POPULATION, MOEURS
Si la population riveraine du lac Tung-ting est grossière et malveillante pour les Européens, à l’intérieur du pays, la population agricole est timide et hospitalière. Dans ce coin perdu de la Chine qui confine à quatre provinces à la fois, et dont la configuration orographique se prête à toutes les entreprises comme elle déjoue toute surveillauce, on doit s’attendre à trouver un grand nombre de réfugiés ou de voleurs qui profitent de la proximité des diverses frontières pour échapper aux poursuites.
La propriété, est là, moins divisée que dans le reste de la Chine, ctl’on retrouve, non sans surprise, un reste d’organisation féodale. Il n’est pas rare de voir des familles possédant une grande fortune territoriale entretenir à leur solde un certain nombre de gens sans aveu, et s’en servir pour résister à l’autorité des mandarins ou pour lutter contre une famille rivale. C’est à la suite d’une querelle de ce genre qu’a eu lieu, entre les chrétiens indigènes et les habitants du pays soulevés par un nommé Ghang, une véritable guerre qui a duré plusieurs années (1865-1868). Deux prêtres français, les pères Mabileau et Rigault, et un grand nombre de chrétiens y ont perdu la vie et leurs habitations ont été détruites. D’un autre côté, des chrétiens dirigés par uu P r être énergique, et forts de l’assentiment des autorités chinoises de la province, se sont retranohés dans une petite citadelle à Ho-shih-ya, où ils
ont résisté pendant plusieurs mois aux attaques et ont infligé à plusieurs reprises de grandes pertes à leurs adversaires. Le voyage de M. Blancheton avait eu pour but l’enquête rendue nécessaire par ces évènements. On peut estimer à 7 ou 8000 le nombre des chrétiens disséminés dans toute cette région.
Dans le territoire du Yu-yang, comme dans tout le reste de Ssù-chuân, il n’v a pas à proprement parler d’agglomération de maisons formant des villages. La population est distribuée dans des fermes isolées placées au centre des terrains qu’elles exploitent. De distance en distance sont des marchés où se tiennent périodiquement des espèces de foire et dont la population fixe ne se compose que d’aubergistes et de petits marchands. C’est là que tous les cinq jours, en général, affluent tous les agriculteurs des environs. Ils viennent vendre leurs récoltes et s’approvisionner d’étoffes, d’articles de mercerie, d’objets d’importation. L’entrée des marchés est sujette à un droit.
Grâce à l’abondance des matériaux de construction, les maisons de cette partie de la Chine ont un cachet remarquable de propreté, de solidité et d’élégance, les habitations des rives du Pei-ho ressemblent à des chalets suisses ; elles sont en bois et reposent sur un soubassement en pierre. Elles ont presque toutes un premier élage que la déclivité