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LES HAUTS-PLATEAUX ET LE SAHARA ALGÉRIEN

et indigènes. Sur les sommets, il y a des forêts de chêneslioge, de chênes verts, de chênes zéens, d'ormes, de pins d' Alep et de cèdres. C'est le pays des oliviers, des figuiers, des orangers, des citronniers, etc., etc. Partout la vigne prospère et les céréales poussent en abondance. La principale localité rencontrée dans le trajet à travers le Tell^ est Médêa (14,211 habitants) (1), centre viticole de !•' ordre.

Cette ville n'est pas bien éloignée du rebord septentrional des Hauts-Plateaux qui courent, du Sud-Ouest au Nord- Est, presque parallèlement à la Méditerranée, à travers le Barbarie.

Légèrement concave et d'une altitude moyenne de 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, cette plaine presque unie portera comme une table la voie transsaharienne, à travers la mer d'alfa où paissent des millions de moutons, jusqu'au Djebel Amour ^ rebord méridional du plateau, dans le département d'Alger. Les postes militaires de Boghar (2,372 habitants) (2) et de Djelfa (1,603 habitants) commandent la route; le marché de Boghari (2,308 habitants) (3) alimente la région et les points de rassemblement des 46,575 nomades arabes qui la parcourent sont Chellala et Taguin. Pendant la saison d'hiver, ces tribus errantes fuient le froid assez vif de ces contrées élevées, pour aller trouver des pâturages dans le Sahara.

Le Sahara Algérien, dans le Sud du département d'Alger, ne présente pas les énormes dunes de sables du Sud Oranais ou du Sud Constantinois. C'est un pays de grands plateaux rocheux unis, avec des vallées souvent desséchées, des dépressions humides et salsugineuses où poussent le pistachier (pistacia atlantica) et le jujubier (zùsyphus lotus). Mais ce pays est assez élevé et salubre ainsi que les oasis qu'on y rencontre : Laghouat, centre administratif de 18,847 indigènes (4) et où l'on compte 80,000 palmiers ; les villes commerçantes du M'zab dont l'intelligente et laborieuse population aidera au succès de l'entreprise transsaharienne.

(1) Gouvernement Général de rAlfférie. Statistique ffinérale de l'Algérie. ;Sj, (3) et (4) Gouvernement Général de rAlgérie. Statistique générale de VAlgéru,

Il y a là 50,000 habitants et 140,000 palmiers. C'est au chef- \ lieu Ghardaïa que réside le Commandant supérieur de TExtrême Sud dontdépendent les oasis de MetlUi^ ^Ouargla et diEUGoléa. Nos tribus sahariennes comptent ensemble 3,500 à 4,000 tentes entre ces oasis (1).

La principale tribu et la plus connue est celle des Châmbct^ divisée en trois fractions parfaitement isolées et indépendantes les unes des autres:

1* Châmha-Berazaay composés de sept familles réparties en trois groupes : MettiUy ksar, 837 habitants ; Ouled-AUouchy 1,426 hanitants; Ouled-Abdelkadery 1,496 habitants : ensemble 3,759 indigènes (2) :

2^ Châmba-bou-Rouha ou Châmba-Hab-^r-Rihy 2,361 habitants, cantonnés en hiver aux environs Sud d'Ôuargla. En été, ils se dispersent dans les nombreux parcours des vallées de VOuea-Mya^ de V Oued-Insokki et de VOued- Igharghar (3) ;

3* Châmba-el-Mouadhiy composés des quatre familles ciaprès : Ouled-Aîcha, Ouled-Zeïdy Ouled-Feradj et Ouled- Maâmar^ comprennent avec le ksar d'El-Goléa, une population de 1,500 habitants. A l'automne, les Châmba-el-Mouadhi se réunissent tous à El-Goléa pour la récolte des dattes ; ils vont camper ensuite au Sud et au Sud-Est d'El-Goléa, dans un rayon de 5 à 600 kilomètres, jusqu'au delà des puits d^Elr-Biodh. Leurs relations commerciales s'étendent jusqu'au Gourara, auTouat et au Tidikelt(4). Tous ces Châmbct sont de grands batailleurs et de vigoureux cavaliers.

Dans la région dUn-Salah^ au Tidikelty il y a un certain nombre de Châmba dissidents définitivement fixés.

flj Le Châtelier. Notes manuscrites,

(2), (3) et (4) Gouvernement général de TAlgérie.— Répertoire alphabétique des renseignements contenus dans la carte de VExtrêms Sud de l'Àlgérie,-'\. Déporter, VExtrême-Sud,

A travers le Orana Déaert

Du Sud-Algérie, le Transsaharien s'élancera dans le Grand Désert, célèbre par les merveilleux récits du général Daumas. Avant de se séparer en deux branches pour courir sur le Niger et le Tchad, il trouvera sur sa route le Touat et ses annexes. Puis il continuera, dans deux directions différentes, à travers les montagnes, les plateaux et les plaines qui sont, depuis des siècles, le aomaine incontesté des Touareg autochtones et de leurs rivaux, les conquérants originaires d'Arabie.

Dans ces régions sans limites, les tribus nomades errent continuellement entre les oasis groupées dans les parties fertiles ou échelonnées sur les routes commerciales. A côté des grandes tentes en poils de chameaux des Arabes, on voit se dresser les petites tentes en cuir, rouges et brunes, des Berbères voilés.

Les habitants des oasis cultivent pour eux-mêmes et pour les nomades ; ceux-ci voyagent et font des transports pour les sédentaires. Tous ou à peu près sont associés dans la propriété des troupeaux considérables de chameaux, de zébus (bœufs à bosse), de moutons et de chèvres, que les nomades font paître, entre le Touat et le Soudan, dans les pâturages sans fin des vallées sahariennes.

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