‹ De Paris au SoudanChapitre 78 sur 112 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

D'ALGER A L'ADRAR-AHNET, 1.840 KILOM.

Le tronc commun se divise en quatre grandes sections :

1" Section — D'Alger a Laghouat 460 kilom.

2* — — De Laghouat a El-Goléa. . 420 —

3* — — D'El-Goléa a In-Salah 473 —

4» — — D'In-Salah a l'Adrar-Ahnet 487 — .

Longueur totale du tronc commun.. 1.840 kilom.

Du port d'Alger (O^ 41' 54" L. E et 36*> 47' 50" L. N.) jusqu'à l'Adrar-Ahnet ^24* L. N) la grande voie ferrée de pénétration au centre de 1 Afrique est une ligne unique qui doit être immédiatement commencée pour soumettre le Gourara, le Touat, le Tidikelt et les Touareg du Nord. Construite, elle assurera la sécurité du Sahara et de la route du Soudan. Puis elle se divisera en deux branches, au Sud-Ouest et au Sud-Est, pour atteindre : l'une le Niger et l'autre le Tchad.

Le tronc commun, qui servira plus tard à tout le transit intérieur de l'Afrique, doit être construit dans des conditions de solidité, de profil et de rapidité que justifient son importance et sa nécessité. Mais en attendant la construction de la voie large et définitive qui demandera des études très complètes sur le terrain, on peut dès aujourd'hui poser la voie étroite provisoire, dont j^ai parlé, suivant le tracé que je vais décrire.

Pour cette description, j'ai eu recours à des ouvrages et à des cartes dont 1 énumération se trouve à la fin de ce volume. En ce qui concerne plus particulièrement le tronc commun, j'ai puisé dans les travaux remarquables de MM. H. Duveyrier, A. Duponchel, Lieutenant-Colonel Flatters, M. A. Choisy, Pouyannc, V. Déporter, H. Bissuel, Le Châtelier, F. Bernard, Régnauld de Lannoy de Bissy, Gerhard Rohlfs, Malte-Brun, Titre, ainsi que dans le Répertoire alphabétique des renseignements contenus dans la carte au 1/800. 000"^ de UEcotrèmeSud de l'Algérie.

J'ai autant que possible contrôlé ces documents par les renseignements que j'ai pu moi-même recueillir de la bouche de deux nobles Imouhar' (touareg) de la tribu des Taïtoq : Kenan-ag-Tissi et Tachcha-ag-Sr'ada, ainsi que de celle de Chekkadh-ag-R'ali, serf Amaher' (targui) de la tribu des Kel-Ahnet. Tous trois avaient été faits prisonniers par les Chamba, au Hassi-Iriifol, le 9 août 1887, et sont originaires de tribus qui résident dans la région de l'Adrar-Ahnet. Ces Touareg ont une connaissance parfaite des moindres particularités du Grand Désert. Us étaient internés à Alger où j'ai pu les interroger pendant des mois, grâce à l'autorisation que M. le Général Poizat, commandant la Division d'Alger, avait eu la bienveillance de m'accorder.

Kenan s'est échappé il y a quelques mois de chez un chef indigène à qui il avait été confié. Tachcha avait été renvoyé dans sa tribu, en 1889, pour une mission qu'il n'a pu remplir. Chekkadh à consenti à accompagner le voyageur Crampel qui remonte de l'Oubanghi vers le Nord, pour explorer la région du lac Tchad.

r- SECTION - D'ALGER A LAGHOUAT, 460 KILOM.

Elle se subdivise elle-même en deux parties :

<'• Partie — D'Alger a Boghari 191 kilom.

2* — — De Boghari a Laghouat 269 —

Longueur totale de la 1" section 460 kilom.

Dans la séance du 30 novembre 1886, sur la demande de MM. les Généraux Détrie, Poizat et Ritter, commandant les Divisions d'Oran, d'Alger et de Constantine, le Conseil supérieur du Gouvernement Général de l'Algérie a émis le vœu que le réseau des chemins de fer de pénétration en Algérie fût achevé dans le plus bref délai possible.

Les auteurs de la proposition faisaient très judicieusement remarauer qu'en construisant ces lignes, dont la dépense ne devait pas être bien considérable, surtout si on la comparait aux résultats à obtenir, la France ferait un acte de bonne administration ; leur mise en exploitation devant produire sur le budget métropolitain des économies considérables, en l'éduisant les dépenses qu'entraînaient alors dans tout le Sud, les transports de troupes, le ravitaillement de ces troupes et le transport du matériel de guerre (1).

Ces voies de pénétration qui devaient assurer, en cas de complications, l'arrivée rapide des troupes nécessaires, sont aujourd'hui exécutées dans les départements d'Oran et de Constantine. Dans celui d'Alger, il reste encore beaucoup à faire. Depuis longtemps cependant le Conseil Général de ce dernier aépartement réclame la construction du chemin de fer d'Alger à Laghouat et la mise à l'étude du Transsaharien par Alger.

La ligne de pénétration centrale algérienne est ainsi demandée par is : il faut l'exécuter sur le champ par tous les moyens dont l'Etat, le

tous

(1) Algérie. Conseil Supérieur du Gouvernement. Procès-Verbaux des déUbéra- (ions et Eafposé de la SUtAation générale de VAlgirie. Aiger. 1886^ p. 700.

département et l'autorité militaire pourront disposer dans le Sud. Il n'est que temps de reliera la mer, Laghouat, principale place de guerre et position maltresse de tout le Sahara Algérien. Dans cette oasis salubre, ayant 5.38i habitants et 80.000 palmiers, la France entretient, été comme hiver, une garnison nombreuse et une colonne mobile toujours prête à marcher dans le Sud. Le ravitaillement de ces troupes coûte si cher qu'avec le prix des transports de la Guerre effectués depuis trente ans sur la route d'Alger à laghouat, la France aurait pu payer plusieurs fois le prix de construction de la voie ferrée.

Quoique le chemin de fer de Biskra soit terminé depuis longtemps, le climat de cette oasis est si pénible pendant la saison chaude et sa position stratégique si insignifiante, qu'on n'a jamais songé à y laisser à demeure une importante garnison : Laghouat est et restera notre centre d'action militaire dans l'Algérie méridionale.

La section d'Alger à Laghouat desservirait tous les Hauts-Plateaux du département d'Alger et le Djebel Amour. Bestiaux, laine, sel, cuirs et peaux, alfa, bois, ravitaillements militaires de Laghouat et du M'zab lui assureraient un transit propre bientôt augmenté de tout celui du Transsaharien.

r* Partie — D'Alger a Boghari, 191 kilom.

Dans la première session ordinaire de 1887, au Conseil Général d'Alger (1), j'avais demandé à cette assemblée d'émettre le vœu que la voie ferrée étroite (1 m. 055) de Blida à Berrouaghia fut établie dans des conditions de pentes et de courbes minima permettant d'y placer plus tard une voie large pouvant supporter les trains lourds et rapides du chemin de fer transsaharien.

Si cette opinion, qui fit alors sourire quelques-uns de mes collègues^ avait été partagée par le Ministère des Travaux publics, Alger ne serait pas exposé, comme aujourd'hui à voir lui échapper, pour toujours peut-être, le commerce du centre africain. Pour réparer cette erreur si fâcheuse, il faudrait se hâter de tracer la voie large et définitive par

(1) Voir ci-dessous Tippcurfice.

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