SECTION DE IN-AZAOUA A TIN-TELL0U8T
trois branches, dont celle de l'Est est la plus belle et la plus riche en végétation. La partie occidentale, nommée Tyout ou Tiout, est ornée de grands arbres et de verdure. La route suit l'embranchement du milieu jusqu'à un endroit agréable et pittoresque où se trouve un petit réservoir naturel d'eau
f)otable, avec une belle végétation dans laquelle dominent es gommiers et les balanites.
Traversant le lit du torrent, la route suit un défilé étroit et montant où coule un ruisseau, dont les bords sont couverts d'un épais tapis de çazon vert foncé, émaillé de jolis petits mimosas. A la sortie du défilé, se trouve un terrain élevé d'où l'on aperçoit tout le paysage environnant. Dans le lointain, se dressent quatre chaînes de montagnes considérables. La ligne contmue à travers des coteaux et des vallons ornés de la plus brillante végétation, au milieu de hauteurs et de rochers aux formes variées.
S'élevant par des vallées et des plaines successives, la route â suivre débouche dans le vaste et bel Ir'ezar-en Ghebi où, au sein d'une luxuriante végétation, pousse l'abisga (capparis sodata) produisant des baies fort agréables à manger. Une petite ouverture latérale conduit dans la vallée de Tar'ajdt (20 kilom.) nommée par Barth, Tarhadjet.
Résumé du parcours de In-Azaoua à Tar'azit
In-Azaoua — Maket-en-Iklan 60 kilom.
Maket en Iklan — Djinninaou 55 —
Djinninaou — Tar'azit. . 20 —
Parcours total 135 kilom.
2* Partie. — De Tar'azit a Tidik, 90 kilom.
Quoique le voisinage du Sahara se fasse encore sentir, la végétation a déjà pris toute sa puissance à Tar'azit, campement habituel des Touareg Ifadïen ou Kel-Fadaï. On peut y trouver de l'eau et on y voit de superbes gommiers talha (acacia gummifera). En quittant cette dépression, la route s'élève par un sol rocailleux, sur un plateau traversé
Wfi LA BRANCHE DU TCHAD
par plusieurs petites vallées tapissées d'une herbe courte, pour arriver â Imanan (44 kilom.). Cette vallée, pourvue d'eau, s'étend au pied méridional d'une petite éminence de rochers. On y voit des gommiers énormes.
Après une autre jolie vallée, la ligne peut s'asseoir sur un sol bas, entrecoupé de pics granitiques, pour arriver au sommet d'une longue montée. De là, on a une vue magnifique sur le massif imposant de l'Asben, au-dessus duquel émerge, en plein ciel, la cime superbe du Tin-Guik ou Timgué, haute de 1.830 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Franchissant une nouvelle zone aride et déserte, parcourue par les autruches, la route traverse une vallée riche en herbages, puis un peu plus d'un kilomètre de terrain inégal où op voit des gneiss et du beau marbre blanc à grain dur. Les hauteurs se rapprochent à droite et à gauche ; l'on voit à droite le rocher d'Itsa avec sa crête dentelée. Le ligne, suivant alors le pied des premiers contreforts du massif du Timgué, entre dans la vallée de Tidik (46 kilom.), au commencement des grandes montagnes.
Résumé du parcours de Tar'azil à Tidik
Tar'azit — Imanan 44 kilom.
Imanan — Tidik 46 —
Parcoure total 90 kilom.
3® Partie. — De Tidik a Tin-Telloost, 75 iolom.
Le campement des Touareg de Tidik est ù TEst, un peu plus haut sur cette belle vallée, où il y a de l'eau et qui est peuplée de beaux et ji:rauds gommiers talha (acacia gummifera), réunis par i\cs guirlandes d'orchidées et formant un admirable fouillis de verdure. Pour continuer sa route, la voie ferrée va traverser le pays d'Air en suivant le flanc Ouest du massif septentrional de l'Asben. En effet la plaine se rétrécit phis loin, les assises de la grande montagne se rapprochent et ne laissent qu'un étroit passage qui est la
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véritable porte du Soudan. Dépassant rapidement le basfond aride et étranglé de Taroï, la ligne pénètre dans un site pittoresque, avec les montagnes à gauche. Ce massif très élevé barre l'Est jusqu'à Tin-Telloust. Treize kilomètres avant d'arriver à Silounet, la route, qui est alors à 418 mètres au-dessus du niveau de la mer, parcourt une large vallée tapissée ne verdure. A gauche, le pic de Timgué.
Siloufiet (16 kilom.) est un village d'une centaine d'habitations, établi au milieu d'une vallée riche en eau, en arbres, en arbustes et en pâturages. On y voit les premiers palmiers d'Egypte (crucifera thebaica) et quelques dattiers dont la limite méridonale approche. Non loin de là, est un autre village nommé Ir'zer. Comme Siloufiet, il est habité par des touareg marabouts nommés Imesrouden.
