‹ De Paris au TibetChapitre 28 sur 53 · FAIT DE MAI A AOUT · texte numérisé non relu

FAIT DE MAI A AOUT

Saigon, le 8 octobre 1873.

On sait qu’Han-k’ou est le dernier port ouvert aux Européens dans la vallée du Yang-tzu, et celui où s’arrête la navigation commerciale à vapeur sur cet immense fleuve. On sait aussi qu’à 250 milles environ en amont d’Han-k’ou le fleuve s’engage dans les montagnes, son lit se resserre, ses eaux deviennent rapides, et, pendant un parcours de

1. Ce mémoire, dans lequel le lecteur retrouvera des impressions déjà notées plus haut, est le complément scientifique du récit pittoresque qui précède. 11 était accompagné d’une carte que la Société de géographie a fait graver et qu’elle a autorisé les éditeurs^ de ce livre à reproduire. On remarquera que, dans ce mémoire, l’orthographe adoptée pour les noms géographiques est l’orthographe anglaise. L’auteur explique, p. 384-, pourquoi il a cru devoir se îalliei à la méthode de M. Wade.

120 milles, on peut douter de la possibilité d’une circulation à vapeur. Au delà enfin, le fleuve s’épanouit dans les belles plaines du Ssù-chuân, l’une des provinces les plus riches de la Chine, et jusqu’aux frontières du Yün-nan, il n’offre plus d’obstacles sérieux à la navigation.

A diverses reprises des tentatives ont été faites pour ouvrir au commerce européen la partie supérieure de la vallée du fleuve. L’étroitesse de son lit et la violence des courants ont fait juger à des voyageurs compétents que cette zone était infranchissable pour des bateaux à vapeur. On pourrait, il est vrai, en tout état de cause, prolonger la navigation d’Han-k’ou à l’entrée des. gorges, c’est-à-dire d’Han-k’ou jusqu’à la ville d’I-chang, et le levé hydrographique de cette partie du fleuve a été exécuté avec soin en 1869 par MM. Dowson et Palmer, officiers de la marine anglaise. Mais, d’un côté, le gouvernement chinois a refusé jusqu’à présent l’ouverture d’I-chang aux Européens ; de l’autre, le fleuve décrit entre celte ville et Hank’ou des sinuosités telles, qu’il est à peu près abandonné par le batelage indigène, et que tous les transports commerciaux se font par la voie des lacs, sorte de route canalisée qui passe au nord du fleuve et réunit assez directement Han-k’ou à Sha-shih, ville située à 60 milles en aval d’Ichang.

Page 1