En chinois, Fong-shu {Acer pseuclo-platanus
Lac Tung-ting. — Scène de pêche.
lions de thé sont les traits principaux de la végétation de cette région. La plus grande partie en est inondée pendant les mois de juillet et août. En approchant de Long-yang, première ville importante que l’on rencontre sur les bords du fleuve, on constate de grands efforts faits pour arrêter l’inondation : les berges sont revêtues d’une espèce de bétonnage très solide et très dur, qui en empêche l’éboulement et en favorise l’élévation. A peu de distance de Changte, le terrain s’élève et s’ondule : on est sorti du delta du fleuve, dont toutes les eaux sont réunies maintenant dans un bras unique.
Je ne dirai rien de cette dernière ville, si ce n’est que c’est un chef-lieu de département dont l’étendue et le commerce sont considérables. Je m’abstins de la visiter, ayant promis, à mon départ, aux autorités chinoises du Hu-pe de ne pas me montrer dans les grands centres de population; elles redoutaient d’autant plus pour moi la curiosité de la foule dans une contrée où les Européens ne sont encore connus que de nom, que toute police est impuissante à la contenir dans une grande ville chinoise. La barque qui m’avait amené jusque-là était trop grande pour franchir les rapides que je n’allais pas tarder à rencontrer, j’en louai une plus petite et je continuai à remonter ie Yuen-kiang.
Les rives offrent toujours le 'plus riant aspect. Cette partie du Hu-nan a un cachet de prospérité qu’elle doit à la tranquillité dont elle jouit depuis plus de dix-huit ans. Les rebelles ont occupé un instant Chang-te, la quatrième année de Hsien-fong (1855), mais ils n’ont pu pénétrer plus avant et ont dû presque aussitôt revenir sur leurs pas. On n’est que trop habitué, en Chine, à rencontrer des ruines. Ici, quais, ponts en pierre, pagodes, tout est neuf ou admirablement entretenu. Une route excellente suit la rive du fleuve. De grands arbres à verdure sombre la séparent des cultures avoisinantes. Les berges, hautes de 12 à 15 mètres, s’abaissent parfois en pente douce à l’extrémité des courbes que décrit la rivière, et forment sur le bord de l’eau de vertes pelouses où paissent des chevaux, des bœufs et des buffles.
Bientôt quelques chaînes de collines se montrent sur les rives du fleuve et de vraies montagnes'surgissent à l’horizon. Des lignes de pins couronnent leur faîte. Les sommets les plus en vue sont coiffés d’un kiosque élégant ou surmontés d’une tour à cinq ou sept étages. Le lit du Yuenkiang, large jusque-là de 5 à 000 mètres, se rétrécit de moitié. La vase disparaît des bords ; des galets la remplacent. De puissantes assises de roches bordent la rive en couches régulière-
ment inclinées; quelques-unes traversent le fleuve : nous sommes arrivés aux premiers rapides. Ils commencent à peu de distance de la ville de Tao-yuen-hsien, qui doit être considérée comme le point le plus éloigné que pourrait atteindre la navigation à vapeur dans le Yuen-kiang.
Toute trace de stratification disparaît un instant des roches qui composent le squelette du paysage ; l’influence de feux souterrains se fait partout sentir. Les montagnes des rives affectent une forme conique d’une régularité merveilleuse. Dans un espace de moins d’un kilomètre carré, surgissent parfois vingt petites collines, véritables pains de sucre, dont le fleuve a rongé la base en y creusant une grotte ou une arcade naturelles. L’eau suinte partout le long des parois rocheuses et les strie de raies verticales noires et blanches. Une belle végétation, à laquelle des palmiers donnent un aspect tropical, recouvre toutes les pentes.
