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PREMIÈRE SESSION ORDINAIRE DE 1 8S V

Présidence de M. Mauguin^ Sénateur

Vœux relatifs au chemin de fer Transsaharien DÉPOSÉS PAR M. Broussais

« Le soussigné, Conseiller Général de la 13** Circonscription, soumet les projets de vœux suivants au Conseil :

» Messieurs, avec le développement progressif de la navigation à vapeur rapide, avec la concentration aes affaires commerciales et Taugmentation du nombre dés courriers sur la métropole, Alger^ point central du réseau des voies ferrées de la colonie, est appelé à devenir une grande ville de commerce ;

» Alger est au Sud de Paris, en face de Marseille, au milieu du bassin occidental de la Méditerranée. C'est à la fois le prolongement direct de la grande voie économique et commerciale Paris- Lyon-Marseille et une escale facile et bien placée pour les navires qui transitent de Gibraltar à Suez. Les paquebots qui ont un grand parcours à faire sont aujourd'hui obligés d'aller rapidement d'une extrémité à l'autre ; ne pouvant s'arrêter dans tous les ports, ils sont dans la nécessité de choisir les principaux. Lorsque ces ports sont reliés entre eux par des chemins de fer parallèles au rivage, l'escale choisie est toujours centrale et c'est précisément l'avantage que présente Alger. Plusieurs grandes compagnies maritimes étrangères l'ont déjà compris et y ont fait relâcher quelques-uns de leurs navires. Ils s'y arrêteront tous, quand le port sera terminé et le fret abondant.

» Mais jusqu'ici les départements voisins ont pris Tavance sur nous ; Bône et Oran sont reliés aux pays de production par des chemins de fer perpendiculaires au rivage. A droite et à gauche, leurs lignes de pénétration sont activement poussées vers le Sud. Ces lignes vont atteindre, dans quelques mois, Aïn-Sefra d'un côté, Biskra de l'autre. Cette dernière voie ferrée est à large section et toutes deux vont être bientôt en plein Sahara. Déjà, on pense à les prolonger, lapremière dans la vallée de l'Oued-R'ir, vers Touggourth et Ouargla, la seconde dans la direction de Figuig et même du Gourara et du Touat.

» Alger n'a qu'un petit chemin de fer à voie étroite vers Médéa et Berrouaghia, qui vient d'être voté par les Chambres, mais dont le tracé définitif est encore à l'étude et le prolongement ultérieur incertain.

» Tous les hommes de progrés entrevoient, dans un avenir prochain, la construction d'une grande ligne de pénétration dans l'Afrique équatoriale Cette ligne partira-t-elle d'Alger, d'Oran, de Bône, de Tunis ou de Tripoli ?

» Elle devrait partir d'Alger. Mais prenons garde, nous sommes en retard. Unissons nos efforts pour défendre les intérêts d'Alger et du département, qui sont d'accord avec la raison et la géographie.

» Si la construction du chemin de fer transsaharien ne peut pas s'effectuer encore, il ne faudrait pas V renoncer pour cela. Imitons la persévérance des Russes dans l'Asie centrale. Malgré des difficultés en apparence insurmontables, ils ont traversé des déserts de sables qui s'étendent à l'orient de la mer Caspienne, leur tête de ligne est à Merw, à deux pas de l'Afghanistan, sur la route de Tlnde. Comme eux, préparons et poursuivons lentement mais sûrement la réalisation d'une œuvre qui pourra donner à l'Algérie et à la France la prépondérance politique et commerciale dans le continent africain.

