‹ De Paris au TibetChapitre 2 sur 53 · Aujourd’hui vice-amiral · texte numérisé non relu

Aujourd’hui vice-amiral

SUR FRANCIS GARNIER

esprit d’organisation, son patriotisme, et, à la suite d’une action d’éclat, lors du bombardement du fort de Yanves, fut proposé par l’amiral pour le grade de capitaine de frégate. Mais une lettre, aussi généreuse qu’imprudente, dans laquelle il protestait contre une capitulation qui livrait <c intacts » à l’ennemi nos forts et notre matériel de guerre, fit rayer son nom de la liste des officiers proposés. Les gardes nationaux de son secteur le.portèrent candidat à l’Assemblée nationale, et, aux élections du 8 février 1871, il réunit, sans être élu, 27 362 voix. Rentré au dépôt des cartes et plans, établissement scientifique auquel il avait été attaché lors de son retour en France, et d’où les nécessités de la défense Lavaient fait sortir, Francis Garnier se remit avec acharnement à ses travaux géographiques. Ce fut à cette époque qu’il plaida la cause de l’exploration du Tong-King : « C’est surtout à l’heure où il im- » porte à la France de se créer des ressources nou- » velles, disait-il, qu’il est opportun d’utiliser celles » que la voie du Song-Coï offre à notre commerce » extérieur. » Il traita alors, dans le Bulletin de la Société de Géographie , la question des Nouvelles routes de commerce avec la Chine (février 1872),

NOTICE

démontrant que la route commerciale courte et facile entre la mer et les provinces de la Chine méridionale, celle qui supprime la voie longue, difficile et coûteuse du fleuve Bleu, la.route française par excellence, en un mot, était le fleuve du Tong- King. Pendant que M. Dupuis tentait le passage, Francis Garnier, proposa et lit décider qu’une exploration scientifique aurait lieu sous la direction d un membre de la mission du Mé-Kong l .

A ce moment il travaillait surtout à la grande publication officielle dont le ministère lui avait conüé la direction et dont il était le principal rédacteur.

Cet ouvrage considérable, édité avec un grand luxe par la maison Hachette, comprend plus de 1000 pages in-A°, un atlas et un album très impor-

1. « M. Francis Garnier nous a quittés pour entreprendre un voyage en Chine et tenter même de compléter l’œuvre de la commission du Cambodge. Avant de partir il a plaidé devant vous, avec autant de chaleur que d’autorité, la cause d’une exploration du Tong-King. » (Rapport de M. Maunoir, secrétaire général de la Société de Géographie, 1872, p. 53.)

Des subventions considérables furent accordées; 6000 francs lurent votés par la Société de Géographie, sur la proposition de Francis Garnier; 30 000 francs alloués par le gouvernement de la Cochinchine et 20 000 francs par le ministère de l’instruction publique sur les instantes démarches de Francis Garnier, dont M. Eugène Manuel, alors chef du cabinet de M. J. Simon, était l’ami particulier. Mais les événements qui suivirent firent avorter ce projet et les fonds servirent plus tard à l’exploration des monuments Kmers.

SUR FRANCIS GARNIER

lants; 1 il a valu à son principal auteur une grande médaille de mérite à l’Exposition universelle de Vienne, en 1873 2 . A peine était-il terminé que Francis Garnier, qui venait de poser sa candidature à l’Institut (voy. p. 67 du présent volume, en note) repartait pour la Chine. Il avait annoncé cetle nouvelle entreprise géographique dans la préface du Voyage d'exploration en Indo-Chine. Comme on le verra dans les premières pages du livre que nous publions aujourd’hui, il se proposait

Page 1