LES GH4BIPS D OR. SI'H
vronl être appropriées à la naturel des minéraux qui le contiendront.
Pour terminer ce qui regarde ces gîtes complexes, il convient d'examiner maintenant sous quelle forme Tor des dykes y a été apporté : à Fétat d'inclusions ignées ou bien de dépôt de matière entraînée par les fumerolles provenant de la profondeur ?
Pour répondre à cette question, il suffit d'étudier à quel état et sous quelle forme se trouve le métal précieux dans les divers points d'un même dyke.
Dans les zones superficielles et dans la masse constituée par les produits de décomposition, il s'y montre pour la majeure partie à l'état de poussière extrême* ment fine. On y trouve souvent des restes de cristaux de pyrites ou de mispickel, dont une portion oxydée laisse apercevoir, au milieu de produits ferrugineux, des particules d'or extrêmement ténues, tandis que l'autre partie du même cristal est restée à peu près intacte. Si l'on analyse cette seconde partie, on trouve alors qu'elle contient toujours de Tor. On constate en outre que, dans les portions du dyke qui ont été plus ou moins soustraites aux actions des agents décomposants, les pyrites et les mispickels d'abord, les tellurures ensuite, sont toujours présents et deviennent d'autant plus abondants qu'on est plus loin de la zone décomposée, jusqu'à ce que la roche prenne pour ainsi dire un régime uniforme, variable évidemment d'une région à une autre, mais sensiblement constant dans une certaine étendue de la formation. On se trouve, de la sorte, amené à envisager l'or libre comme le résultat de la décomposition des pyrites, mispickels et tellurures; et comme ces derniers, ainsi que nous venons de le voir, paraissent faire partie intégrante de la masse éruptive, on est tout naturellement conduit à
conclure en faveur de l'hypothèse de l'apport à l'état d'inclusions.
Les zones oxydées, nous l'avons dit, contiennent encore assez souvent des sulfures intacts ou incomplètement transformés^ tandis que les tellurures ne s'y rencontrent pour ainsi dire jamais ; il y a donc tout lieu de croire que ces derniers sont beaucoup plus facilement altérables, et que l'argent qu'ils renferment toujours en plus ou moins grande quantité a disparu en même temps que l'élément minéralisateur, pour ne laisser que l'élément le moins oxydable : For.
Quand cet or est à Fétat de poudre invisible à l'œil nu, il est le plus généralement terne, plus ou moins enrobé dans une mince coHche d'oxyde de fer (rusty gold, or rouillé) qui rend son amalgamation difficile. Sa ténuité lui communique aussi la fâcheuse propriété d'être très facilement entraîné par les eaux employées pour les broyages. Ces deux ordres de faits expliquent comment des minerais, donnant à l'analyse de 4 à 5 onces d'or à la tonne, n'en cèdent à peine que 2 ou 3 au mercure, le reste se retrouvant plus ou moins complètement dans les tailings.
L'or se rencontre aussi en masses spongieuses, sans éclat, assez friables, dans les géodes de la roche ou dans les vides qui moulent les emplacements antérieurement occupés par les cristaux de minerais disparus. Comme il arrive très fréquemment que ces agglomérations d'or ne sont accompagnées d'aucun résidu ferrugineux et que, de plus, elles retiennent une notable proportion d'argent, il semble qu'on doive les rapporter plus spécialement à la réduction sur place de tellurures, probablement de sylvanites.
Dans les parties décomposées des dykes qui ont subi des compressions ultérieures, cet or spongiçux de-
LES CHIMPS d'or. 223
vient compact et se présente comme de petites niasses cristallines brillantes. Beaucoup d^entre elles aflectent la forme de calottes sphériques ou de têtes de champignons. Le baron Sloet, qui a fait une étude approfondie de ces formations, estime que la rencontre de Tor sous cette forme dans les chapeaux oxydés des dykes constitue, sinon une preuve, tout au moins une présomption en faveur de l'existence de tellurures en profondeur.
On peut résumer tout ce qui précède en quelques mots : une fissure préexistante de l'écorce terrestre se trouve remplie, à un moment donné, par la montée d'un magma éruptif, à température relativement assez basse, contenant des sulfures, des tellurures et peut-être aussi de Vov natif. La venue de ce magma est accompagnée ou suivie de fumerolles qui mineralisent les fentes de la roche encaissante et, dans certains cas, les épontes. En se consolidant, ce magma se contracte, et, avant qu'il ne soit complètement refroidi, il se produit des fissures où viennent circuler des eaux thermales qui les minéralisent. Ces dernières agissent de même pour les fentes de retrait ou autres de la roche encaissante. Des mouvements orogéniques ultérieurs, probablement plusieurs fois répétés^ produisent de nouvelles fissures à la faveur desquelles des eaux minéralisatrices refroidies donnent naissance à une silicification nouvelle, en même temps que les eaux météoriques oxygénées et carbonatées, agissant concurremment avec elles, produisent la décomposition de la roche éruptive sur des étendues et à des profondeurs variables, avec disparition de certains métaux et métalloïdes, et mise en liberté partielle ou totale de l'or contenu dans les minéraux venus avec la roche elle-même.
224 CHAPITRE VIII. — LES CHAMPS D'oR.
L'hypothèse, qui a été suggérée par l'ensemble des faits que nous avons passés en revue et qui les explique d'une manière satisfaisante, est basée sur les constatations effectuées jusqu'à ce jour; rien ne dit que des découvertes nouvelles ne viendront pas obliger à la modifier dans quelques-uns de ses détails; nous pensons, néanmoins, qu'elle subsistera toujours, au moins dans ses grandes lignes.
Jusqu'à présent, on n'a pour ainsi dire exploité que les parties décomposées de ces formations complexes, et encore les profondeurs auxquelles on est parvenu ne dépassent guère 4oo pieds (environ i3o mètres). (Depuis que ceci a été écrit, les profondeurs exploitées ont augmenté notablement. Au Great Boulder, par exemple, on a atteint et dépassé 900 pieds.) Quand on aura épuisé cette masse qui est facile à extraire et à broyer, on sera fort probablement conduit à traiter à son tour la partie inaltérée du dyke; mais alors il faudra procéder d'une manière toute différente pour dégager l'or. On peut en dire autant des reefs que nous avons étudiés précédemment. Pour ceux dont on aura prouvé la permanence, il faudra s'attendre à trouver en profondeur toute autre chose que de l'or libre. Aussi estimons-nous que, dans bien des cas, on s'est peut-être trop pressé de commander un matériel d'exploitation très coûteux, qui répond à peu près aux exigences du présent, mais qui pourrait bien devenir insuffisant ou inutile dans l'avenir.
GITES DÉTRITIQUES. ALLUVIONS. PLACERS. CONGLOMÉRATS. 2^5
GITES DÉTRITIQUES. -. ALLUVIONS. ~ PUCERS.