Remontant cette fertile vallée, d'un aspect riant et couverte de culture, la route en sort pour traverser un terrain rocailleux et pour pénétrer dans une plaine où poussent à profusion l'abisga (capparis sodata) et le tounfafla (asclepias gigantea), ainsi que 1 elloa ou allout, crucifère aux feuiles juteuses, excellent fourrage. Après trois kilomètres en plaine, on trouve Tin-Tar'ode (Tin-Taghode) au pied du pic de ce nom.
Ce village, habité par une centaine de marabouts, est abondamment pourvu d'eau et entouré d'une fraîche verdure. La vallée est profonde et sujette aux inondations. Près de là, la vallée de Sedaout et le village du même nom habité par des Kel-Oui.
La route, laissant à gauche la vallée de Tin-Tar'ode, gagne un terrain élevé et rocailleux, traverse quelques ravins et après quelques kilomètres sur un terrain inégal, débouche sur la large et belle plaine de Fodet (28 kilom.). Elle franchit ensuite l'ouadi de ce nom et un autre, quelques kilomètres plus loin.
S'engageant alors dans la vallée d'Afis où il y a des puits et de la végétation, la ligne remonte cette vallée en ayant toujours à sa gauche, la grande chaîne du Timgué. Elle laisse, à une vingtaine de kilomètres sur la droite, le village d'Assodi, comprenant environ 200 maisons et où réside un représentant du sultan d'Agadès. Dépassant ensuite le village de Sarara ou Assarara (25 kilom.), situé entre deux groupes de montagnes, elle atteint un bas-fond de rocher et entre dans la vallée sablonneuse de Tin- Telloust. Le thalweg est dépourvu de végétation, mais les bords sont couverts de broussailles qui vont rejoindre les
grands arbres (capparis sodata et acacia gummifera) qui couvrent les contreforts des montagnes. Au Midi on voit apparaître le groupe important du Boundaï (17.
Le village de Tin-Telloust (6 kilom.) à 580 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer, est situé dans la Îjrande dépression formée par le passage de la rivière entre e massif du Timgué au Nord et celui du Boundaï au Sud. En remontant cette ouverture naturelle, on voit des mimosas gigantesques ; les oiseaux et les animaux sauvages remplissent les bois ; il y a des singes sur les roches et des autruches dans la plaine. Tout autour, dans les vallées voisines, se cachent les nombreux villages des Kel-Oui et des Kel-Gherès. C'est le pays d'Aïr beau et sain.
Résumé du parcours de Tidik à Tin-Telloust
Tidik — Silonfiet < 6 kilom.
Siloufiet— Fodet 28 —
Fodet — Assarara 25 —
Assarara — Tin-Telloust 6 —
Parcours total 75 kilom.
(1) Au lieu de s'engager dans la vallée de Tin-Tellotist, la voie ferrée pourrait peut-être continuer à longer le flanc occidental du massif de VAsben, en passant par les centres importants d'Assodi et d*Eghellal, en laissant à sa gauche le mont Boundai, le mont EgheUal et le mont Aajouri. Contournant cette dernière montagne et tournant à F Est par un col très long qui la sépare du Doguem et du Baahsen, le railway déboucherait au puits AWes, au Suu-Ouest du mont Mari quil dépasserait pour reprendre^ dans la basse vallée d'Adoral^ le tracé que je décris plus loin entre TafUieî et Barroua,
3* SECTION— DE TIN-TELLOUST A BARROUA, 700 KILOM.
La 3* section se divise en deux parties :
r* Partie — Dk Tin-Telloust a Tafidet 60 kjlom.
2« — — De Tafidet a Barroua 640 —
Longueur totale de la 3* Section 700 kjlom.
Le tracé qae je propose achève la traversée da pays montagneax d'Asben^ en continuaDt à profiter de la dépression qui se prolonge entre le Timgué et les massifs plus méridionaux du Boundaï, de l'Eghellal ou EghellouletduBaghsen, montagnes atteignant des hauteurs variant de 16 à 1,700 mètres. De cette dépression, la ligne passe dans une large plaine puis s'élève à nouveau sur le plateau très étendu d'Abardadjen et sur les plateaux qui lui font suite jusqu'à Barroua, près du lac Tchad. Ainsi complété, le réseau transsaharien aura toute Tutilité qu'on en espère, car l'Afrique équatoriale se trouvera desservie par cette tête de ligne, avec laquelle les rapports commerciaux s'établiront facilement par la navigation du lac Tchad et de ses affluents les plus considérables, le Charri et le Komadougou.
Espérons que la France agira et que le Transsaharien sera construit avant que les Anglais n'aient effectivement soumis le Bornou et que les Allemands ne nous aient fermé la route du Tchad à l'Oubanghi.
