DE BLESMË A SAINT-DIZIER
entreprise en commun. Six semaines encore, il tient en échec les troupes de Charles ; le siège va être levé.
Un paquet de lettres, surpris par Tempereur, contient la clef du chiffre qui sert à la correspondance de Sancerre et du duc de Guise. Charles en abuse pour supposer un ordre du roi enjoignant à Sancerre de rendre la ville. Cet ordre est porté , dit Paul Josse , « par quelque bagager françois gaigné par argent comptant et l'ayant cousu dedans un de ses souliers pour feindre mieux la diligence du péril. » Saint-Dizier n'avait plus ni vivres, ni eau, ni munitions. Sancerre, trompé par l'artifice de Charles, consent h se rendre dans douze jours, s'il n'est pas secouru. Le terme arrivé, il capitule , et ^a capitulation est presque une victoire : il sort de la ville avec la garnison, emportant bagage et artillerie, la lance sur la cuisse , tambourins sonnants et enseignes déployées^ en présence de l'ennemi qui s'est engagé à respecter la vie et les propriétés des habitants.
La résistance héroïque de Saint-Dizier fit perdre à Charles- Quint tout le fruit qu'il s'était promis de cette campagne contre la France.
Dans la nuit du i 9 au 20 août i775, l'imprudence d'un boulanger alluma dans cette ville un incendie qui dévora le palais, l'église, la halle, les magasins, les écoles et 80 maisons. Rebâtie sur un nouveau plan , elle n'offre aucun aliment à la curiosité du touriste; on a tout dit quand on a parlé de ses rues larges et bien alignées, de ses deux promenades, le Jars et le Fort-Carré, de quelques débris de son château, de l'ancien monastère des capucins où est le collège communal, et du port où se préparent les flottages qui descendent la Marne pour arriver à Paris.
11 y a deux forges à peu de distance de la ville ; on les nomme Clos-Mortier et MarnavaL La première date de Charles IX. On raconte ainsi la fondation de la seconde : Henri lY passait à Saint-Dizier ; l'échevin Baudesson se
rend, pour le complimenter, au palais où il est descendu. La jGgure de Baudesson avait une grande ressemblance avec celle du roi. La garde, trompée, prend les arm^^es, et le tambour bat aux champs. « Ventre- saint -gris, est-ce qu*il y a deux rois ici? » s'écrie Henri IV en mettant fai léte à la fenêtre. Beaudesson entre, et le roi, surpris déuvoir une si parfaite image de lui-même , demaude en riaat à l'échevin si sa mère n'a jamais été en Béarn. « Non, sire» répond de même Baudesson , mais mon père a beaucoup voyagé. » Henri voulut absolument payer cette repartie de quelque faveur ; Baudesson demanda la permission de bâtir une forge sur la Marne : et voilà comment fut fondé Marnaval.
Vue de Pont-à-Mou88on.
DE FROUARD A METZ.
Nous avons dit qu'à Frouard le chemin de fer se dijiiéait en deux lignes, Tune conduisant à Strasbourg, l'autre à Metz et à Forbach, avec un embranchement sur Thionville. Ce n'est pas sans intérêt que le voyageur parcourra cette dernière ligne ; les souvenirs, les ruines, les monuments s'y rencontrent à chaque station. La première est Marhache, village situé dans une vallée, entre des coteaux boisés, et dont l'ancienneté est établie par des titres de donation ^qui datant des xr et'xii* siècles. Vis-à-vis l'ancien château de Condé, sur le chemiu de ce Marbache à Frouard, on a trouvé
des ossements entourés de pierres. En 1810, on a découvert, sur la route de Nancy à Saint-Mihiel, des cercueils en pierre, percés aux extrémités, renfermant des cadavres à côté desquels se trouvaient une Vierge en plâtre et un Christ en cuivre sur une croix de bois noir. Il y avait, auprès de ces cercueils, des ossemefits enfermés dans des pierres marées. Treize ans plus tard, en travaillant de Tautre côté de la route, des maçons rencontrèrent, à une profondeur de 2 mètres, un pavé formé de dalles, sur quelques-unes desquelles étaient gravées des lettres. L'église est toute moderne; elle a été construite en 1825.
