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LA BRANCHE DU NIGER

A Ifeman ou In-Fernan (31 kilom.), il n'y a d'eau dans Tétang, qu'après les pluies. Mais on en peut trouver en abondance et de bonne qualitf^, en creusant des ibenkar alimentés par le cours souterrain de TOued-Ifernan.

La ligne de hauteurs à l'Est de la route à suivre, s'arrèto à Aouhou (34 kilom.), on y trouve des gommiers absaq et du fourrage, mais pas d'eau. Un oued qui doit être l'Oued- Houzzan (28 kilom.) traverse la route qui continue en pays plat, sans aucun accident de terrain, au milieu des gommiers tamatjusqu'ft Dourit (30 kilom.). L'eau y est bonne et abondante après les pluies, mais le débit des ibenkar (cuvettes ensablées) diminue après les périodes de sécheresse.

Le pays contiime t\ être très boisé, outre le gommier on y voit le tebouraq (ogie sepiaria, espèce d'oranger sauvage) et le tihoq (salvadora persica) bel arbre dont le bois est odorant et très résistant. Cette arbre donne une petite baie d'un goiit très agréable et qui ressemble au raisin de Corinthe.

La route A suivre* traverse et longe ensuite l'Oued-Ouertadja qui coule au pied d'une montagne située à l'Ouest, le Djebel- Tir'arr'er, et va se jeter dans l'CJued-Assakan. A 16 kilom. de Dourit, le Ksar-Ir'achar ou In-R'achar (30 ou 40 dattiers) habité par des Touareg Ifour'as ou Ifoghas.

Résumé du parcours de lïmissaou à Ksar-Ir'achar

Timissaou — Ilok 38 kilom.

liok — In-Zahar 36 —

In-Zahar — In-Ouzzel 38 —

In-Ouzzel — Ifernan 31 —

Ifeman — Aouhou 34 —

Aouhou — Oued-Houzzan 28 —

Oued-Houzzan — Dourit 30 —

Dourit — Ksar-Ir'achar 16 —

Parcours total 251 kilom.

2" Partie— De Ksar-Ir'âchar à Bourroum. 311 kilom.

Du versant Ouest du Djebel-Tir'arrar, descend une rivière, rOued-Tir'lit dont la vallée s'écarte de la direction que je

SECTION DE TIMISSAOD A BOURRODM 191

suis, mais présente une particularité remarquable. Cette vallée s'évase, entre deux étranglements successifs, formant ainsi un cirque immense, dont la circonférence est très boisée. Au centre, une belle clairière ; sur la lisière de nombreux puits pleins d'eau. Ce cirque se nomme Aferadj- Ouan-Illi et appartient aux Ifour'as qui y mettent leurs tentes et leurs troupeaux à l'abri, en temps de guerre.

Je reviens au tracé de la voie provisoire : De Ksar-Ir'achar la voie ferrée continuera à courir parallèlement à l'Oued- Ouertadja, jusqu'à Tellabit (16 kilom.). La rivière, dont l'eau est bonne, coule toute l'année. En creusant des ibenkar près du bord, on a facilement une eau excellente.

A Tellabit, il n'y a qu'une seule maison : c'est une zaouïa (couvent, école, centre de confrérie musulmane) habitée

f)ar des marabouts de Kounta. Le pays est très boisé; es essences dominantes sont : les gommiers absaq et tamat, le tebouraq (ogle sepiara) et le tihoq (salvadora persica).

Pour arriver à Tilimsi (34 kilom.), sur l'oued de ce nom, la route suit une plaine unie et sans accident de terrain. A Tilimsi il n'y a pas d'eau permanente, mais beaucoup de gommiers et des pâturages d'alemmouz (arthratherum plumosum). L'Oued-Tilimsi va se jeter dans l'Oued-Assakan un peu au Sud-Ouest d'In-Assassar.

La voie ferrée entrera dans une forêt qui devient de plus en plus fourrée au fur et à mesure qu'on avance vers le Sud. Les gommiers et les autres arbres déjà cités abondent. Le pays est plat et c'est facilement qu'on atteindra In-Assassar (35 kilom.), dans l'Oued-Assakan, au coniâuent de cette rivière et de l'Oued-lnr'ar venant de l'Est.

A In-Assassar on rencontre les p)'emiers campements des Aouélimmiden et les dernières hordes des Ifour'as. Les deux tribus évitent cependant de se mélanger et habitent des régions distinctes. Les Ifour'as se réservent les parties montagneuses, tandis que les Aouélimmiden préfèrent les plames. A In-Assassar, il y a 3 ou 4 puits, profonds de 6 m. 50 à 7 mètres environ. L'eau n'y est pas très abondante, mais elle est de bonne qualité.