A deux jours en amont de Tao-yuen, le paysage devient plus sombre et plus monotone : la rivière cesse de décrire ces courbes infinies qui multipliaient les horizons et variaient les paysages. Elle se dirige à l’ouest-sud-ouest entre deux falaises régulièrement inclinées, d’une hauteur de 100 à 300 mètres. Le regard ne découvre, au delà de celle sorte de fossé, que les cimes bizarrement
découpées d’une grande chaîne, calcaire qui limite au sud la vallée du fleuve. Celui-ci s’encombre de roches. Les principaux rapides que l’on rencontre portent les noms chinois de Cheug-petan, Chin-tan, Hong-lzù-lung-tan, Chin-lan-tan. Les deux derniers sont difficiles et redoutés des bateliers. On passe, dans cet intervalle, devant les embouchures de quatre petites rivières navigables pour les petites barques. Ce sont : le Yü-wan-chi sur la rive droite, le Tung-ting-chi, le Tay-yang-chi et le Ta-yii-chi sur la rive gauche. Dans la vallée du Ta-yü-chi, sont des gisements aurifères et argentifères.
Un peu avant d’arriver à Chen-chou, les rives du fleuve s’abaissent, son cours s’incline au sud en décrivant de fortes sinuosités. Chen-chou, qui comme Chang-te est un chef-lieu de département, développe son enceinte sur un terrain fortement ondulé, au nord du confluent du Yuen-kiang et du Peï-lio. C’est là que je quittai la première de ces deux rivières pour remonter son principal affluent de gauche. Le Peï-ho vient du nord, alors que le Yuen-kiang continue sa course vers le sud.
Rien de plus pittoresque que la vallée du Peïho, surtout à l’époque où je l’ai visitée. Celte rivière, beaucoup plus étroite que le Yuen-kiang, offre des paysages dont aucun détail n’échappe
ITINÉRAIRE ET DESCRIPTION DU PAYS. 305 au regard. Elle coule encaissée entre deux rangées de collines abruptes recouvertes de végétation. Suspendus à 15 ou 20 mètres au-dessus de 1 eau, deux sentiers serpentent en corniche sur les rives, et franchissent sur des arches de pierre les torrents et les ravins qui çà et là les déchirent. De nombreuses cascades tracent leurs sillons d’argent au milieu de la verdure. Au sommet des collines, les grès et les schistes calcaires qui composent le sous-sol surplombent en assises régulières et ressemblent de loin au soubassement incliné de quelque château détruit. Ces apparences de ruines sont habillées de fleurs. Des buissons d’aubépine, des touffes de glycine suspendent à leurs flancs des festons blancs et roses. Des plantes grimpantes réunissent, dans une singulière antithèse, les pins aux palmiers; des escaliers de pierre se dessinent en zigzag sur les pentes et conduisent aux quelques maisons qui se cachent dans les plis du terrain , A partir de La-cha, bourg situé au confluent d’une petite rivière qui vient du nord, le Peï-ho se transforme en un étroit fossé, dominé de tous côtés par des murailles rocheuses de 2 à 300 mètres de hauteur. Ce n’est plus qu’un torrent °ù les cimes avoisinantes ont fait pleuvoir les cailloux. Sa navigation est des plus difficiles, et, dans les nombreux rapides que l’on rencontre,
le dénivellement de l’eau atteint parfois 2 à 3 mètres. Pour faire remonter aux barques ces plans inclinés d’eau bouillonnante, il faut avoir recours aux riverains, dont la plupart vivent de l’industrie du remorquage des barques. La plus considérable de ces difficultés est le Tsi-tan, situé en amont du village de Chen-chi. Un poste de soldats est entretenu en cet endroit.
Les roches schisteuses qui endiguent la rivière sont en feuillets extrêmement minces et ont subi à différents degrés l’action de la chaleur. Leurs couches presque horizontales sont fendues verticalement en blocs presque réguliers, et les nombreuses infiltrations d’eau qui s’en échappent font apparaître sur leurs parois les colorations les plus variées. Le rouge est la couleur la plus commune, il passe au vert clair par le violet, le bleu et le gris. Des veines ou de gros rognons de quartz se rencontrent çà et là noyés dans la masse.
