‹ De Paris au TibetChapitre 33 sur 53 · POPULATIONS, MOEURS · texte numérisé non relu

POPULATIONS, MOEURS

du terrain rend nécessaire et que complète une vérandah.

Dans les villes, les habitations sont également en bois, mais chacune est séparée de sa voisine par une enceinte rectangulaire en briques ou en pierres qui empêche les incendies de se propager.

Dans le pays de Yu-yang et sur les bords du Wukiang, la partie inférieure des maisons est construite en briques ou en bois. La partie supérieure est un treillis de bambous qu’on lute avec de l’argile et qu’on blanchit à la chaux. Ces surfaces blanches encadrées par les poutres de la charpente donnent le plus riant aspect aux maisons de la campagne et rappellent certaines constructions du nord de la France.

Le riz, le maïs et les patates sont la base de l’alimentation. Dans les montagnes le riz devient un objet de luxe, et il est remplacé presque exclusivement par la bouillie de maïs.

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Règne minéral. —J’ai signalé des gisements aurifères sur les bords duTa-yu-chi et à Tai-yang-chi. Il y en a d’autres près de Fen-shui-ling qui ont été abandonnés faute de moyens assez puissants pour épuiser les eaux. L’exploitation métallurgique la plus importante de la contrée est celle du cinabre, que l’on rencontre abondamment aux environs de Yu-yang. Les procédés d’extraction sont des plus rudimentaires : on creuse d’étroites galeries où un homme ne peut se glisser qu’à genoux. On en retire le minerai et on le débarrasse par un lavage des matières terreuses. Le mercure s’obtient par distillation. On raconte que sous la dynastie des Ming, une immense caverne situéeà8 kilomètres dans le nordest de Fen-shui-ling et d’où le gouvernement faisait extraire d’énormes quantités de cinabre, s’é-

boula en engloutissant plus d’un millier de travailleurs.

Sur la rive gauche du Wu-kiang, près de Wangchia-tu et de He-ta-pao sont des sources sulfureuses d’où l’on retire du soufre ; les grottes contenant du salpêtre sont communes dans toute cette région. Sur les bords du Wu-kiang, il y a de nombreux filons de houille très superficiellement exploités. Au nord-est de Peng-shui, sur les bords du Si-chuan-ho,sont des salines; à Nan-chuan il y a du fer et du charbon excellents.

Règne végétal. — Le pin constitue la plus grande richesse forestière de cette jolie contrée ; il est exploité avec une ardeur qui en fait craindre la destruetion prochaine. J’ai remarqué cependant plusieurs plantations nouvelles faites sur des pentes déjà dénudées par la hache, et celte prévoyance peu commune chez les Chinois rassure à un certain point sur l’avenir. A partir de Chang-te, de nombreux chantiers de construction de barques s’échelonnent sur les bords du Yuen-kiang. Le thuya, le noyer, l’orme, l’érable, le kin hsiang (Osbeckia sinensis), sont, après le pin, les principales essences utiles.

La vallée du Pei-ho est remarquablement riche en arbres à huile et à cire. Les principaux sont le lung-yu (.Elæocea vernicifera),\e tsi-shu (Rhus verniciferum), le chuen-lru-shu (Croton setiferum). La

première essence sert à fabriquer de l’huile ; la seconde donne, par des incisions faites au tronc, une gomme-résine qui, mélangée avec trois fois environ son poids d’huile de tung-yü, fournit une laque estimée. La troisième est très connue des Européens sous le nom d’arbre à suif ; on fabrique, avec le fruit, des chandelles qui reviennent à meilleur compte que les chandelles en graisse de bœuf ou de mouton.

Les montagnes abondent en plantes médicinales : je citerai le céleri de marais, la roquette sauvage, le ku-sen, variété de jen-sen (Ruta sylvestris), le hoang-pe(l), le hoang-lien (Melia azedaracli), dont on utilise les racines, le tsao-ko (Saponaria si nensis), dont les fruits servent de savon aux ménagères du pays ; quelques espèces particulières de fougères, un salsifis sauvage dont la graine est employée comme tonique, etc.

Dans la partie inférieure du Yuen-kiang, le riz et le thé sont les deux cultures dominantes. Plus haut, le blé, les fèves ou les haricots alternent dans le même champ avec le riz, dont il n’y a plus qu’une récolte annuelle. Dans les terrains non irrigables, le sorgho, le sarrasin et le maïs remplacent le riz. Il y a quelquefois deux récoltes de sarrasin par an dans le même champ. A Ilsin-shan, le climat permet la culture de la canne à sucre. L’indigo, qui est d’une qualité inférieure, le tabac, le pavot, dont la

culture introduite depuis peu d’années n’a pas encore pris beaucoup d’extension; l’ortie de Chine, le chanvre deFrance, complètent la liste des plantes industrielles. La patate et la pomme de terre sont abondantes et de bonne qualité. Le territoire de Kien-kiang et celui de Nan-chuan produisent un thé particulier, très estimé dans le pays, ün trouve à Chang-te des dattes excellentes ; les abricots, les prunes, les pi-pa (Eriobotrya bibas), etc., sont cultivés dans tous les jardins.