» C'est pourquoi le soussigné propose au Conseil Général d'émettre les vœux suivants :

» 1** Le Conseil Général d'Alger émet le vœu que l'Etat reprenne à bref délai les études préparatoires du projet d'une ligne ferrée transsaharienne, à large section, de l'Algérie au Niger, avec Alger comme point de départ ;

)> 2^ Le Conseil émet également le vœu que l'Etat s'entende avec la Compagnie de l'Ouest-Algérien pour que la ligne de Berrouaghia et son prolongement futur vers La^houat, bien que construit dans les conditions dctermmées par l'article 7 de la convention du 16 avril 1886, approuvée par la loi du 31 juillet 1886, puissent être ultérieurement utilisés pour le passage du Transsaharien ;

» 3"" Le Conseil Général émet, par suite, le vœu que dans l'exécution de la ligne déjà concédée, la direction, les pentes et les courbes du tracé adopté soient étudiées et exécutées de telle sorte que ce tracé puisse servir

normaiement de base à rétablissement d'une voie large destinée à des trains marchant à grande vitesse. »

Prcsenlô par M. Broussais.

Renvoyé à la 1'*' Commission.

Présidence de M. Mauguin, Sénateur

Vœu relatif au chemin de fer Transsaharien 4^ Commission, — Rapporteur : M. Hunebelle

« Messieurs, votre 1 '• Commission pense que le chemin de fer transsaharien pourra être de quelque utilité plus tard et que le département pourra alors s'en préoccuper utilement lorsqu'il aura le réseau qui lui est actuellement indispensable. »

M. Broussais estime que la 1'* Commission n'a pas compris exactement la poriéeda vœu dont il est l'auteur. Il n'a nullement entendu demander des études d'ex^ution du chemin de fer transsaharien. Loin de lai, la pensée de compliquer, par une proposition nouvelle, la question déjk si grave et si complexe des chemins de fer départementaux. Son intention était simplement d'empêcher qu'on oubliât les intérêts du département, an point de vue de son développement dans le Sud, et d'inviter l'Etat ï Taire les études indispensables pour qu*il ne fût pas définitivement sacrifié.

En raison de sa situation géographique et de sa constitution physique, le département d'Alger semble eo effet, appelé, de préférence à tout autre, à devenir le point de départ de la grande ligne qui, dans l'avenir, reliera le Niger au bassin de la Méditerranée. Mais pour qu'il ne soit pas devancé par les départements voisins, il est indispensable que dans Texécntion de son réseau on tienne compte de cette éventualité et, tout en réservant la question de section, de vitesse et d'aménagement des trains, qu'on prévoit la

possibilité d'oliliser Is voie de llédéa-Berroiiaghls*-Bogbsri-Laghoost, poor le passage da Transsaharien.

En s^associani ao vœu qai lui est présenté, le Conseil Général saovegarderait l'avenir ; et quand le chemin de fer de rAfriqae centrale sera mis k Tétode, hi question reviendrait tout entière. Il ne s*agit de rien changer ani conventions passées avec les compagniesi mais d'inviter l'Onest-Âlgérien k prendre ses mesures pour que la ligne actuellement concédée puisse être plus tard prolongée, soit jusqu'à nos possessions du Sénégal, soit jus* qu'au cœur de TAfrique équatoriale.

M. Samary, sans s'arrêter k la question de détail que Ton discutera, appuie énergiquement le vœu présenté par son collègue, M. Broussais, vœu auquel il attache une importance capitale et qui n*est, d'ailleurs, que le renouvellement d'une décision prise par le Conseil Général, dans sa séance du 1*' mai 1882. L'Assemblée départementale de cette époque, et beaucoup de ses membres exercent encore leur mandat, s'était ralliée ï l'unanimité, sans s'arrêter aux détails d'exécution, ii la proposition de l'opinant relative ï la construction du chemin de fer du Sénégal, par Djelfa, Laghooat et Bl- Goléa. Il serait inopportun d'examiner, dès aujourd'hui, la partie technique dn projet. L'importance de cette voie ne saurait cependant échapper ï personne . Elle doit mettre en relations la France et l'Algérie avec le Sén^al, ^ travers le Soudan, pavs peu exploré encore, mais sumsamment connu cependant poor qu'on sache quel profit en tireraient le commerce et l'industrie.