Au delà de Shih-yung-chi, village où le Pei-ho reçoit un affluent du nord, ses rives s’aplanissent et la navigation redevient facile. Ce n’est plus un torrent aux eaux écumantes, c’est une eau calme et profonde qui coule sans bruit entre deux falaises à pic, hautes de 20 à 30 mètres et régulières comme les berges d’un canal. Des grottes nombreuses s’ouvrent dans leurs flancs. Des cascades, parfois de véritables rivières en sortent
avec fracas. Après le confluent du Nie-cheng-ho, rivière navigable jusqu’à Yung-shun-fu, les falaises s’écroulent, la rivière s’élargit. Des bancs de sable, des îles, en parsèment le cours. Sur les pentes adoucies qui conduisent aux sommets voisins sont disséminés d’énormes blocs de rochers semblables aux débris de quelque construction pélasgique. Les marbres commencent à remplacer les schistes, et les eaux de la rivière, jusque-là jaunâtres, deviennent d’une limpidité parfaite. Elles présentent plusieurs rapides, dont les plus difficiles sont ceux de Tho-pei et de Pi-elh. Nous dépassons la ville de Pao-tsing, et sur la rive gauche de la rivière apparaissent, au delà du confluent du Rsi-cheng-ho, les sommets aigus du groupe de Pa-mien-shan, qui est le trait orographique le plus saillant de celte partie du Hu-nan. J’estime leur hauteur à environ 2000 mètres.
Le Peï-ho, dont jusqu’ici la direction générale a été l’ouest, se redresse à Shih-ti vers le nord, pour aller prendre sa source dans les montagnes du Hu-pe, à peu de distance de la ville de Lai-fong. Ln pénétrant dans le Hu-pe, il entre sous terre au village de Lan-ho, et ne reparaît que deux lieues plus loin. Il faut, par suite, transborder dans de nouvelles barques les marchandises à destination de Lai-fong. Shih-ti est la frontière du Ssù-chuân
et du Hu-nan. Il est situé- au confluent d’une rivière assez considérable à laquelle il donne son nom. Cette rivière, que je dus remonter, a environ de 30 à 40 mètres de large; elle trace d’abord péniblement son cours au milieu de hauteurs couvertes d’une végétation rabougrie et dont les pentes de marbres étagent çà et là quelques champs de maïs, quelques cultures de pavots. Plus loin, de grasses prairies s’étendent sur les rives aplanies de la rivière que bordent des buissons en fleur. Le paysage rappelle assez exactement la vallée de la Marne aux environs de Paris.
A Longt’an, petite ville où j’arrivai le 10 juin, le Shih-ti-ho, diminué là de la rivière de Hsiushan et du Yung-chi-ho, n’est plus qu’un ruisseau sur les cailloux duquel les barques se traînent avec peine. C’est là que je pris la route de terre, qui par Yu-yang devait me conduire dans le bassin opposé du YVu-kiang.
Une route étroite, pavée en gros blocs de marbre, traverse les rizières qui avoisinent Longt’an, et gravit les hauteurs qui séparent le Shi-ti-ho d’un affluent, rive droite. On découvre de là toute la vallée de Longt’an, qui est large et bien cultivée. Dans l’est, les sommets lointains du groupe de Pamien-shan dominent tout un ensemble de vallons el de petites chaînes enchevêtrés les uns
dans les autres. La ligne de faîte, que suit la route, ressemble à une immense pelote sur laquelle des aiguilles de marbre se dressent en rangées presque symétriques. Leurs têtes noires et pointues percent le sol de tous côtés, et leurs bases pyramidales ne laissent entre elles aucun espace cultivable. Des buissons de roses et de fraises sauvages croissent seuls dans cette solitude. Plus loin, la route traverse quelques vallons isolés où se trouvent des gisements de cinabre : nous arrivons au village de Fen-shuiling. Son nom seul, plateau qui divise les eaux, no eût indiqué que nous changions de bassin, si mon baromètre et le panorama remarquable quj s ouvre soudain du côté de l’ouest ne m’en eussent averti déjà. La ligne de partage des eaux est là à environ 1000 mètres au-dessus du nivieau de la mer.