De Marbache à Dieulouardy on suit, en passant devant Belleville, une vallée bien cultivée, entre des coteaux couverts de bois et de vignes j le long de la Moselle, qui depuis Frouard est navigable. Sur la rive gauche de cette rivière est situé Dieulouard , connu sous les différents noms de Dei-Custodia, Dieulewart^ Deslovareih, Desluardum^ Deu-Louvart et Deus-Louvart. Les historiens ne sont point d'accord sur Torigine de ce bourg : les uns veulent qu'il ait autrefois fait partie de Scarpone , la troisième ville du pays des Leuques ; d'autres le font s'élever avec son château, de 997 à 1020, sur une partie des ruines de Scarpone. A cette époque, il était la propriété des évéques de Verdun. Le château de Dieulouard fut souvent pris, rasé, incendié et rebâti, jusqu'au moment où, sous Louis XIV, il fut enfin démantelé pour ne plus se relever. Le bourg était assez important pour que les évéques y eussent fondé une collégiale^ vers la fin du ' X* siècle; on prétend même qu'ils y firent battre monnaie. On remarque, dans le voisinage, les vestiges d'une voie romaine conduisant aux ruines de Scarpone.
Les ruines du château sont curieuses à visiter : les fossés, aujourd'hui comblés, avaient 60 mètres de largeur; l'épaisseur des murs est de 2 à 3 mètres; on voit encore le logement du prévôt, les culs de [basse-fosse, trois citernes,
DE FROUâRD a METZ. IGl
l*endroit où était le pilori de la justice épiscopale, une porte au-dessus de laquelle est la statue de la Vierge, avec cette inscription : Sub tuum prœsidium.
Dieulouard possède une belle église du xv« siècle, dont les stalles et la chaire sont en bois et décorées de riches sculptures ; on admire, au-dessus de la boiserie du chœur, des sculptures représentant l'arche sainte et les attributs du culte de l'Évangile. Sous le chœur est une chapelle souterraine, taillée dans le roc et dédiée à la Vierge; c'était autrefois, et c'est encore aujourd'hui un lieu de pèlerinage. Les fenêtres de cette chapelle paraissent dater du %v siècle.
Le capitaine Krantz, de Dieulouard, voulant surprendre Metz, se présenta un jour aux portes de là ville, déguisé en marchand et conduisant plusieurs charrettes chargées de tonneaux où étaient cachés des soldats. Cette ruse n'eut pas le succès qu'il en avait attendu ; les troupes qui devaient le soutenir n'arrivèrent pas à temps , et il tomba au pouvoir des Messins, qui le tuèrent.
Sur le bord de la Moselle, en face de Dieulouard, une maison isolée, que rien ne paraît recommander à l'attention du voyageur, offre pourtant au savant comme au curieux une mine aussi intéressante qu'inépuisable; là florissait jadis une ville considérable, fondée, selon les uns, par une colonie de Troyens fugitifs, et dont l'origine, selon les autres, doit au moins être reportée jusqu'aux premiers temps de la domination romaine. Cette ville était Scarpone (Scarpona, Sarpona, Serpanne, Charpaigne, Charpagne). On lit dans une savante notice de M. Beaulieu :
« Autant qu'il est possible d'en juger par les ondulations du sol et par ce que l'on connaît des ponts qui joignaient ensemble les divers quartiers de Scarpone, cette ville était bâtie sur cinq îlots, dont les deux premiers avaient 500 mètres de longueur du sud au nord , et les trois autres 400 du nord-ouest à l'est. C'est entre ces derniers et les vigne» de 63 . '. *
i62 ITINÉRAIRE DE PARIS A STRASBOURG.