Le vœu de 1882 a déjk été renouvelé plusieurs fois ; il est bon de le confirmer encore, afin de (aire revivre une décision do Conseil Général qui intéresse an plus haut point, non-seulement la colonie, mais la mère-patrie tout entière. Bien que Taffaire n'appartienne pas au domaine des questions algériennes proprement dites, I Assemblée départementale a, néanmoins, le droit et le devoir de s*en préoccuper, car l'Algérie est k la tête d'un continent réellement français, ao sein duquel il importe de pénétrer, si non par la conquête, du moins par le commerce et par la civilisation.

Si ao lieu daller épuiser dans des expéditions lointaines nos soldats et nos finances, on avait appliqué au continent africain une partie seulement des sommes englouties inutilement dans les marais du Tonkin, dit H. Samary , l'œuvre que nous préconisons serait sans doute aujourd'hui en voie d'accomplissement. Le projet fut en effet, accueilli k l'origine avec un enthousiasme justifié, et une Commission nommée en vue de sa réalisation commença aes études sérieuses ; elles n'aboutirent pas. L'échec était prévu : ce n'est pas en envoyant des explorateurs isolés h la découverte qu'on arrivera à un résultat. On ne saurait procéder dans ces mystérieuses contrées comme il est possible de le faire dans le Sahel, dans les Hauts-Plateaux, ou même

dans la région de Laghonat. Il faut avancer pas k pas, en créant section par section la ligne Terrée de pénétration.

L'opinant n'entend pas Formuler un programme, mais il estime que ces eiplications étaient nécessaires.

Il conclut en demandant au Conseil d'afDrmer, en votant le vœu qui lui est soumis sa volonté maintes fois exprimée. Il n'a pas k craindre de préjudicier par ce vote à l'exécution du réseau départemental» car il s'agit, en l'espèce, d'un chemin de Ter d'Etat.

Il ne saurait donc insister trop énergiquement en faveur d*un renouvellement de vœu ponr la reprise de la question du Transsaharien.

M. Allan n'est pas hostile en principe li Tétahlissement d*une voie transsaharienne. Des conceptions aussi grandioses le frappent d abord d*éton* nement, puis entrevoyant dans un avenir plus ou moins éloigné la possibilité de leur réalisation, il ne trouve pas mauvais qu'on émette tout de suite des vœux en faveur de leur exécution ; mais c'est à la condition qu'on ne sacrifle pas h cet idéal l'intérêt pratique immédiat. L'orateur est convaincu que le chemin de fer de la terre ^ la lune se fera un jour ; il trouverait cependant mauvais qu'on négligeât les chemins de fer terrestres en vue de cette éventualité idéale.

En ce qui concerne la question en discussion, lorsque le chemin de fer d'Alger h Laghonat sera construit, il sera loisible d'examiner la possibilité d'un prolongement qui relierait l'Algérie k la vallée du Niger et de se préoccuper de son tracé. Mais pour le moment cette étude est évidemment prématurée. Il faut commencer par exécuter les travaux d'une utilité actuelle, incontestable.

A ce titre, l'opinant propose de renonveler le vœu pour la prompte construction du chemin de fer de Laghonat, il est inconcevable qu'il ne soit pas encore fait. Les économies réalisées rien nue sur le ravitaillement des troa-

E es auraient, en moins de dix ans, couvert les frais de premier établissement, .es retards apportés k la construction de cette voie doivent être imputés kla force d'inertie de l'Administration, bien plus qu'aux difficultés de l'entreprise.

M. Âllan s'associerait au vœu présenté par M. Broussais, mais sous certaines réserves relatives, d'abord k l'opportunité et, en second lieu, ^ la Suestionde la voie large. L'auteur du vœu demande que le tracé du chemin e fer d'Alger k Laghouat soit étudié de manière à pouvoir servir d'assiette ï une voie normale. Ce système réunirait ^ la fois tous les inconvénients de la grande et de la petite section. Il coûterait presque aussi cher qne la

Srande et ne donnerait que la vitesse et le tonnage de la petite. Nous n'avons 'ailleurs aucune chance d'obtenir nn vote en faveur de la première. Il est donc prudent de s'en tenir k la voie étroite, qui est parfaitement suffisante.

