XVIII. Jésus parmi les Docteurs. — Fresque
effacée.
XIX. Jésus baptisé dans le Jourdain. — Il est dans l'eau jusqu'à la ceinture. On entrevoit son corps à travers les ondes vertes et transparentes du fleuve. Détail charmant : deux anges l'attendent sur le bord, avec des linges, pour l'essuyer.
XX. Les Noces de Cana.— Le festin est donné dans un cénacle en plein air ; mais une sorte de dais en bois travaillé à jour, comme le sont les toitures saillantes des chalets suisses, protège les convives contre toute intempérie. Jésus, placé à gauche, prononce les paroles qui changent l'eau en vin. La Vierge, vêtue de
bleu et plus belle que le jour, jette un regard de compassion sur le sommelier qui boit, obèse figure de moine (quelque mordant portrait); seule ironie que le peintre se soit permise dans cette vaste série de compositions.
XXI. Résurrection de Lazare. — Il est debout, effrayant, vivant cadavre emmaillotté dans les bandelettes du cercueil. Les disciples de Jésus et les parents de Lazare paraissent étonnes, mais comme ils le seraient d'un événement attendu. Les femmes ont caché sous le linge qui leur recouvre le visage jusqu'au-dessous des yeux, l'impression irrésistible de la puanteur qu'exhale le cadavre. Les sœurs du trépassé se prosternent , avec une indicible expression d'amour, aux pieds du Sauveur, qui, levant les deux doigts de sa main droite, commande à la mort et bénit la vie.
XXII. L'entrée à Jérusalem. — Des enfants ôtent leurs habits pour les étendre sur le passage du triomphateur, grave et mélancolique dans son triomphe. D'autres enfants sont montés sur les arbres du chemin pour en couper les rameaux, et leurs jolies têtes ressemblent aux fleurs de l'arbre qu'ils ébranchent.
XXIII. Jésus chasse les vendeurs du temple. —Avec quelle douceur ! Aucune expression de violence ne peut échapper à l'âme du peintre. Son pinceau délicat semble guidé par les principes de Fart antique, hostile aux images de la colère, aux contractions de la fureur. Un bélier, un pourceau, une cage, c'est là tout ce qui indique le commerce que les vendeurs faisaient dans le temple. Toujours une indication sommaire des accessoires. Il n'y a de développé, chez ce grand homme, que les grandes idées. Encore le sont-elles avec une rare sobriété, avec cette discrétion qui semble appartenir aux époques de science consommée et de raffinement plutôt qu'à l'enfance de l'art.
XXIV. La Cène.— Le disciple bien-aimé penche sa tête sur la poitrine du Christ. Les Apôtres se regardent, surpris ; mais leur expression n'est qu'ébauchée, tant elle est calme. La peinture n'entrait pas encore dans les palpitations de la vie. Elle attendait Léonard.
XXV. Lavement des pieds.— Un des Apôtres renoue sa sandale; un autre attend, les pieds nus, que le Christ les lui lave. Les disciples paraissent humiliés de l'humilité de leur maître.
XXVI. Le baiser de Judas. — Ici mon compagnon de voyage a poussé un cri d'admiration, et, en effet, nous n'avions jamais vu, ni l'un ni l'autre, une tête plus étonnamment belle que celle du Christ. Cette fois l'expression est vivç, elle est sublime. Jésus lance à Judas, qui l'embrasse, un regard pénétrant , un regard qui plonge au fond de l'âme, un regard terrible et attristé. Les sentiments du traître sont exprimés par une basse laideur. La scène est mouvementée, la composition remue, les flambeaux s'agitent. Certaines draperies sont d'une élégance, d'une beauté que n'ont point surpassées les plus grands maitres, qu'ils ont à peine'égalées.
Giotto, c'est Raphaël dans les langes.
XXVII. Jésus devant Caïphe.— Un horrible Tudesque le menace et fait contraste avec la beauté sereine et rêveuse de la victime. Masaccio n'eût pas mieux dessiné cette figure du Christ, et personne n'eût mieux saisi la nuance qui sépare la résignation de l'abattement.
XXVIII. Il est bafoué par les soldats, frappé, injurié; dédaigneux.