Règne animal. — On rencontre encore dans les montagnes du Yu-yang quelques chevrotins musqués ; leur capture, très rare, est une bonne fortune pour le chasseur ; d’ailleurs le gros gibier abonde : le chevreuil, le cerf, le sanglier. Ces derniers causent aux cultures les plus sérieux dommages, et quelques-uns atteignent, dit-on, le poids de 200 kilogr. Il y a des loups qui, pendant l’hiver, sont à craindre, des renards, des blaireaux, des singes et quelques panthères. Les faisans sont représentés par de nombreuses espèces. Les bords des rivières sont peuplés de martins-pêcheurs dont les plumes sont recherchées pour la parure des femmes. On y trouve aussi la grande espèce de salamandre appelée par les Chinois wa-ya-yü et dont, à la requête du P. David, j’ai essayé, mais en vain, de me procurer un specimen. Les abeilles sont nombreuses dans les forêts et la

cire constilue pour quelques localités un revenu important.

Industrie. — Aux quelques exploitations ou fabrications qui résultent de la rapide énumération ci-dessus, il faut ajouter l’industrie du potier et du vannier, très développée dans la vallée du Yuenkiang, et la préparation de l’encre de Chine ou plutôt du noir de fumée qui en constitue l’un des éléments. Kien-kiang est le centre de cette dernière fabrication ; elle consiste à recueillir sur de la porcelaine le résidu de la combustion de l’huile de tung-yu.

Comme partout en Chine, les préparations pharmaceutiques tiennent une grande place dans l’industrie locale. Parmi les curieuses recettes médicinales qu’on m’a données, je citerai la suivante employée contre l’hydropisie : on prend des racines d’un an du Crotonsetiferum, du cotonnier sauvage et du Vernicia montana; on les fait rôtir, on les pulvérise et on les fait dissoudre dans une demitasse à vin chinoise d’eau-de-vie de riz. Ce remède, qui est un violent poison, doit être pris en deux fois. Il purge et provoque des vomissements. L’huile de tung-yu est un vomitif employé conlre l’ivresse de l’opium. L’encre de Chine de Kien-kiang, délayée dans de l’eau chaude, arrête, dit-on, les vomissements de sang.

La pêche est une des occupations les plus fruc-

tueuses des riverains du'Yuen-kiang et du Peï-ho. Dans les rapides, sur les plages de galets, où l’eau peu profonde court avec rapidité, on voit d’immenses barrages en bambou construits en forme de fer à cheval, présenter leur concavité au courant. Au fond du barrage s’élève un plan incliné, large clayonnage supporté par deux rangées de pilotis, sur lequel l’eau remonte avec force et dépose les poissons qu’elle a entraînés.

L’industrie la plus considérable et en même temps la plus curieuse de toute cette région est celle qui se pratiqueàChung-kin-fu,pour l’affinage des lingots d’argent employés uniquement en Chine, comme on le sait, dans les transactions commeiv ciales. Trois ou quatre maisons ont le monopole et le secret de cette manipulation, qui, pratiquée depuis plusieurs années, s’exerce en ce moment sur une quantité quotidienne de 15 000 onces d’argent (120 000 francs environ). Le sulfate de protoxyde de fer, qui est très abondant dans la contrée et coûte à peine un sou la livre, permet la fabrication de l’acide sulfurique nécessaire à la dissolution de l’argent. L’or reste au fond des creusets de terre où s’est opérée cette derrière transformation, et le sulfate d’argent est réduit ensuite par le cuivre. On se sert en général pour cette dernière opération de feuilles de doublage de navires, achetées à Shanghaï. Le bénéfice net est de 3 ou 4 pour 100 de la

quantité d’argent mise en œuvre. Les maisons qui se livrent à cette industrie empruntent aux banques de la ville les lingots d’argent nécessaires, et les leur rendent vingt-quatre heures après, débarrassés de l’or qu’ils contenaient. Elles payent un jour d’intérêt. Un cachet spécial est frappé sur les lingots affinés afin qu’on ne les remette pas en circulation. Cette industrie donne une haute idée de la puissance commerciale du marché de Chung-kin, puisqu’elle semble indiquer une circulation annuelle de40 millions de nouveau numéraire. C’est à un missionnaire, le P. Vainçot, qu’a été due l’idée première de cette opération, qui s’est pratiquée en France sur une large échelle et avec un outillage beaucoup plus perfectionné sur les pièces de cinq francs frappées pendant la Restauration et le premier empire.