Dieulouard qu'étaient les principaux édifices : les temples, les bains et le fort, devant lequel s'élevaient trois grands monuments de forme pyramidale. Les autres îlots, qui communiquaient entre eiix par quatre ponts en pierre, étaient couverts d'habitations particulières. Des tuiles plates à rebord, des briques et divers débris indiquent qu'un grand nombre d'habitations s'étendaient encore dans la plaine, à partir du coteau de Sain te- Geneviève jusqu'à celui de Gellamont, au pied duquel est bâti le village de Dieulouard. Cette ville avait donc une immense étendue, bien que n'embrassaat pas les sept lieues de tour que la tradition lui attribue. Elle était protégée contre les crues de la Moselle par une digue de 120 mètres de long sur 2 de large, élevée au nord-ouest; au nord par une seconde digue, et enfin par une troisième le long de la rive du fleuve, au lieu dit Saulcy des Vannes. Les pilotis de cettg dernière digue se voyaient encore en 1730.
t Les maisons de Scarpone, bâties pour la plupart en pierre , étaient divisées en chambres de 4 à 5 mètres en carré, dont l'aire, formée d'un blocage cimenté et recouvert d'un vernis rouge, adhérait si bien aux murs et était d'une dureté telle, que les eaux qui filtraient au travers des terres ne pouvaient la pénétrer. Plusieurs pans de mur avaient encore 3 mètres de hauteur, et étaient ornés de peintures à fresque. »
A l'époque de l'établissement [des Francs dans le pays, Scarpone avait déjà perdu de son importance. On voit pourtant cette place résister, en 954, aux attaques des Hongrois, et fermer, en 970, le passage à Lothaire, qui voulait pénétrer dans la Lorraine. Puis elle fut pillée, ruinée, brûlée, abandonnée; en 1734, la Moselle, en se creusant un nouveau lit , la sépara de Dieulouard et renversa une partie des murs du fort; il restait encore quelques maisons et une ^église; celle-ci fut démolie en 1834; une seule des maisons
DE FROUÂRD A METZ. 163
Aubsij^te et semble n'être restée là que pour indiquer la place où fut la florissante cité.
On a trouvé, à différentes époques, en fouillant les ruines de Scarpone, unegrande quantité de médailles, de tombeaux, de bas-reliefs et de statues.
Suivant une tradition populaire qui s*est conservée dans le pays , la reine Dahoud ou Hof dal (on désignait sous ce nom la reine Brunehaut) périt en cet endroit, et d'une autre façon que celle qui est racontée par les historiens. On dit, rapporte dom Calmet, que cette princesse, étant à Scarpone, ordonna à son cocher de faire passer sa voiture, traînée par des bœufs, dans la rivière, s'imaginant que les eaux . se durciraient et formeraient un chemin ferré devant elle.... Mais le cocher, s'étant aperçu que l'eau ne se durcissait point, représenta à Brunehaut que c'était aller contre la volonté de Dieu d'entreprendre de passer par un endroit où il ne voyait plus de route; à quoi elle répondit . Veuille ou non veuille^ passe toujours. Et aussitôt elle fut submergée en punition de son blasphème.
Après une course d'un quart d'heure dans une belle vallée semée de beaux villages , on voit se dresser une. montagne portant à son sommet quelques ruines et un village, ayant h* ses pieds une petite ville que dominent deux tours surmontées de couronnes ; là jaillit encore pour le savant et pour l'historien une nouvelle source de souvenirs. Cette humble cité, satisfaite de jouer aujourd'hui le tout petit rôle de cheflieu de canton, posséda autrefois une université « jà tant célèbre et florissante , disait Pantaléon Thévenin , qu'il n'y avoit académie en Allemaigne , ni ceste ancienne et fameuse université de Cologne mesme, ny en France (excepté celle de Paris), qu'en fréquence de bonnes leçons, tant en humanité et philosophie que théologie et loix, et afûuée de disciples, tant du pays et du lieu que d' Allemaigne et autres régions circonvoisines, elle ne surmonte ni ne désavance. »
Mousson est lé nom delà monXsigne; Pont-à-Moussonest celui de la ville.
