LA MONTAGNE DES SEPT-SŒURS
16'i DE PARIS AU CAP NORD
subissant trop d'assauts de la tempête pour croître librement, et des montagnes se croisant et s'entrecroisant d'une façon déroutante ; et c'est toujours la môme teinte grise qui uniformise la couleur de ces prodigieux amas de rochers, dont le dessin seul varie. Il est rare, en effet, que ce gris se môle d'un peu de rose, mais ce rose est alors d'une nuance vaporeuse extraordinairement délicate.
Souvent, des dauphins apparaissent, se jouant dans les flots. On en voit à la fois des centaines, partout, de tous les côtés, surgissant de l'eau, et c'est un effet très singulier que celui de ces masses noires qui émergent sans cesse, une seconde, de la mer. Les plus petits ont hien encore deux mètres de long, au moins. Ils jouissent de leur sécurité, car on dédaigne de les chasser. Il en est qui se rapprochent du bateau à le toucher.
C'est surtout quand, pour quelques heures, on se trouve en pleine mer, qu'ils se montrent. On s'amuse à suivre leurs ébats, jusqu'à ce que le bateau se retrouve dans le dédale vertigineux des îles, où les vagues s'apaisent. Là se renouvelle cette impression que les rochers se sont refermés autour du navire et lui vont interdire de s'avancer plus loin. Par instants on frôle presque ces murailles de granit. Ces îles ont encore des formes fantastiques. De très loin, on aperçoit la Hestmando, l'île du Cavalier. On dirait, en effet, sans trop de bonne volonté (il en faut tout de même un peu!), qu'un prodigieux guerrier, au manteau