La ville de Yu-yang, où je séjournai trois jours, occupe le fond d’une jolie vallée qui est à •>00 mètres au-dessous du col de Fen-shui-ling. G est une cité de second ordre (chou), centre administratif de toute la contrée un peu sau- 'age qui forme la pointe sud-est du Ssù-chuân, et ( l lu confine à la fois aux provinces du llu-pe, du Ilu-nan et du Kuei-chou. La petite rivière qui traverse Yu-yang sort d’une grotte à une lieue au nord île la ville et se perd à une lieue au sud. Après un
parcours soulerrain de treize lieues environ, elle reparaît à Shén-pa-tan et va joindre le Wu-kiang à Ile-ta-pao. Ces singuliers accidents, si fréquents dans les formations calcaires, se multiplient d’une façon étonnante entre Yu-yang et Kun-tan, port situé sur le Wu-kiang, où je devais continuer mon voyage en barque. On pèut dire sans exagération que la partie souterraine du réseau lluvial de la contrée est aussi considérable que la partie à ciel ouvert. Il est à peu près impossible de démêler la direction des versants et la distribution des eaux. Il n’y a, à proprement parler, ni vallées, ni chaînes de montagnes. On chemine au milieu d’une série de mamelons jetés sans ordre sur un sol présentant des dépressions profondes; ils offrent parfois assez de régularité pour que l’on puisse se croire dans un vallon. Soudain un bruil sourd se fait entendre, c’est une rivière qui s’échappe d’une grotte à ma droite, traverse le vallon devant moi, et va se perdre dans une autre grotte que j’aperçois à 200 mètres a ma gauche. Où va cette rivière ? d’où vient-elle? Les gens du pays l’ignorent. Un peu plus loin, je suis le cours d’un ruisseau qui, grossi de tous les affluents que lui jettent les montagnes voisines, devient peu à peu une rivière. La vallée où elle coule est, cette fois, nettement dessinée. Tout à coup, une cascade haute d’une vingtaine de mètres ferme l’horizon
devant moi ; ses eaux se mélangent à celles de la rivière et elles s’engouffrent ensemble dans un précipice d’une profondeur insondable. Ailleurs, la route débouche en corniche sur les lianes d’une sorte de cirque très profond, que dominent de toutes parts des collines aux formes aiguës. Des rizières s’étagent sur leurs pentes jusqu’au fond du cirque, où une rizière centrale, parfaitement circulaire, reçoit les eaux de toutes les autres. De nombreuses cascades tombent du sommet des collines dans ce bassin naturel. Que devient cette masse d’eau? Sur l’un des côtés de la rivière centrale est un bouquet d’arbres qui masque l’entrée d’une grotte. C’est par là que ces eaux qui ont jailli au faîte des montagnes rentrent avec un bruit sourd dans les entrailles de la terre. Ces paysages bizarres sont décorés d’une végétation magnifique. Des lianes en fleur ornent l’entrée de ces grottes et enguirlandent leurs stalactites. Le Chinois, qui est un habile paysagiste, sait ajouter à propos une pagode, un autel, une statue de Bouddha au point culminant du tableau. Cette Suisse en miniature ne peut manquer d’attirer plus tard la visite de nombreux touristes.
Entre Yu-yang et Kun-tan, les schistes occupent en général le fond des vallées. Ils sont disloqués et traversés par les marbres qui forment toutes les crêtes. En se rapprochant de Kun-tan, quelques montagnes deviennent schisteuses : leurs formes
arrondies, leurs pentes couvertes de cultures, les l'ont reconnaître facilement au milieu des pentes et des pics calcaires, aux parois abruptes et blanchâtres, aux cimes couronnées de grands arbres. Quelques schistes présentent toutes les apparences de l’ardoise et les marbres voisins offrent la même coloration bitumineuse. 11 y a aussi de très belles brèches, rouges, blanches et noires. Les routes en sont pavées; polies parla circulation et lavées par les pluies, elles dessinent sur les coteaux comme une sorte de mosaïque. Dans les vallées, les rivières sont souvent endiguées par des chaussées dont les parois sont formées de blocs de marbre dont l’intérieur est rempli de schiste concassé, qui finit par devenir une masse d’argile imperméable. Le sommet de ces chaussées sert de route ; elles n’ont guère que deux mètres d’élévation.
