SECTION D'ALGER A LAGHOUAT
l'Harrach (projet Trémeaux) ou parle Chélif (premier projet Duponchel).
Pour rinstant, il ne s'agit encore que de la voie étroite provisoire qui, s'appuyant sur 51 kilomètres du P.-L.-M. d'Alger à Blida et 87 kilomètres de l'Ouest-Algérien, de Blida à Berrouaghia, peut partir de cette localité pour être lancée dans le Sud.
Berrouaghia est un centre pénitentiaire et de colonisation très important, bien situé, à 930 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur un plateau étendu. On y pourrait facilement amasser tout le matériel et construire tous les magasins indispensables à une marche vigoureuse et ininterrompue en avant.
Partant de là, et laissant à droite la crête montagneuse que suit la route nationale d'Alger à Laghouat, la voie ferrée, par une pente ménagée sur le flanc méridional du plateau, descendrait dans le lit de l'Oued-El-Hakoum. Passant près de la bergerie de Moudjebeur, elle suivrait la rivière jusqu'à son confluent avec le Chélif, qui débouche des Hnuts- Plateaux en cet endroit.
Remontant ensuite ce cours d'eau, qui est le plus considérable de toute l'Algérie, par un terrain uni et facile, le railway atteindrait Boghari (53 kilom.), village çlacé à 585 mètres au-dessus du niveau de la mer, à la limite du Tell et à l'entrée des Hauts-Platewux. Cette localité est appelée à devenir une station commerciale et stratégique importante : c'est là, en effet, que se trouve le passage obligé du grand mouvement commercial du département d'Alger, entre le littoral et le Sud.
Cette station desservira trois groupes de population :
1*» Boghari (0^,24' L. E. et 35« 53' L. N.) peuplé de 500 habitants, centre de colonisation européenne et centre administratif de 22^502 indigènes ; marché important et fréquenté par les gens du Tell et des Hauts-Plateaux qui y échangent surtout des céréales, des figues sèches et des produits industriels contre des chevaux, des moutons, de la laine et du sel.
2* Ksar Boukhari, tout près, sur une hauteur à l'Est, habité par 1,800 Arabes, Beni-M'zab et Juifs.
3* Boghar, à TOuest (1,050 au-dessus du niveau de la mer\ dominant la vallée de 465 mètres. C'est le balcon du Sua, une des anciennes citadelles de IVîmirAbdelkader. Ce poste militaire, est posé sur une corniche de rochers, au bord de l'immense forêt des Ouled-Anteur, dont les bois résineux sont encore inexploités.
2« Partie — De Boghari a Laghouat, 269 kilom.
A travers les Hauts-Plateaux, les tracés pourraient être multipliés à Tinflni, mais les deux directions les plus avantageuses sont : celle de Djelfa et celle de Taguin. Je vais les parcourir rapidement.
A. — Tracé par Djelfa
Ce tracé, recoupant le seuil tourmenté qui barre l'entrée du Haut-Plateau, les marais de Bou-Ghezoul et de Kseita, devrait franchir, par une double pente assez forte d'une trentaine de kilomètres, le massif du Djebel-Oukeit oui ferme le passage et dont le col le moins élevé est à Gueît-es-Stel à OMl' L. E. et 35^ 9' L. N. Descendant au fond du bassin des Zahrez, la ligne devrait s'engager dans les 1,500 mètres de sable des dunes de Messerane, les plus étendues et les plus élevées (20 mètres environ) de tout le cordon de petites dunes qui marque le fond de la dépression longitudinale des Hauts- Plateaux. Remontant ensuite TOued-Malah, en passant près du Rocher de Sel, le tracé gravirait, par Djelfa, le rebord élevé du plateau et le franchirait pour redescendre, par la pente méridionale de cette chaîne, assez rapidement à Laghouat.
La ligne parcourue passe par les points suivants :
Boghari (585 m. au-dessus du niveau de la mer), Bou- Ghezoul (640), El-Krachem (651), Aïn-Oussera (710), Bou- Sedraya et rampe septentrionale du Djebel-Oukeit (800), Guelt-es-Stel, col de la montagne (953), bassin des Zahrez (900), dunes de Messerane (869), Rocher de Sel (938), Oued-