‹ De Paris au TibetChapitre 5 sur 53 · Appréciation de M. Vivien Saint-Martin, dans le Tour du · texte numérisé non relu

Appréciation de M. Vivien Saint-Martin, dans le Tour du

Monde, 1874, p. 423. .

3. Appréciation deM. Levasseur, dans le Temps du 11 janvier 18/4.

4. Appréciation de M. Maurice Cristal, dans V Encyclopédie du dix-neuvième siècle.

NOTICE

lion de la Codiinchine (1865, broch. in-8°); Voyage en Indo-Chine (1868, broch. in-8° avec carte) ; Taly , épisode du voyage d'exploration en Indo-Chine (18§9, broch. in-8°); Voyage de Gérard van Wusthof au Laos , traduit du hollandais par M. Vœlkel (1871, broch. in-8° avec carte); Le Siège de Paris , Journal d'un officier de marine , attaché au *** secteur (1872, in-12); Les routes commerciales de la Chine (1872, broch. in-8° avec carte); Commentaire sur la Chronique royale du Cambodge , d’après la traduction de M. de Lagrée et de ses interprètes (1873, Imprimerie Nationale, in-8° avec carte ethnographique); Voyage d'exploration en Indo-Chine , 22 livraisons du Tour du Monde (pendant les années 1870 et 1871); Voyage d'exploration en Indo-Chine (publication officielle, 1873, 2 forts volumes in-4°, 1 atlas et 1 album in-folio) avec un Errata posthume (1875); cet important ouvrage a été publié avec la collaboration de MM. Delaporte, Jouben et Thorel ; Voyage dans la Chine centrale (1874, broch. in-8°, posthume, avec carte itinéraire); De Paris au Tibet (1882, in-18, posthume, avec carte itinéraire). Il a donné en outre, à la presse périodique un grand

SUR FRANCIS GARNIER

nombre d’articles sur l’économie politique, la géographie et l’histoire de l’Asie. Il faut citer notamment sa collaboration au Journal Asiatique, au Bulletin de la Société de géographie, à la Revue maritime, au Journal militaire, à la Revue scientifique et au journal le Temps.

Léon GARNIER

1 r juillet 1882.

INTRODUCTION

Le récit qui va suivre a paru en feuilleton dans le journaj le Temps , du 30 juillet 1873 au 13 mars 1874, sous ce simple titre : DE PARIS AU TIBET, notes de voyage. Il était précédé des indications géographiques et de la lettre suivante :

« Avant de commencer la publication de la première partie des curieuses notes géographiques dont nous venons d’écrire le litre, nous croyons devoir à nos lecteurs quelques renseignements préliminaires sur leur auteur et ses projets. Le Temps du 1 er janvier 1873 a donné l’analyse d’un grand ouvrage, publié sous les auspices du ministre de la marine, et renfermant la relation du Voyage d'exploration en Indo-Chine, effectué par une com-

INTRODUCTION

mission française en 1866-67 et 1868'. Notre ami et collaborateur, M. le lieutenant de vaisseau Fiancis Garnier, devenu le chef de la mission après la mort de M. le capitaine de frégate Doudart de Lagrée, avait à peine achevé cette publication considérable, dont il était à la fois le directeur et le principal rédacteur, qu’il-est reparti pour la Chine avec le dessein de pénétrer au Tibet et de tenter de résoudre la question, indécise jusqu’à ce jour, de l’origine des grands fleuves qui arrosent l’Inde, la Chine et l’Indo-Chine.

» La préface du Voyage en Indo-Chine, écrite en mer le 3 octobre dernier, se terminait ainsi : « On » s’étonnera peut-être de ne pas trouver traitées » ou tout au moins indiquées dans cet ouvrage,

» certaines questions de géographie sur lesquelles » notre itinéraire devait appeler mon attention.

» C est volontairement que j’ai omis de mentionner 8 les renseignements que j’ai recueillis sur la » partie tibétaine du cours de quelques-uns des ■» grands fleuves de l’Inde et de la Chine. Ces ren-

Hachette et C 10 . Deux forts volumes in--i° et un atlas et un album in-folio.

INTRODUCTION

» seignements ne jetaient aucune lumière sur le » problème peut-être le plus important et à coup » sûr le plus obscur de la géographie de l’Asie. Je » vais essayer, avant de les produire, de les com- » pléler sur les lieux mêmes. »

» On sait quel est l’état actuel de la question.

