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des travaux historiques ou philologiques à rédiger, des expériences astronomiques, physiques ou chimiques à poursuivre, y trouveraient les livres elles instruments nécessaires, se retremperaient au contact de la science européenne et s’entendraient suiles moyen's de la répandre.
Dans ces collèges, on pourrait entreprendre — et l’on serait dans des conditions excellentes poulies perfectionner, — ces traductions en chinois vulgaire et en caractères latins que nous préconisions au début de cette étude, et qui nous semblent le moyen le plus efficace de détruire l’hostile prépondérance des lettrés, en rapprochant les deux civilisations *.
Nous ne rêvons pas, on le voit, pour les Missions actuelles de l’Empire Céleste, le grand rôle politique qu’ont joué les Jésuites à l’époque de Kanghi. Il n’existait alors en Chine aucune intervention diplomatique des puissances européennes. Rien n’v éveillait les craintes ou même les susceptibilités du gouvernement national. Les Pères étaient devenus Chinois et comme naturalisés. En récompensant leurs mérites, en reconnaissant la supériorité de la science dont ils étaient les dépositaires et les vulgarisateurs, l’empereur paraissait choisir entre ses propres sujets. L’amour-propre des lettrés dé-
î. Voy. p. 381 les restrictions que nous avons faites à ce sujet.
guisait ingénieusement les emprunts faits au savoir européen. Ces emprunts n’étaient que des découvertes dues au génie de quelques-uns d’entre eux, car les Pères portaient le bouton 1 !
La pacifique influence des Jésuites eût probablement transformé sans lutte le monde oriental. Il est donc à tout jamais regrettable qu’elle ait été aveuglément détruite par le fanatisme d’un pape.
Mais si, derrière les Missions catholiques, la Chine voit toujours l’épée de la France, on ne saurait le reprocher sans injustice aux Missionnaires actuels. Proscrits à cause des fautes de la papauté, ils se sont cachés et ont lutté courageusement pour conserverie terrain fécondé par leurs prédécesseurs. Les événements ont amené la France à intervenir et à faire proclamer en Chine le principe de la liberté religieuse. Il ne faut pas le regretter ; il ne faut point surtout négliger de faire produire à ce fait toutes ses conséquences. 11 est inexact de dire, comme M. Gicquel, que les chrétiens n’ont plus aucun droit à réclamer à la Chine.
1. Aujourd’hui même encore, les principaux lettrés de la capitale ne dédaignent pas de se rendre solennellement au bel observatoire créé à Pékin par les Jésuites et de faire semblant de lire dans les astres les destinées de leur pays. Ces pitoyables astrologues sont d’ailleurs incapables de conserver en bon état les magnifiques instruments dont ils disposent, instruments qui témoignent du parti que l’on peut tirer de l’habileté industrielle des Chinois.
(A r oie de l'auteur.)
Les lois de l’empire sont ainsi faites qu’il est impossible à nos coreligionnaires d’exercer une fonction publique sans être, pour ainsi dire, obligés de renier leurs croyances. A certaines époques, en effet, les mandarins, quelle que soit leur croyance, doivent adresser aux divinités officielles de l’empire des prières pour le souverain. De pareilles obligations ne sont plus en rapport avec cette précieuse conquête de la civilisation que l’on appelle la tolérance religieuse. Un protestant accepterait-il, en Europe, de rendre un hommage public à la sainte Vierge ? Un catholique voudrait-il assister à un prêche calviniste ou luthérien? Il en résulte que les Missionnaires détournent leurs disciples des études littéraires, qui donnent entrée aux fonctions administratives, et perdent ainsi un puissant moyen d’action sur les classes dirigeantes. 11 faudrait obtenir du gouvernement chinois qu’un fonctionnaire chrétien pût accomplir dans sa propre église les cérémonies prescrites en l’honneur du chef de l’État, et déléguer un de ses subordonnés pour présider à ces cérémonies dans les temples consacrés au culte Populaire *.
