‹ De Paris au SoudanChapitre 87 sur 112 · SECTION - DE IN-AZAOUA A TIN-TELLOUST, 300 KILOM · texte numérisé non relu

SECTION - DE IN-AZAOUA A TIN-TELLOUST, 300 KILOM

Cette section se divise elle-même en trois parties :

1" Partie. — De In-Azaoua a Tar'azit 135 kilom.

2« — — De Tar'azit a Tidik 90 —

3« — — De Tidik a Tin-Telloust 75 —

Longueur totale de la 2** Section 300 kilom.

En s'éloignant au Sud de In-Azaoua, la voie ferrée quitte le Grand Désert pour pénétrer dans le Soudan par le pays d'Aïr. Elle gagne les montagnes d'Asben, sur le versant occidental desquelles elle s'appuie d*abord. Elle s'élève ensuite jusqu'au passage de Tin-Telloust^ pour traverser le massif, prendre en flanc le versant oriental et se diriger après, vers le lac Tchad.

A la sortie du Tanezrouft, le désert proprement dit est fini. Ce n'est pas encore le Soudan, mais c'est déjà un pays où, en avançant vers le midi, on admire une végétation de plus en plus belle. Les sables et les

Elateaux desséchés sont plus rares et moins étendus. Ils font place à de elles montagnes assez souvent arrosées par les pluies et séparées par de larges vallées remplies d'arbres, de pâturages et de fleurs.

Les points d'eau deviennent fréquents, les villages et les petites villes reparaissent. D'immenses forêts de gommiers s'étendent dans les plaines ou sur le versant des collines : on y peut voir ensemble l'acacia arabica, le cavenia et l'albida. Le palmier d'Egypte (crucifera thebaica) et le dattier (phœnix dactylifera) se rencontrent à côté du capparis sodata, de Tasclepias gigantea, du tamarix articulata, du salvadora persica, etc.^ etc. Les broussailles sont épaisses et verdoyantes. L'atriplex halicum, le calotropis procera, Tartemisia herba alba, etc., tapissent les coteaux et les plaines. Les troupeaux trouvent sans peine de gras pâturages dans ce pays d'Aïr que Bartn comparait à la Suisse.

Les Touareg au'on rencontre sur la route sont : les Kel Fadaï ou Ifadïen ; les Kel-Mesroua ou Imesrouden ; les Kel-In-Feraouen et leurs serfs, les Kel-Tideli ; les Kel-Ikazkazen ; les Kel-Takedda. Dans la contrée, les trois principales confédérations sont les Ilissan, les Kel-R'eres (Gheres) et les Kel-Oui. Ces derniers sont les maîtres du pays et dominent à Agadès.

Quand le chemin de fer atteindra Tin-Telloust, un important trafic s'établira entre le Nord et le pays d'Aïr qui est riche et peuplé.

r* Partie. — De In-Azaooa a Tar'azit, 135 mlom.

Traversant dans une direction Sud-Est, TOuadi-Tafassasset, laissant In-Azaoua en arrière et Assiou à gauche, la ligne s'élèvera tout doucement sur le plateau de Tahassassa et sur une plaine aride et sablonneuse qui lui fait suite. Contournant alors une ligne de hauteurs et se redressant vers le S.-S.-E., elle atteindra, par une pente légère, sur des terrains schisteux, argileux, crevassés et souvent recouverts d'une mince couche de sable, un plateau supérieur sur lequel la pente devient insensible. Le terrain y est rocailleux, recouvert d'abord de gravier, ensuite de débris de schiste ; puis il se creuse légèrement pour former la vallée riante et abondamment pourvue de végétation d'Ir'arr'ar-en-Fénoran dont les prairies s'étendent sur une longueur de plus de deux kilomètres et une largeur de près d'un kilomètre.

Le terrain continue à s'élever doucement. Sur la droite, à un peu plus d'un kilomètre, se trouve la chaîne de montagnes de Timazgaren, coupée de distance en distance par des ravines. Après avoir suivi le cours sinueux d'une vallée couverte de végétation, la ligne passera près de la hauteur de Makei-en-IUan (60 kilom.), qui commence une série de croupes suivant sur la gauche une direction parallèle à la route. Parmi ces hauteurs se dresse un mont élevé.

Puis le sol redevient stérile et raboteux, encombré de gravier et parfois même de rochers, jusqu'à une plaine ouverte, terminée à l'Ouest par une haute montagne. La Ligne gravira, par une pente assez faible, un nouvel échelon formé par l'éminence semi-circulaire de Tin-Dourdouren, pour gagner une nouvelle plaine, siliceuse et bordée par des lignes de rochers. Pendant 9 kilomètres, elle s'élèvera sur une pente inégale, entre des rochers latéraux se rejoignant quelquefois et formant des défilés assez étroits, pour atteindre le faîte au milieu de grandes collines. A gauche, un beau groupe de montagnes. Franchissant alors plusieurs petites vallées, la route débouche dans celle plus importante de Djinninaou (55 kilom.), où, d'après Barth, l'eau est bonne et abondante. La végétation y est splendide et les aborak (balanites) forment de nombreux bouquets d'arbres.

De ce point, la ligne remontera la vallée qui se divise en

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