» L’immense plateau du Tibet, auquel l’énorme massif de l’Himalaya sert de contrefort méridional, forme, au centre de l’Asie, comme une immense terrasse, dont les bords sont dessinés sans interruption, au nord, à l’ouest et au sud, par de hautes chaînes de montagnes, mais qui va en s’abaissant vers l’est et déverse de ce côté la plus grande partie de ses eaux. L’Amour est un fleuve sibérien, mais le Peï-ho et le Hang-ho viennent du Tibet oriental. C’est surtout par l’angle sud-est que s’échappent la plupart des fleuves que le plateau alimente. Là, dans un espace de moins de soixante lieues, le Brahmapoutre, l’Iraouadv, laSalouen, le Cambodge ou Mé-Kong, le Yang-tse-Kiang, réussissent à se frayer un passage et tracent de profonds sillons

INTRODUCTION

dans le soulèvement colossal qui les avait jusque-là contenus.

» L’un de ces fleuves, le Yaro-tzang-bo, né non loin des sources de l’Indus, est à peu près connu jusqu’à la ville sainte de Lassa, capitale du Tibet, c’est-à-dire, sur un cours d’environ 100 0 kilomètres 1 . Plus loin, les géographes en sont réduits aux conjectures.

» Ce puissant fleuve tourne-t-il immédiatement au sud pour devenir le Brahmapoutre et se jeter au fond du golfe du Bengale? Continue-t-il, au contraire, sa course vers l’est, et, contournant les montagnes du Khamti, au nord du Barmah, revient-il confondre ses eaux avec celles de l’Iraouady? La critique géographique hésite encore et n’ose répondre avec précision.

» Les documents chinois utilisés par les Jésuites, à l’opinion desquels s’est rangé notre illustre d’Anville, font du Yaro-tzang-bo la tête de l’Iraouady. A celte opinion se sont aussi ralliés Dalrymple, Klap-

1. En 1872-73, un pandit indien exercé par M. le capitaine Montgomerie à l’usage des instruments d’observation, a relevé le Yaro-tzang-bo jusqu’à Lassa.

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roth, qui pour la soutenir reporta le coude du fleuve d’un degré et demi plus à l’est que ne l’avait fait d’Ànville, et plus récemment l’abbé Desgodins, l’un des trop rares missionnaires qui s’occupent de recherches scientifiques et avec lequel M. Francis Garnier est en correspondance depuis trois ans.

» L’hypothèse contraire,eellequiveutqueleYarotzang-bo aboutisse au Brahmapoutre, a été soutenue par deux savants orientalistes : M. le colonel Yule, du corps des ingénieurs anglais, et M. Yivien de Saint-Martin. D’après eux le Yaro-tzang-bo, le Djaïhong dans l’Assam et le Brahmapoutre, ne sont qu’un seul et même fleuve.

» Cette question a soulevé, dès 1820, des polémiques passionnées entre les savants anglais et les savants français. Elle semble « théoriquement » résolue en faveur de la dernière hypothèse. Toutefois la preuve directe, celle qui résulte d’une constatation de visu fait encore défaut et 1 explorateui qui réussira à l’établir rendra à la science un service de premier ordre.

INTRODUCTION

» C’est à la solution de ce problème qui esl, comme nous le disions tout à l’heure, celui même de l’origine des grands fleuves asiatiques, que veut se vouer M. Francis Garnier. La détermination du cours du Yaro-tzang-bo ne sera pas le seul but des recherches de l’éminent et hardi voyageur. Le plateau du Tibet renferme le nœud géographique du problème originel des grands fleuves de l’Asie : il est difficile d’étudier l’un de ces immenses cours d’eau sans s’occuper des autres.

» D’ailleurs l’ethnographie, la philologie, l’anthropologie, ont à recueillir au pied de l’Himalaya oriental au moins autant de richesses qu’elles en ont su découvrir sur les versants du Caucase, et les intérêts du commerce non moins que l’histoire de l’humanité, ont tout à gagner à une pareille entreprise.

» La lettre qui suit 1 achèvera d’éclairer nos lecteurs sur la pensée d’un voyageur déjà célèbre, dont nous sommes heureux d’être les

1. Lettre adressée à M. Adrien Hébrard, aujourd’hui sénateur.

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premiers à recevoir et à reproduire les communications. »

Au directeur-gérant du « Temps »

Shanghaï, 6 février 1873.

Mon cher ami,

Vous m’avez fait promettre, au moment de mon départ de France, de vous adresser quelques notes de voyage. Peutêtre ne vous parviendront-elles qu’à de longs et irréguliers intervalles; leur conclusion se fera sans doute beaucoup attendre; qui sait même si je n’écris pas ici les premiers chapitres d’un récit qui restera inachevé. Quoi qu’il en soit, je vais essayer au jour le jour, et au hasard de mes impressions, de conduire vos lecteurs dans ce monde oriental dont nous avons tenu jadis les destinées entre nos mains et où il dépend de nous de reprendre, Dieu aidant, une situation digne de la France.

Votre bien dévoué,

FRANCIS GARNIER

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