Une querelle ti ès-vivé s'éleva, dans le xvi* siècle, au sein de Pont-à-Mousson , entre les professeurs de Tuniversité et ceux du collège des jésuites, sur la question de savoir si le nom latin de la ville devait être Ponti-Mussum ou Mussi- Pontum; il ne fallut rien moins, pour mettre fin à la discussion, qu'un décret du duc Charles III, lequel décida, contrairement à l'opinion des jésuites, que Ponti-Mussum serait le nom définitivement adopté : ce qui n'empêche pas les habitants de Pont-à-Mousson de s'appeler encore les Mussipontains.
Sans avoir été précisément fondée, comme on l'a prétendu, par une colonie de Troyens, la ville de Pont-à- Mousson n'en jouit pas moins d'une ancienneté suffisamment respectable ; il existe dans les archives de Toul des titres de 896 et de 905 , dans lesquels elle est ainsi désignée : villa Pontus sub castra Montionis, « la ville du Pont sous le château de Monçon. » On disait autrefois Monçon , et en latin Montio, Montiacum ; on trouve aussi le nom de Mons Jovis, ,d'où l'on h conclu que sur cette montagne il y avait eu un temple de Jupiter.
La montagne s'appelant Mousson, la ville se nommant Pont, du pont qui conduit à la montagne, on comprend aisément l'origine du nom actuel de Pont-à-Mousson.
Cette ville , affranchie en 1263 par Thiébaut II, comte de Bar, fut érigée en marquisat par l'empereur Charles IV en 1355, et obtint, l'année d'ensuite, les droits et privilèges des villes impériales. Prise en 1476 par Charles, le Téméraire, elle fut reprise parle duc René; mais celui-ci, obligé de se retirer par suite de la désertion de ses troupes suisses, laissa la ville retomber au pouvoir du duc de Bourgogne.
Ce fut en 1572 que Charles III fonda la célèbre université de Pont-à-Mousson; le collège des jésuites existait déjà et
DE FROUÂRD A METZ.
jouissait aussi d*une très-grande renommée. Charles III et sa cour assistèrent, le .7 septembre 1580, à la représentation d'une tragédie de Jeanne d'Arc , composée par Fronton du Duc, professeur à l'université. Vers la même époque, Timprimerie venait ajouter encore à tant d'éclat; les bibliophiles de nos jours recherchent les ouvrages qui sortirent alors des presses des' Marchand et de Melchior Bernard. Toute cette gloire devait disparaître avec l'uûiversité, qui fut transférée à Nancy en 1768.
Pont-à-Mousson est divisé en deux par la Moselle : la
partie située entre la montagne et la rivière est appelée ville haute; on nomme ville basse celle qui est sur la rive opposée. Un beau pont en pierre établit la communication de l'une à l'autre.
L'église Saint-Martin, qui sert de paroisse à la ville haute , fut bâtie dans le xiii* siècle et reconstruite dans le xi?"; à l'exérieur, elle est en style ogival fleuri ; l'architecture intérieure parait être d'une date plus ancienne.
On y reconnaît avec peine les nombreuses dégradations que les jésuites firent à l'édifice , sous prétexte d'en changer la distribution. Plusieurs des tableaux qu'on y voit sont attribués à Claude Charles. Dans une des chapelles, une table en pierre, cachée par une boiserie, couvre les statues d'une femme et d'un guerrier revêtu d'une cotte de mailles. On croit que ce mausolée est celui du comte Thibaut, fondateur de l'église.
Vue du pool de Ponl-àMousson.
Saint-Laurent, église paroissiale de la ville basse, n'offre de remarquable qu'un tableau à vantaux du xvii' siècle, représentant le baptême de Jésus, la résurrection de Lazare, la guérison des aveugles à la piscine, et la Transfiguration.
Place de Pont-à-Mousson.