Dépassant In-Assassar, la voie ferrée prenant à travers la forêt immense une direction Sud-Est, descendra le cours de l'Oued-Assakan qui, à partir de son confluent avec rOued-Ouertadja (50 kilom.) est un cours d'eau permanent. Allant parallèlement à la rive droite de la rivière, la voie ferrée, en descendant toujours, viendra déboucher au coude

iQi LÀ bkànche du nigeb

du Niger (176 kilom.), non loin de Bourromn, après un

Earcours total de 760 kilomètres depuis TAhnet et ae 2.600 ilomètres depuis la tête de ligne, à Alger.

On appelle Éourroum, toute la région voisine du sommet de l'angle un peu obtus décrit par le Niger moyen. L<» fleuve y change brusquement de airection pour la secondi^ fois. Ilabandonne les confins du Grand Désert pour aller au Sud-Est vers Gogo et Say. Le lit, plat, encombré d'îles et large d'environ 6 kilomètres, est sillonné, pendant six mois de Tannée, par les chalands et les barques qui transitent entre Say et Kabara (port de Tin-Bektou). Cette dernière localité est à 320 kilomètres, environ, à l'Ouest et le mouvement de la navigation y est considérable. (1) Ce fait bien connu a été confirmé par les renseignements que fournissait, il y a quelques années, El-hadj-Abdelkader, ambassadeur qui nous avait été envoyé par les personnages influents de Tin-Bektou. (2) J'ai cité son dire dans la première partie de cette étude.

La tradition attribue à Bourroum des rapports avec les

Sharaons de l'ancienne Egypte. Autrefois, c était le centre 'un grand commerce avec le Tafilelt et l'oasis d'Aoudjila. Le pays est aujourd'hui dominé par les Touareg dont 1 autorité a remplacé celle de l'empire détruit du Songhaï (Sonr'aï). Ce sont les Kel-Souk surtout qui habitent les rives et les îles du fleuve.

A quelques kilomètres à l'Ouest de Bourroum se trouve Tossaye. Là le fleuve très rétréci n'a qu'un cours de 91

(1) « L'album hydrographique dressé parla mission (Caron)^ au dépôt des cartes » et plans de la Marine^ montre que le Niger est navigable^ comme le Sénégal^ peu- » dant six mois d'hivernage^ pour les bâtiments d*une certaine dimension. » E. Carou. De Saintr-Louis au port de Tombotiktou, p. 343.

(3) « Il est difficile d'évaluer le commerce de Tombouktou ; ce qu'il y a de cer- » tam c'est qu'il enrichit les Maures et satisfait l'avidité des Touareg. Notre Consul » à Mogador estime à 600,(KX) ou 700^0(K) francs^ une seule caravane venant de » cette ville. On conviendra que si nous enlevions au Maroc^ ou plutôt aux Anglais^ » le monopole des plumes d'autruches^ de l'ivoire, de l'or^ des peaux de luxe, » marchandises peu encombrantes, susceptibles de supporter des frais de transport » assez considérables, nous aurions déjà obtenu un résultat rémunérateur ; mais ce » ne sont pas les seuls produits susceptibles d'être exploités. Au premier rang nous » plaçons les gommes du pays de Tombouktou, qui ne vont pas à nos escales de » Bakel et de Médine ; mais bien au Maroc où les Anglais les achètent. J'ai môme » lieu de croire qu'une certaine quantité ne trouve pas de débouché ! A côté de la » gomme on peut citer le caoutchouc, l'indigo, le coton, la laine, les peaux corn- » munes etle Karité. » Ibidem, p. 345 et 346.

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SECTION DE TIMISSAOU A BOURROUM 193

mètres de large, entre des rives élevées qui serviraient facilement d'assiettes aux culées d'un pont, sur lequel le chemin de fer pourrait franchir le Niger pour pénétrer plus avant dans le Soudan occidental.

Je puis donc répéter, sans être taxé d'exagération, que le jour où le premier train transsaharien s'arrêtera sur le Niger, le Sahara central et le Soudan occidental seront bien près d'être définitivement soumis. Pour compléter la grande œuvre civilisatrice de la France, il n'y aura qu'à construire la branche du Tchad.

Résumé du parcours de Ksar-lr'achar à Bourroum

Ksar-Ir'achar — Tellabit 16 kilom.

Tellabit — Tilimsi 34 ~

Tilimsi — In-Assassar 35 —

In-Assassar — Oued-Oaerladja 50 —

Oued-Ouertadja — Bourroum 176 —

Total du parcours 31 1 kilom.

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