Poiir coDClnre, Topinant propose ao Cooseil Général de renoavelér le vœu émis pour le prompt achèvement du chemin de fer d* Alger à Lagbonat et, subsidiairement, pour son prolon(^emenl à travers le Sahara.

M. Fourrier estime que la solution rationnelle de cetie question n*est présentée ni par le vœu de M. Broussais, ni par le rapport de la Commission.

Le premier de ces documents comprend trois chefs distincts. Le premier, ainsi conçu : a Le Conseil Général émet le vœn que TEtat reprenne p ii bref délai les études préparatoires d'une ligne terrée transsahanenne à » large section, de l'Algérie au Niger, avec Alger comme point de départ » pourrait être voté immédiatement sans autres réserves que la suppression des mots a k large section, b

Le deuxième alinéa est sans danger.

Quant ao troisième, il pourrait avoir pour conséquence de retarder la construction de la ligne du Sud et il doit, par suite, être écarté.

On ne peut accepter le rapport de la Commission tel qu'il est conçu, car il aboutirait h Tenterrement pur et simple de la question.

Or, si M. Fourrier a demandé k maintes reprises, avec tous ses collègues, la constrnciion du chemin de fer d'Alger à Laghouat, c*est avec la pensée qu'il ne serait pas toujours limitée cette dernière localité.

Si l'on se reporte aux progrès réalisés depuis un demi-siècle par la science et par Findostrie, il est bien permis d'espérer que dans un avenir rapproché, cette immense région productive du centre de l'Afrique sera reliée an littoral de la Méditerranée. Mais par quelle voie le sera-t-elle ? Sera-ce même par l'Algérie ? N'avons-nous pas à craindre que ce trafic ne prenne la vallée du Nil, qu'il n aboutisse k l'Egypte et n'échappe entièrement à la France ? Plus particulièrement n'avons-nous pas à craindre, si nous ne formulons pas, dès aujourd'hui et très fermement nos revendications, que le port d'embarquement du Soudan ne soit Arzew, Philippeville ou Gabès ?

Rappelant les termes d'on récent article de Victor Meunier, M. Fourrier émet l'avis qu'il n'y a pas lieu de douter de l'utilité du projet et qu'il ne faudrait pas en prononcer Tajournement indéfini, ainsi que le propose le rapporteur, surtout au moment où les départements de Constantine et dOran travaillent activement à la construction de leurs lignes de pénétration dans le Sud.

Il eût été peut-être préférable (^ue le vœu de M. Broussais ne fût point déposé, mais, en l'état, on ne saurait l'écarter d'une manière quelque peu déaaigneiise et se désmtéresser complètement de la question.

L'opinant termine en demandant an Conseil d'adopter la première partie do vœu, en réservant la dimension à donner k la voie, et d'écarter les deux autres alinéas, qui renferme des dispositions inutiles on dangereuses.

M. le Rapporteur, répondaol ^ M. Allao, déclare qtiê la Cammimùm esl eanvaineuê que le chemin de fer iranesaharien précédera celm 4a la terre à la lune. Mais le vœo préaeoié par M. Brousais Iri a para inopporloD. Avant d'aller joaqu^ao Niger, il Taul arriver de Blida h Médéa, de Médéa h Berronagbia et de Berrooaghîa k Laghooat. Or, la ligoe n'a pas encore Irancbi la première de ces étapes. La Commission a sortoot été effrayée par la disposition aux termes de laquelle Tauteur de la proposition demande qoe le tracé prévoie Tadjonclion d'une voie large qui se prolongerait à travers le Sahara. En Sibérie, dans l'Inde, en Amérique, on a adopté la petite section. Dans ce dernier pays, on a même ramené à la voie étroite des lignes qui étaient primitivement k voie large.