On remarque encore, à Pont-à-Mousson, l'hôtel de ville, sur une grande place entourée d'arcades ; de vastes casernes de cavalerie, élevées sur l'emplacement du château, ou maison forte f que René II avait fait construire sur la rive gauche de la Moselle; un bel hôpital civil ; une assez jolie fontaine;
DE FROUARD A METZ. 467
un collège qui occupe les bâtiments où les jésuites avaient le leur; des boulevards qui forment une agréable promensfde; Tancienne abbaye de Sainte-Marie, magnifique édifice où est actuellement le petit séminaire , et dont le portail est malheureusement surchargé d'ornements d'un goût douteux.
Le chanoine Laurent Pilladius , auteur d'un poëme latin sur la guerre des rustauds; le jésuite Pierre Beauregard, orateur remarquable ; le conventionnel Mallarmé; une foule d'officiers distingués de notre époque : le maréchal Duroc, les généraux de La Baroliôre, Hardy, Bourcier, de Niceville, Fabvier, Jacquinot, Fririon , ont vu le jour à Pont-à-Mousson.
Mais quelles sont, au sommet d'une côte rapide qui domine la vallée, ces ruines au-dessous desquelles se groupent les maisons d'un petit village? Ce sont les ruines d'un des plus célèbres châteaux du moyen âge, Prény, dont le village a conservé le nom. Ce château, que Bouchard d'Avesnes , évêque de Metz, ne put prendre, en 1286, avec 4000 fantassins et iOOO cavaliers , était « un carré flanqué de hautes et fortes tours, liées entre elles par d'épaisses murailles et des galeries souterraines creusées dans le roc vif. A l'une des extrémités de ces constructions, qui formaient le château proprement dit, s'élevait un second édifice entouré de fossés, flanqué également de tours sur l'une desquelles était placée la fameuse cloche nommée Mande-Guerre. Cette tour, la plus grosse, porte encore aujourd'hui ce nom. Ce pâté de bâtiments , qu'on appelait le donjon , contenait la chapelle castrale et les grands appartements. On remarque une ruche immense dans l'une de ces tours, où l'on pénètre par une issue creusée nouvellement dans l'épaisse muraille; les prisonniers y étaient descendus par une ouverture pratiquée dans la voûte supérieure. Une place d'armes, les logements de la garnison, les bâtiments où se réfugiaient les paysans de la seigneurie en temps d'invasion , occupaient l'espace
compris entre le donjon et le château , dont un doi^ble rang de fossés et trois fortes portes complétaient les moyeps de défense*. »
Les ducs de Lorraine tiraient leur cri de guerre du nom de cette forteresse; on lisait encore, avant la Révolution, cette inscription sur Mande-Guerre :
Ils cria^ient : Priny, Priny !
L'enseigne au riche duc Ferry!
Marchis entre les trois royaumes.
Quant au village qui est tout à fait au bas de la côte , il est nommé tantôt Pagny-sous-Préfiy, tantôt Pagny-sur-Moselle; il existait dès le xu" siècle. Des laboureurs y ont trouvé , en 1 842 , des cercueils en pierre , avec des squelettes bien conservés ; l'un de ces squelettes avait la tête séparée du tronc , et déposée vers la région du sacrum. On suppose qu'il existait anciennement , en cet endroit , un cimetière que la Moselle, en se déplaçant, aura fait entièrement disparaître.
La nature n'a pas moins que l'histoire contribué au charme de cette contrée qui passe si rapidement devant les yeux ; nulle part on ne trouverait des paysages plus variés, des sites plus pittoresques, ni de plus coquets villages aussi gracieusement suspendus aux flancs des coteaux, ou se mirant dans une onde aussi fraîche que celle de la Moselle. Quoi de plus joli que Novéant^ entre ses deux collines , avec son pont suspendu et son château à tourelles ? Et ne seraiton pas heureux d'y couler doucement le reste de son existence, fût-ce dans la plus humble de ses habitations?
A peine a-t-on eu le temps de former ce vœu qu'on le renouvelle devant cet autre village non moins frais, non moins