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CE QU'IL FAUT FAIRE POUR RÉUSSIR

manquent généralement de certaines qualités d'action. N'ayant été exercés depuis vingt ans qu'à une politique stationnaire et de statu-quOy ils n'ont montré jusqu'à présent aucune aptitude pour une marche énergique et civilisatrice en avant.

Est-ce à cet esprit ou au contraire à un manque d'im-

gulsion d'en haut qu'il faut attribuer notre arrêt dans le ud depuis quelques années. Quoi qu'il en soit, il est vraiment triste de comparer l'inaction algérienne aux progrès de la colonie sénégalienne. (1)

Si on commet la faute d'abandonner aux officiers des affaires arabes, la direction des opérations dans le Sud, il est à craindre qu'ils ne perdent un temps précieux à des négociations interminables. Ils laisseraient peut-être se constituer dans le grand désert une grande féodalité indigène, alors qu'il n y en a qu'une petite. Cette féodalité redoutable si elle ne nous barrait pas un jour la route du Soudan, comme elle Ta déjà fait, nous exposerait tout au moins à des luttes violentes de sofs et à des insurrections sanglantes dans l'avenir.

Ne mettons donc en relief aucune grande famille arabe ou berbère, dans le Sahara, mais maintenons les petites rivalités actuelles et profitons-en. Evitons de donner carte blanche aux Chamba pour écraser les Touareg, sous prétexte de venger le massacre de la mission Flatters : la venfjeance est une détestable politique. Contentons-nous quand e moment sera venu d'exiger des Touareg eux-mêmes la punition des principaux coupables. Les Chamba ne peuvent nous être que d'un secours limité, tandis que les Touareg

(1) Le capitaine d'infanterie de marine Monteil^ qui est chargé d^explorer la boucle du Niger, est parti de Ségou-Sikoro et a pris la direction de San^ localité qui se trouve, d'après la carte de Binger, par 13*20* de latitude Nord et 7'15' de longitude Ouest, sur le territoire des Bobo-Oulé et à une vingtaine de lieues de Ségou-Sikoro.

De San, le capitaine Monteil se dirigera sur la branche descendante du Niger, en coupant l'itinéraire de René Caillié.

Le capitaine d'infanterie Ménard, qui se rend en mission dans le pays de Kong, est parti de Grand-Bassam ; il doit être actuellement dans le Bandokho, suivant la route explorée précédemment par le regretté Treich-Laplène et le capitaine Bingcr.

Journal Le Temps du 7 janvier 1891.

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