Lorsque le chemin de fer d'Alger à Laghouat sera terminé, rien ne s'opposera donc k ce qu'on y rattache un embranchement qui se dirigera vers le Niger, et le département d'Alger ne sera pas, sous ce rapport, moins favorisé que les départements voisins.

M. Fallet veut retenir seulement deux points de la discossioà.

En premier lieu, on a allégué qu'il fallait poursuivre l'achèvement de la ligne d'Alger à Laghouat avant de songer au Transsaharien. Cette ligne a reçu la sanction du département et de l'Etat. Elle est aujourd'hui concédée à une Compagnie ; il n'y a donc plus à s'en préoccuper.

La deuxième question sur laquelle il appelle toute l'atteniioD de ses collègues, c'est l'avance prise par les départements d'Oran et deConstantine, qui apportent ii la construction de leurs lignes de pénétration dans le Sud la plus grande activité.

Il importe que le département d'Alger, qui, par sa situation centrale^ est nécessairement destiné ë devenir le point de départ du Transsabarien, ne reste point en arrière.

M. Fallet dépose, en conséquence, un amendement rappelant le vœu émis dans la séance du 1"" mai 1882 dont il demande le renouvellement.

M. le Rapporteur fait observer que si les départements voisins sont plus avancés k ce point de vue c'est précisément parce qu'ils agissent an lieu de s'attacher k des vœux stériles. Le déparlement d'Alger n'a qu'une seule grande artère, celle qui le met en communication avec Oran et Cooatantioe.

M. Hunebelle déclare, au nom de la Commission, se rallier an voeo présenté par M. Fallet, lequel est le renouvellement de celui émis dans la séance du l*'mai 1882.

Robe et Fourrier donnent également leur adhésion à rameo* dément de M. Fallet.

M. Samary expose qu'il a ftppoyé» daos reosemble, la proposition présentée par M. Broossais. Mais son collègue. M. Fallet, ajant bien voulu rappeler le vœu émis par le Conseil Général en 1883, il ne saurait moins faire que de s*y rallier, puisqu'il en était lui-même Tauteur.

Ce vœu ne mérite pas le reproche de puérilité qu*on lui a adressé ; il n'entrave en rien le développement du réseau départemental et du réseau d*Etat et il a l'avantage de sauvegarder Tavenir. Il y a un intérêt capital k pénétrer au centre de T Afrique. Il est nécessaire que les représentants du pays au Parlement soient imbus de cette idée, afin de s'opposer ^ de nouvelles expé ditions lointaines et de demander qu'on mette en réserve, pour mener celte œuvre k bonne fin, les millions que l'on serait encore tenté d'employer dans des entreprises dangereuses, inutiles et aléatoires.

M. Allan ne votera pas le vœu dont M. Fallet demande le renouvellement sans une explication. Il trouve ce vœu dangereux dans sa forme.

Lorsqu'il fut émis en 1882, la voie ferrée n*était pas encore concédée sur aucune de ses parties. Aujourd'hui, elle est en construction jusqu'^ Berrouaghia. Si le Couseil émettait un vœu pur et simple en faveur du Transsabarien, le Gouvernement pourrait croire que nous solidarisons la ligne de Berrouaghia ii Laghonat et celle de Laghooat au Soudan. Or, telle n'est pas assurément votre pensée. Vous voulez que la première soit coustruite immédiatement, son utilité étant dès ii présent établie.