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Exportation .— Le bois de pin constitue-l’exportation principale du bassin du Yuen-kiang. C/est là que se forment ces immenses radeaux que Ton rencontre sur le Yang-tzù en allant à Han-k’ou, et dont quelques-uns descendent jusqu’à Shang-haï. Les maisons qu’ils portent les font ressembler de loin à des îles flottantès ; on les dirige à l’aide de grandes godilles placées à l’avant et à l’arrière. On est obligé de mouiller quand le vent contraire devient assez fort pourcontre-balancer l’influence du courant, qui est leur seul moyen de locomotion. En certaines saisons, ces radeaux mettent une quinzaine de jours à traverser le lacTung-ting.

Longt’an et Lai-fong sont les principaux entrepôts des produits du bassin supérieur du Yuenkiang. On expédie de là vers Chang-te du cinabre,

de l’indigo, des matières médicinales, de l’huile de tung-yu. Ce dernier article tient, après le pin, la plus grande place dans l’exportation locale. A Kuntan, entrepôt correspondant de la vallée du Wukiang, le commerce s’alimente à peu près des mêmes produits; les bois de construction y jouent un rôle moins important. Quand la récolte est abondante, on exporte, le riz de la contrée à Fuchou et à Chung-kin.

Importation. — Dès qu’on entre dans le Ilu-nan, on constate un courant d’importation qui ne manque ni d’intérêt, ni d’importance. Dirigé par des négociants du Kiang-si et du Huang-tung, il vient de Canton par le Ilsiang-kiang, et approvisionne le Hu-pe, l’ouest du Hu-nan, et le Ssùchuàn, des cotonnades, des objets de mercerie et de quincaillerie européenne, devenus d’une consommation courante dans la Chine centrale. Le coton brut arrive aussi par cette voie en quantités énormes. Transporté en barques jusqu’à Longt’an, Laï-fong etHsin-shan, il est. réparti de là, à dos d’homme, dans les montagnes du Ssù-chuân et du Kuei-chou. C’est, en grande partie, aux exigences un peu arbitraires auxquelles le commerce est soumis, qu’il faut attribuer la fréquentation de la route plus pénible que suivent les marchandises de Canton et la concurrence avantageuse qu’elles font à celles de Shang-haï et d’IIan-k’ou.

COMMERCE

Pour un simple voyageur, le trajet. d’Han-k’ou à

Marchands de thé.

Chung-kin par le Yuen-kiang et le Peï-lio est plus

rapide que l’ascension du grand fleuve entre les mêmes points. A l’époque de l’inondation on peut gagner dix à quinze jours en prenant la première de ces deux routes. Pour les marchandises, les fréquents changements de moyens de transport et la nécessité d’entrepôts intermédiaires sont des inconvénients que le bas prix des salaires, dans la région de Yuyang, atténue en partie. Enfin, les accidents qui se produisent sur le grand fleuve, la nature des importations que l’eau peut avarier d’une façon irréparable, font comprendre l’importance prise ou plutôt conservée par la roule commerciale qui, partant de Canton, aboutit à Chung-kin. Il ne faut pas oublier, en effet, que Canton a eu pendant trois siècles le monopole exclusif des relations commerciales avec l’Europe, et c’est de cette époque que datent les courants d’affaires qui de cette ville rayonnent à l’intérieur.

Sur quelques balles de coton brut j’ai reconnu des noms de maisons cochinchinoises; c’étaient probablement des cotons du Cambodge, expédiés dé Saigon à Canton.

Il vient également à Chung-kin, .par la même voie, divers articles et instruments d’horlogerie fabriqués à Canton, et un peu de café, dont les Chinois se servent comme de remède.

Je n’entrerai pas dans de plus longs détails sur le commerce de Chung-kin, qui est peut-être le

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marché le plus considérable de toute la Chine occidentale. Il a été étudié avec un soin tout spécial par les délégués de la Chambre de commerce de Shanghaï, et je ne puis que. renvoyer au rapport instruclil publié à la suite de leur voyage dans le Ssùchuân en 1869. Je me contenterai de signaler 1 intérêt que les négociants de Chung-kin portent aux tentatives qui se font en ce moment pour ouvrir à la Chine méridionale un débouché par le fleuve du Tong-king. Ils se sont convaincus, par un examenminutieuxdela question, que leur ville aura un avantage réel à entrer dans la nouvelle zone commerciale qu’inaugure Inféconde entreprise de M. Dupuis. Il sulfit pour cela que les embouchures du Hong-kiang (Song-coi) deviennent l’entrepôt des cotonnades, qui sont, pour ainsi dire, l’élément indispensable de toute transaction entre la Chine et l’Europe. Ce genre de marchandises est devenu d une telle nécessité, que chaque marque de fabrique anglaise ou américaine a une cote quotidienne sur le marché de Chung-kin, cote à laquelle on pcul réaliser immédiatement, avec un léger escompte, tout arrivage, quelque important qu’il soit.