Kun-tan, où j’arrivai le 16 juin, est situé au confluent du Nan-ki-ho, rivière importante qui vient du Han-fong, chef-lieu d’arrondissement du llu-pe, et du Wu-kiang, fleuve qui prend sa source dans les montagnes du Kuei-chou, et passe à Ivueiyang, capitale de cette province. Les Chinois n’ont guère l’habitude de conserver à un fleuve la même dénomination sur tout son parcours. Il prend successivement le nom de toutes les localités un peu importantes qu’il traverse, et cet usage ne laisse pas que de déconcerter les voyageurs qui veulent
se former une idée du système hydrographique du pays. Depuis Kun-tan jusqu’à Fu-chou, leWu-kiang n’est connu des indigènes que sous le nom deKuntan-ho. Kun-tan est le centre d’un commerce important. Comme son nom l’indique, cette ville est construite auprès d’un rapide qui estassez dangereux pour obliger à couper en deux tronçons la navigation du lleuve. Les barques venant de Kuei-yang doivent transborder leur chargement sur d’autres barques qui desservent la partie d’aval. Ces barques ont une forme très curieuse, dont je n’avais encore rencontré l’analogue nulle part. Que l’on suppose un demi-cylindre dont la partie plane serait destinée à être le pont ; que l’on torde légèrement ce demi-cylindre de façon que chaque génératrice devienne une fraction d’hélice, et l’on aura une idée générale de ce genre de construction. Il en résulte que le pont, au lieu d’être horizontal, est incliné derrière, de bâbord à tribord, et devant en sens inverse. La barque se meut ainsi dans l’eau comme une sorte de vis, et ses bordages curvilignes s’adaptent mieux sans doute, dans les passages difficiles, aux filets d’eau tordus par la violence du courant. Il y a en effet, surtout pendant l’hiver, des rapides dangereux entre Kun-tan et Fu-chou. Le plus redouté est celui de Yant-ko-chi, où les naufrages sont fréquents. Au moment de mon passage, les eaux avaient déjà monté à 4 ou 5 mètres, et il n’y avait
plus de danger nulle part. Un courant de 7 milles à l’heure me fit franchir en une après-midi la distance de Kun-tan à Peng-shui, chef-lieu d’arrondissement dépendant de Yu-yang. Dans ce trajet, de hautes murailles calcaires, toutes perforées de grottes et sillonnées de cascades, endiguent le fleuve, qui est aussi considérable que le Yuen-kiang. La rive gauche appartient au Kuei-chou jusqu’à Wangchia-tu, port situé à 30 lieues en aval de Kun-tan. Jusqu’à Peng-shui, le fleuve ne reçoit qu’un affluent important, le Hong-tu, qui vient de Kuei-chou.
Peng-shui est sur la rive droite du Wu-kiang, au confluant du Li-chuân-ho; cette ville était construite jadis sur la rive opposée, où des fouilles viennent de faire découvrir des pierres tumulaires remontant à la dynastie des Tang.
Au delà de Peng-shui, le Wu-kiang reçoit encore un grand affluent, rive gauche, le Ta-chi-ho qui vient de Nan-chuan. Le Wu-kiang traverse là des gisements houillers en exploitation; à 15 milles environ de Fu-chou, son courant se ralentit, ses rives s’aplanissent, son lit s’élargit. Fu-chou est sur la rive gauche dans l’angle formé par la rivière et le grand fleuve. C’était autrefois, comme son nom l’indique, une ville de second ordre; mais depuis quelques années le titre de son mandarin a été abaissé au troisième ordre; elle n’est plus régie que par un Che-hsien.
A Fu-chou on est à cinq ou six jours de Chung-king en remontant le iïeuve. Nous rentrons ici dans la partie de la vallée du Yang-tzù, déjà décrite par les voyageurs européens. Je n’en parlerai plus tard qu’au point de vue de la navigation, et je vais résumer les principaux renseignements que j’ai pu recueillir sur la région moins connue au milieu de laquelle le lecteur vient de parcourir plus de 500 milles géographiques.