‹ De Paris aux mines d'or de l'Australie occidentaleChapitre 13 sur 34 · ET PRIVÉE · texte numérisé non relu

ET PRIVÉE

Jusqu'en 1890 la Westralie est restée la seule des colonies australiennes qui n'ait pas obtenu le droit de se gouverner elle-même et où les différents fonctionnaires ainsi que le Gouverneur aient élé nommés directement par le pouvoir central d'Angleterre. L'administration était concentrée dans les mains du Gouverneur, assisté d'un Conseil exécutif dont il était le président.

Depuis le i5 août 1890, la colonie a été autorisée ù se gouverner elle-même. Le pouvoir législatif est dévolu à un Parlement composé de deux chambres : le Conseil législatif et l'Assemblée législative.

Le pouvoir exécutif est aux mains d'un Gouverneur nommé par la Couronne et qui agit d'après l'avis d'un cabinet composé de cinq ministres responsables : le Secrétaire colonial. l'Attorney général, le Trésorier colonial, le Commissionnaire des terrains de la Couronne et le Commissionnaire des chemins de fer, Directeur des Travaux publics.

Depuis l'installation du self-gouvernement, le chef du ministère (le premier) est Sir John Forrest, R. C. M. G.; M.L.A.

Pour le Conseil législatif, la colonie est divisée en sept provinces électorales qui envoient chacune trois

membres. Pour l'Assemblée législative, il y a trentetrois circonscriptions électorales qui nomment chacune un membre. Aucun des membres du Parlement ne reçoit de traitement ni d'indemnité en raison de ses fonctions ; ils ont seulement une carte de libre circulation sur tous les chemins de fer, aussi bien sur ceux qui appartiennent à l'État que sur ceux qui sont la propriété de compagnies particulières.

Les municipalités ou villes pourvues d'un gouvernement local sont au nombre de dix-huit; ce sont : Albany, Beverley, Bunburry, Busselton, Garnavon, Coolgardie, Gossack, Gue,FreemantIe,Geraldton,Gingin, Guilford, Newcastle, Northam, Perth, Rœburn, Southern Cross et York. Il faut y ajouter Hannan ou Galgoorlie qui est devenue une localité des plus importantes dans les champs d'or du centre.

En dehors des municipalités proprement dites, il existe un grand nombre de villes, et dans tous les points où la population semble se porter pour une raison quelconque, le Gouvernement réserve toujours sur les terrains de la Gouronne l'emplacement d'une ville {township)^ exclusivement destiné aux habitations et que ne peuvent toucher sous aucun prétexte les recherches minières ou autres. Gomme ces terrains ont été délimités dès Pabord et souvent avant qu'on eût une connaissance bien exacte du pays, il est arrivé plusieurs fois que l'emplacement du township comprend des lots d'une grande valeur minière; c'est le cas, paraît-il, à Gue et à Hannan.

Toutes ces nouvelles villes sont établies suivant le système américain, c'est-à-dire que le terrain y est divisé en blocs rectangulaires, laissant entre eux de larges rues ou ^venues. Dans la majeure partie des cas, c'est le sol naturel qui constitue les chaussées. On peut penser ce

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qu'elles deviennent après des pluies un peu abondantes ou après une sénheresse prolongée. Comme c'est ce dernier état qui est la règle la plus générale, le moindre vent j- soulève des tourbillons dépoussière, le plus souvent de couleur rouge, qui pénètre partout et rend la circulation des plus pénibles. On a beau tout fermer

Une rue de Uannan.

(juand la chaleur n'est pas par trop intolérable, cette poussière est tellement ténue qu'elle entre quand même.

Les Anglais emportent généralement leurs habitudes avec eux; dans la mère patrie chacun a son habitation, aux colonies il en est de même. Dans les grandes villes comme Pertb, Freemantle ou Geraldton, ces maisons soQt pourla plupart construites en matériaux résistants, moellons, pierre de taille ou brique, là oit l'on peut s en procurer à des conditions pas trop onéreuses. Situées au milieu d'un petit terrain qui sert de cour ou

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de jardinet (on aime beaucoup les fleurs en Australie), elles n'ont le plus souvent qu'un seul étage. H y a toujours au moins sur une partie du pourtour une ou plusieurs vérandas qui défendent les pièces intérieures des rayons trop ardents du soleil et sous lesquelles on prend le frais vers la fin de la journée ou dans la soirée. C'est là que sont installés en permanence les fauteuils à bascule {rocking chairs) et les sièges de rotin ou de bambou qui constituent une bonne partie du mobilier.

Dans les rues principales où se concentre surtout le commerce, on trouve des maisons à plusieurs étages; on y trafique dans la journée, mais on n'y habite pas à proprement parler. Le soir venu, boutiques et magasins se ferment et leurs propriétaires vont retrouver leur home particulier situé souvent bien loin du centre delà ville. Dans la journée même, beaucoup de magasins sont fermés de midi à deux heures pour que patrons et employés puissent luncher à leur aise. Les Anglais et les Coloniaux sont des gens d'affaires, mais ils ont le bon esprit d'en prendre à leur aise. Quand il y a la moindre raison pour se donner un congé, personne n'y manque et tout est fermé. Pour l'étranger nouvellement arrivé et qui n'a pas encore eu le temps de faire des connaissances, ces jonrs-là sont tout simplement insupportables. Quand on a déjà vécu en pays anglais, on sait d'avance ce qu'on doit y attendre et l'on prend son mal en patience.

Les relations d'homme à homme sont généralement des plus faciles; il en est tout autrement quand il s'agit de pénétrer dans les intérieurs de famille. Si l'on n'a pas de lettres d'introduction qui vous ouvrent les portes, ou si l'on n'est pas présenté d'une manière spéciale par des amis communs, on court le risque, ici comme en Angleterre, de ne jamais savoir ce qu'est un intérieur

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