourelles, où l'on conservait le trésor et les archives de la-ville. La tour et le couvent disparurent en 1 767 et 1 768 ; on les remplaça par le vaste hôtel qu'occupe aujourd'hui Tétat-major. Au milieu de la place, sur un piédestal orné de bas-reliefs et d'inscriptions, se dresse fièrement la statue en bronze de Kléber. Ce général a été représenté par M. Philippe Grass au moment où , avant la bataille d'Héliopolis, sommé de se rendre par l'amiral anglais , il dit k son armée : « Soldats, on ne répond à une telle insolence que par des victoires; préparez-vous à combattre ! » Les deux bas-reliefs ont pour sujets : à droite, la bataille d'Héliopolis (20 mars 1800); à gauche, la bataille d'Altenkirchen (26 juin 1796). La face antérieure du piédestal porte cette inscription :

J. B. KLÉBER , NÉ A STRASBOURG , LE 6 MARS 1758 , ADJUDANT GÉNÉRAL A l'armée de MATENGE , GÉNÉRAL DE BRIGADE A L'ARMÉE DE LA VENDÉE, GÉNÉRAL DE DIVISION A l'aRMÉE DE SAMBRE- ET-MEUbE , GÉNÉRAL EN CHEF EN EGYPTE, MORT AU CAIRE, LE 14 JUIN 1800.

Sur la face postérieure, on lit :

A KLÉBER SEà FRÈRES d' ARMES , SES CONCITOYENS , LA PATRIE , 1840, ICI REPOSENT SES RESTES.

Sous le monument est un caveau où furent déposés, en

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i838, les restés de Kléber, qui, vingt ans auparavaiit, avaient été transportés du château d*If, près de Marseille, à la cathédrale. La place reçut alors et a gardé le nfim de Kléber,

Le Temple-Neuf est situé à peu de distance de la place Kléber. C'est, à l'extérieur, un monument assez insignifiant; commencé en 1254, terminé en 1280, il fut dédié àeaint Barthélémy, et devint l'église des frères prêcheurs. Une allée sépare aujourd'hui l'église et le chœur ; ce dernier était remarquable par ses vitraux et par la légèreté de ses voûtes; l'église se compose de quatre nefs, que séparent des piliers surmontés d'arceaux et de voûtes en ogive. Lorsque les frères prêcheurs eurent quitté la ville, à la suite de leurs démêlés avec le magistrat qui voulait réprimer la cupidité de cet ordre mendiant , leur église fut fermée : on en fit plus tard un magasin; enfin elle devint le temple principal des protestants.

Cette église renferme plusieurs monuments précieux. Une pierre sépulcrale du xvi* siècle , retrouvée en 1 837 et d'une admirable beauté, quoique dégradée , porte, en ronde bosse, la statue colossale de Jean Ortwin, évêque suffragant de Strasbourg.

Une peinture à fresque représente la danse des morts : « Ces peintures, qui datent sans doute du xv* siècle, furent découvertes en 1824, à l'occasion des grandes réparations que l'on faisait dans l'église. Le premier tableau représente le sermon d'un dominicain, adressé à des personnes de diverses conditions. Sur les tableaux qui suivent , on voit la mort conduisant au tombeau le pape et ses cardinaux, l'empereur et l'impératrice avec leur suite, le roi et la reine, l'évéque et différents clercs. Plusieurs tableaux qui, par suite dé l'humidité des murs, n'étaient plus guère connaissablés, ont été recouverts de badigeon. Cette perte est vivement à regretter; car ce qui nous reste de cette danse des

morts est d*une beauté remarquable, tant à cause du fini du travail que de Texpression des têtes; loin de retrouver ici le caractère satirique que Ton remarque dans plusieurs autres monuments de ce genre, on voit une gravité, une tristesse solennelle répandue sur toutes les scènes, et jusque sur la figure de la mon elle-même*. »

Un très-bel orgue de Silbermann couvre le mur qui sépare Téglise du chœur. Derrière ce mur est un couloir qui conduit à Tauditoire du Temple-Neuf, belle et vaste salle ornée de jolis vitraux, dans laquelle se font diverses réunions et sdennités protestantes.

Le chœur, divisé depuis quelques années en un rez-dechaussée et deux étages, forme aujourd'hui trois grandes salles , dont la supérieure , qui conserve quelques vitraux peints, a pour plafond les ogives de Tancienne voûte. On y a réuni la bibliothèque de la ville et une collection d'antiquités.

Deux statues colossales, représentant Tévêque Arbogast et Rodolphe de Habsbourg, qui, avant d'être empereur, avait été capitaine des Strasbourgeois ; plusieurs autels et basr reliefs du dieu gaulois Teutatès ; un autel trouvé à Horbourg, consacré à Apollon sous le nom gaulois de Grannus (soleil); une pierre tumulaire représentant un guerrier gallo-romain complètement armé, avec Tinscription Léontins; les anciennes armoiries de Strasbourg, en bas-relief, sur une table de pierre, autrefois placée au-dessus de l'entrée des greniers publics de la ville ; une petite Vénus en bronze, d'un travail parfait; un beau calice en verre, trouvé dans un cercueil de pierre, près de la porte Nationale, et sur lequel on lit cette inscription : Salve ^ Maximiane Auguste (l'Italie en possède un semblable; ce sont les deux seuls qui existent); une collection des médailles de Strasbourg et de l'Alsace, contenant quelques pièces de la période franque ;

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