Pour dissiper la confusion que pourrait laisser subsister le vœu de M. Bronssais et l'amendement de M. Fallet, l'opinant propose l'amendemeni suivant :

9 Le Conseil émet et renouvelle le vœu ;

» Que le chemin de fer de Berrouaghia k Laghonat, dont l'importance 9 commerciale et stratégique est de premier ordre, soit construit dans le 9 plus bref délai ;

i> Que le chemin de fer transsaharien soit mis k l'étude, avec Alger pour » tète de ligne. »

M. BroussaiB eomiaie qu$ la ledure du vœu présmU par lui a fait sourire quelques-um de ies collègues. Il le regrette pour eux et ne saurait s'en Honner. Les conceptions de cette nature, bien que parfaitement réalisables* ne sont trop souvent accueillies par certains esprits qu'avec une peine extrême et une défiance exagérée. Cependant les départements voisins, grâce au concours de l'Etat qui n'a pas laissé leurs vœux stériles comme ceux du département d'Alger, poussent avec la plus grande activité la construction de leurs voies de pénétration. Dans le département d'Oran, la ligne ferrée va rejoindre Aio*Sefra et l'on pense à la prolonger Jusqu'à Figuig. Dans le dépariement de Constantine, elle va atteindre Bîskra et doit être,

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de Ik continoée jasqa'k Tonggourih et Ouargla. Dam quêlquêê améeêt U territoire d'Alger aura une ceinture de fer drainant le eommefce à fBei ei à VOueet, et avec laquelle il sera eane communicaiionM.

Personoelleaient, Topinant ne tient pas euenlîellement il ee que la voie soit constrniie à grande ou ii petite section ; Timportant à ses yeai^ c'est qu'elle soit prompiemeni entreprise. Il cite Teiemple des Russes dans l'Asie centrale et rappelle Ténergie qu'ils ont d& déployer pour rétablissement de leur ligne ferrée vers l'Inde. Le charbon de terre faisant défaut, ils ont brûlé du bois d'abord« et maintenant leurs machines sont cbauffèss avec du pétrole. Quand il s'est agi de poser les rails sur des sables mouvants, ils y ont mélangé de l'argile, trouvant ainsi une solution pratique k un problème qui parait encore diviser les ingénieurs. Leurs efforts persévérants ont surmonté tous les obstacles ; ils sont aujourd'hui k Merw, aux portes de l'Afghanistan.

lie bat pearsalTl par le wetbu die ■• Breamuiifl emt «nrtoot de presser la eenstraetlen da ehemln de fer de pénétratleift da département d'Alger ] de le fliire en prévrlslen de l'avenir et penr qu'il seit exéenté airee des eearbes melns nembreases, des pentes pins denees et an traeé mieax dirigé qae daas les départements ireisins. M. Broassais insiste sar ees eonditiens d'exéentian, panr que le Janr an le Tranasaharien entrera dans la périade de réalisatian, an ebaisisse la ligne d'Alger à liaghaaat, naieum eonstmite et panvrant danner passage à des trains pins elmrgés et pliui rapides.

M. le Président donne lecture des amendements suivants :

a 1° Le Conseil Général renouvelle avec instance le vœu qu'il a émis dans sa séance du f mai 1882 pour que la question du chemin de fer d'Alger au Niger et au Sénégal, par Djelta, Lagbouat et ËUGoléa, soit remise d*une manière pratique et véritablement utile à Tordre du jour. »

a Signé: Fallbt. »

« 2^ Le Conseil émet et renouvelle le vœu que le chemin de fer de Berrouaghia k Laghooal, dont Timportance commerciale et stratégique est de

S]£aNCE du 3 mai 1887 341

premier ordre, soit construit dans le plus bref délai possible, et que le chemio de fer traossaharien soit mis à l'étude, avec Alger pour tète de ligne. >

« Signé : Allah. »

M. Fallet retire son amendement et se rallie ï celui présenté par M. Allan.

MM. Broussais et Fourrier déclarent également Tadopter.

M. le Rapporteur 7 donne aussi son adhésion au nom de la Commission.

L'amendement de M. Allan, mis aux voix, est adopté k Tunanimité.

Le Préndentf MAoeciif.

Le Secrétaire de service, Broussais.

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