Que Ton suppose que ces cotonnades, consignées habituellement par les fabricants eux-mêmes à telle ou telle maison de Shang-haï, le soient dans des conditions proportionnelles à des maisons de

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Saigon, le cabotage les transportera à moins de. frais et dans le même temps qu’à Shang-haï ; de là elles arriveront en vingt jours aux frontières du Yun-nan ; un mois après, elles seront à Chungkin 1 . Sur ce trajet, une partie aura déjà trouvé des occasions avantageuses d’échange avec les produits locaux, et créé un mouvement important dans une région restée jusqu’ici sans relations et sans débouchés. Les cotonnades venues par Shang-haï emploieront un temps au moins égal à parvenir à Chung-kin; mais elles ne seront là qu’à la limite extérieure delà zone qu’elles doivent alimenter, et elles auront subi des chances d’avaries et des exigences douanières plus grandes que celles que comportera la route du sud. L’influence française peut et doit en effet régulariser le fisc au Tong-king et faire disparaître des transactions commerciales entre l’Annam et la Chine cet arbitraire qui éloigne de la route du Yang-tzù une partie des marchandises à destination du Ssù-chuân. Enfin, toutes les denrées locales qui descendent aujourd’hui à Shang-haï pour solder l’importation européenne, auront avantage à prendre la route du sud, puisqu’elles proviennent surtout de la région comprise entre Chung-kin et le Tong-king : musc, poudre

1. Tous ces chiffres sont des maxima nécessités par l’état actuel du pays. La pacification du Tong-king, l’amélioration des routes réduiront le trajet total à une quarantaine de jours au plus.

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d’or, métaux divers, soies, lliés de Pi-elh et de la

M. Dupuis, son interprète et son soldat.

vallée du Wu-kiang, auront moins de risques à

craindre et de frais de transport à supporter en se rendant par le sud à l’encontre du courant de cotonnades que j’ai supposé établi dans cette direction, qu’en descendant à Shang-haï, point plus éloigné que Saigon du marché définitif d’écoulement, l’Europe.

En résumé, l’entreprise hardie de M. Dupuis dans la vallée du Tong-king, et mon dernier voyage à Chung-kin, me paraissent vérifier, au delà de toute espérance, les prévisions que j’émettais le premier, il y a cinq ans, sur les résultats del’ouverture du Song-coi au commerce de la Chine méridionale. Mais notre colonie de Cochinchine ne doit pas perdre de vue qu’elle ne bénéficiera de ce nouveau courant d’affaires qu’à condition de fournir au Yünnan, au Kuei-chou et au Ssù-chuân, les cotonnades et les cotons que l’on irait demander sans cela à la colonie anglaise de Hong-kong.

Je vais donner, à titre de simples renseignements, les prix de quelques denrées dans la région de Yu-yang. Je rappellerai que 1000 sapèques chinois valent en moyenne, à l’intérieur, 5 francs de notre monnaie.

Riz non décortiqué.. 1100 sapèques les 100 livres (60 kilogr.)

Riz décortiqué.. 1700 —

Soufre en petits pains 60 à 70 sapèques la livre.

Cinabre. 400 à 800 sapèques la livre, suivant la pureté.

Mercure. 1300 —

Thé commun . 50 —

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Fer. 4000 sapèques les 100 livres.

Tabac. 80 à 100 — la livre (en feuilles).

Poules. 80 — —

Cire d’abeilles. 300 — —

Mules. 20 taëls par tête (150 francs environ).

Douanes. — Il y a à Fu-chou une douane pour

les marchandises qui descendent le Wu-kiang ; il y en a une autre à Chang-te pour celles qui descendent le Yuen-kiang : les grandes douanes de province pour marchandises de toute provenance sont à Shih-li, sur la frontière du Ssù-chuân et du Ilu-nan, et à Yao-chou, sur celle du Hu-pe et du Ilu-nan. La douane de Shih-ti est très tolérante. On n’y éprouve ni les retards ni les vexations qui ont rendu célèbre la douane de Kueichou sur le grand fleuve. Il y a encore sur le même parcours quelques petites douanes locales sans importance.

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