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ÀLGRR ET LE TRANSSAHARIEN

viennent rédaire à néant les beaux rêves des négociants oranais. Le tracé partant d'Oran doit forcément traverser une partie du Maroc et longer cet empire pendant des centaines de kilomètres. Il dépend donc entièrement du non vouloir du sultan marocain, bon vouloir trop souvent influencé par des menées contraires à notre politique et hostiles au développement de notre commerce national.

Ce tracé, d'ailleurs, serait perpétuellement exposé aux adressions de

f)opulations toujours en révolte contre l'autorité du sultan de Fez et sur esquelles nous n'avons par conséquent, aucune action, même diplomatiaue. Il traverserait ou borderait, en Algérie, les terres de parcours des Oulad-Sidi-Cheïkh, dont l'insolente et interminable insoumission est un affront quotidien pour la France, affront dont, au dire de gens bien informés, nous ne sommes pas près de voir le terme. Enfin, ce tracé, utile peutnêtre au commerce oranais en particulier, desservirait un département où l'élément étranger constitue déjà un danger pour la colonie française, et n'ajouterait rien à la prospérité générale de l'Algérie.

C'est le projet par Philippeville, Constantine et Biskra, qui semble aujourd'hui tenir la corde. Voyons donc pourquoi. C'est qu'on a en l'habilité d'établir^ comme axiome fondamental, gue la ligne devait passer à fiiskra. Partant de là, on a dit : « D'Alger à Biskra il y a plus loin que de Philippeville à Biskra, c'est donc ce dernier tracé qu'il faut adopter. »

Le malheur est qu'on ne donne qu'un seul bon argument en faveur de Biskra : la fertilité du Sud de la province de Constantine. Mais cela ne démontre qu'une chose, l'utilité d'une ligne ferrée de Constantine à Biskra, qui n'a rien avoir avec le tracé général du Transsaharien. On brode cette argumentation d'un dénigrement à fond du Sud de la province d'Alger, qui cependant possède le M'zab, véritable centre commercial du Sahara algérien.

Nous ne voulons pas discuter la richesse de la province de Constantine ; elle est fertile, bien peuplée, grande (peut-être ciémesurément). Elle est la plus favorisée sous le rapport des voies ferrées^ dont le réseau s'avance déjà fort loin dans ses terres. Le prolonger Jusqu'à Biskra serait chose facile. De là, à le pousser à travers les sables jusqu'au pays des Touareg, il n'y a qu'un pas pour une imagination un peu enthousiaste. Mais quant à aller plus loin, quant à poursuivre jusqu'au Soudan I... Les promoteurs du projet seraient eux-mêmes fort embarrassés si on leur demandait comment, du pays des Touareg, ils iront jusqu'au coude du Niger, à travers un pays inexploré et sans eau. C'est dans le seul but de faire ressortir les avantages de Constantine et de Biskra que ce tracé a été proposé, quitte à lui substituer ensuite celui par le Touat, seul praticable, une fois la victoire acquise au département de l'Est.

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