Si donc nous croyons possible de tirer de la si-
T î ' r as , a été fait dans cette voie. M. le lieutenant de vaisseau aujourd’hui capitaine de vaisseau, — pendant l’intérim . » [ e > rn Plj t à Pékin en 1862, comme chargé d’affaires, obtint un etc impérial élevant le christianisme au-dessus des deux religions secondaires pratiquées en Chine, le bouddhisme et le taoïsme,
tuation actuelle tous les avantages qu’elle comporte, c’est que nous sommes loin de penser qu’il serait bon d’abandonner le protectorat des Missions. Il y aurait folie, en ce moment surtout, à remettre ce puissant moyen d’influence et de progrès entre les mains d’adversaires implacables. Croire que le gouvernement chinois respecterait l’œuvre des Missions le jour où la France cesserait d’être l’arbitre des différends que cette œuvre provoque,quelle illusion! Les événements donneront tôt ou tard un cruel démenti à la confiance des diplomates, ou des Européens au service de la Chine, qui se confient en la ferme volonté du Tsong-li-ya-men de réaliser les améliorations progressives demandées par les puissances ! La Chine, nous croyons l’avoir démontré, s’arme, mais ne se civilise pas. Elle emprunte à la science occidentale des ingénieurs pour; ses vaisseaux, des instructeurs pour ses troupes ; elle achète des canons Krupp, elle fait construire des fortifications ; elle nous demande, en un mot, tout ce qui sépare, rien de ce qui réunit les deux civilisations.
Si deux ou trois membres du conseil suprême qui régit l’empire, font montre de dispositions favo-
et le mettant de pair avec le culte officiel, celui de Confucius. Rien ne serait plus rationnel que de compléter ce décret en autorisant les mandarins chrétiens à ne point participer à des cérémonies religieuses qui blessent leurs convictions.
(Note de Vauteur.)
labiés pour les Européens, le reste repousse avec opiniâtreté toute idée de compromis. Que sont devenues les espérances de M. Gicquel au sujet de l’adoption de nos télégraphes ? Pékin a pourtant à sa disposition un système, inventé par un Français *, qui assure au gouvernement le secret de ses dépêches en lui permettant de confier la manipulation de ses appareils à des employés indigènes. Quelle objection sérieuse peut-on faire à un pareil procédé en présence des immenses avantages que le commerce retirerait de son adoption ?
En îealilé et 1 on ne saurait trop appuyer sur ce point, en présence de certaines illusions persistantes, — la Chine ne cherche qu’à échapper à l’importune pression de l’Europe, à reprendre une à une toutes les concessions du passé. Aujourd’hui ce sont les privilèges consulaires qu’elle veut restreindre, demain il s’agira de supprimer les lois particulières qui régissent les Européens! Trop vaniteux pour s’instruire, trop légers pour se souvenir, les lettrés ne pensent qu’à détruire à tout prix ces semences de civilisation et de concorde que les Missions et le commerce européen ont jetées dans le pays. La guerre d’Allemagne a fourni d’ailleurs un commode prétexte à ces gens habiles pour exploiter contre la France l’envie des autres nations.
M. Viguier, ù cette époque directeur du port de Shang-Haï.
Noire rôle en Chine, d’autant plus efficace qu’il paraît plus désintéressé, irrite nos rivaux ! Eh bien, c’est par là que l’on surprendra leur bonne foi ! Ce que poursuivait le mémorandum, ce qu’il voulait atteindre, c’était la France, parce que seule elle représentait la diffusion des idées européennes dans l’intérieur de l’empire. C’était là le véritable, l’unique but de ce pamphlet diplomatique, car au fond le gouvernement de Pékin—et nous avons expliqué pourquoi — reste parfaitement indifférent à la propagande religieuse des Missions. Ceux qui s’inspirent du document que nous venons de citer pour juger des intérêts français en Chine ouvrent la voie à l’ambition de l’Allemagne et facilitent la marche déjà'si rapide de la Russie.
Je n’ignore pas que l’on m’oppose, comme une preuve des intentions civilisatrices du gouvernement chinois, la fameuse audience récemment accordée par l’empereur aux représentants des puissances européennes *. C’est, semble-t-il, l’indice d’un cordial rapprochement et d’une entente définitive. Et cependant une pareille concession ne méritait guère les longues négociations, les sacrifices même qu’elle a coûtés. Pour l’arracher à la duplicité tartare, il a fallu qu’un envoyé japonais fit sentir jusqu’à Pékin la jeune et forte influence de son