<'• Partie — De Tin-Telloost a Tafidet, 60 kilom.
De Tin-Telloust, la route à suivre remonte la vallée en s'élevant insensiblement par un terrain couvert d'herbe. Passant dans la grande plaine de Teggana, elle atteint la vallée de Tin-Teggana qu'elle suit pendant 5 ou 6 kilomètres, et qui est bornée à l'Est par une chaîne de montagnes peu élevée que domine le pic étroit, abrupt et basaltique
d'Adode (Adhadh doigt en Tamachek'). A TOuest, se profile le Boundaî et à sa base plusieurs groupes de rochers.
A partir de cette vallée, le terrain continue à s'élever ; çà et là se dressent quelques aiguilles isolées. Au Nord et au Nord-Ouest, s'étend une vaste plaine. La ligne laisse à droite la vallée affluente d'Oufayet (35 kilom.) par où débouche un torrent ombragé de superbes mimosas. Dans toute cette région, le froid se fait quelquefois vivement sentir et l'on est alors obligé de faire du feu.
Après un cpntrefort large et étalé, le sol redevient rude et rocailleux. Plus loin à droite, se dresse le pic d'Ebarassa;
Suis celui de Taledjera s'élève à 460 mètres au-dessus e la vallée. Il a la forme d'un pain de sucre ; sa base est en grès, au sommet il y a des colonnes de trachyte. Plus à l'Ouest, le massif de l'Eghelloul dont les crêtes, qui dépassent 1,600 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer, cachent un autre massif aussi élevé, le Baghsen. Dans la vallée de Tanegat^ où la voie ferrée s'engagera
{>endant un kilomètre, après avoir traversé un pays valonné, il y a de très beaux gommiers (acacia eummifera). Laissant alors sur la droite, le pic de Mari, d'une coupe pittoresque, la route fait une dizaine de kilomètres en plaine. Par un plateau semé de petites éminences granitiques, elle débouche dans la grande plaine d'Adoral (25 kilom.) qui reçoit les eaux courantes ae la rivière de ce nom. A gauche, se dressent les rebords du plateau sur lequel est établi Tafidet, croupe de trois villages, dont l'un est la résidence d'un chef religieux influent.
Résumé du parcours de Tin-Tellousl à Tafidet
Tin-Telloust — Oufayet 35 kilom.
Oufayet — Tafidet 23 —
Total du parcours 60 kilom.
2* Partie — De TAnDET a Barroua, 640 kilom.
Suivant la vallée de TAdoral, en laissant Tafidet à gauche, la route à suivre recoupe à Tasel (80 kilom. environ), le
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chemin des caravanes d'Agadès à Toasis d'Agram. La voie ferrée s'élancera ensuite sur d'immenses plateaux assez unis, mais coupés de temps en temps de vallées où Ton trouve de la végétation et de Teau, dans des puits ou dans des réservoirs naturels. Ces plateaux, encore peu connus, ont une altitude de 5 à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer (1).
On trouve un peu de culture en arrivant près de la ville de Barroua (560 kilom.) localité exposée aux attaques permanentes des Touareg et située à 8 ou 10 kilomètres au Nord du Komadougou, affluent du Tchad, qui limite le Bornou. La* population se compose de Kanembou et de quel-
Sues leddina vivant principalement de poisson du Tchad ont les basses eaux approchent encore à 3 ou 4 kilomètres. Les habitants de Barroua vendent du poisson sec aux voyageurs qui se préparent à traverser le désert pour aller à Bilma (2).
Sur les bords du Tchad, la végétation est presque partout admirable. Au milieu de fourrés impénétrables, s'étendent de vastes et verdoyantes prairies. Sur la rive pousse surtout le siouak (capparis sodata) qu'on crache pour en retirer le sel. Il y a, par endroit, des salines de ce genre particulier, alimentées par quinze ou vingt fourneaux : les nègres obtiennent le sel en lavant les cendres de Tarbre
f)réalablement brûlé. Ce sel est ensuite coulé dans des moues en terre cuite, d'où il sort sous la forme de grands prismes triangulaires, vendus très cher dans le Soudan central. Le sel ainsi obtenu a un assez mauvais goût, mais il est encore meilleur que celui que les indigènes de Kotoko, tirent de la bouse de vache (3).
Dans les bois et les prairies, paissent les antilopes, les girafes^ les rhinocéros et les éléphants. Les hippopotames et les crocodiles abondent dans le lac et dans les rivières qui s'y jettent. Barth, terminant la description de ces paysages, s'écrie : « En un mot, je voyais se dérouler à
(1) et (2) H. Barth. Voyage en Afriqiie, T. II. — Petermann. — Hermann Habenicht.
(S) H. Barth. Voyage en Afrique. T. H.