NAVIGATION
A l’époque où j’ai redescendu le Yang-tzù, la crue annuelle était bien près d’atteindre son niveau maximum. Plusieurs îles qui n’existent pas pendant la saison d’hiver se trouvent à ce moment détachées le long des berges. L’aspect des rives, la force du courant présentent des circonstances toutes spéciales. L’appréciation que je vais donner de la navigabilité du fleuve ne peut donc s’appliquer qu’à la période de l’inondation, c’est-à-dire aux mois de juillet et d’août.
D’une façon absolue, on peut dire que le fleuve est alors navigable entre I-chang et Ghung-kin pour des navires de grande vitesse et d’évolution facile. Le tirant d’eau ne fait pas question, puisque la crue seule est de plus de 10 mètres ; il serait bon cependant que les vapeurs destinés à cette naviga-
3M Voyage dans la chine centrale.
lion n eussent pas un tirant d’eau supérieur à 4 mètres, afin de pouvoir profiter de certaines passes où le courant est plus maniable.
De Chung-kin a fou-chou, la vitesse moyenne du courant est de sept nœuds; le lleuve offre deux passages assez difficiles : l’un compris entre Lü-tzùtu et Mu-tung, il faudrait le baliser; l’autre, celui de Shang-pei-tu, où il faudrait placer à terre des marques donnant des alignements.
Aux abords de Fu-chou, le courant se ralentit sensiblement; sa vitesse moyenne entre cette ville et celle de Fong-tu n’atteint pas 5 nœuds et demi; de Fông-tu à Chung-chou elle redevient de 6 nœuds; elle tombe à 5 entre Chung-chou et Ssù-pao-chay. A partir de ce dernier point, la fleuve reste remarquablement droit au nord-nord-est jusqu’à Wanhsien; son courant atteint de nouveau 7 nœuds; il présente un passage difficile, celui de Hu-tan qu’il serait indispensable de repérer.
En aval de Wan-hsien, le fleuve, rétréci et encaissé, coule à pleins bords entre des berges nettes et à pic, en conservant la même vitesse, et l’on ne rencontre aucune difficulté sérieuse jusqu’à Kueichou-fu. La célèbre gorge que l’on traverse immédiatement après cette ville offre des remous de courant qui demanderont une certaine pratique de ce passage, sans constituer cependant un danger réel.
II en est de même de la gorge qui précède le ra-
Gorge de Kuei-chou-fu