PASSÉ, PRÉSENT ET AVENIR DES CHAMPS D'OH
rapidement et plus complètement en raison des surfaces énormes que donne son état d'extrême division, et il fournit en fin de compte un produit plus concentré en or.
La précipitation du métal précieux s'effectue dans un vase métallique, de forme tronconique, renfermant à sa partie centrale un cône de toile contenant les fumées de zinc. Le mouvement de la solution aurifère s'y effectue par ascensum. Le tout est recouvert d'une forte toile métallique qui permet de surveiller constamment l'opération, tout en s'opposant à ce qu'on puisse dérober du précipité.
Avec les méthodes ordinaires, les sclamms sont la plaie du' traitement des minerais en Weslralie encore plus qu'ailleurs. 11 n'est donc pas étonnant qu'on ait cherché à les réduire dans la mesure du possible. Dans cet ordre d'idées, nous croyons devoir signaler la batterie imaginée par l'ingénieur C.-W. Thompson et qui a été employée avec succès aux Cément Claims du Vingt-Cinquième Mille, propriété de la Venture Corporation.
M. Thompson a remarqué fort judicieusement que, dans une batterie bien réglée, l'expulsion de la pulpe hors des mortiers se fait principalement au moment de la chute du pilon, et qu'elle s'opère presque uniquement suivant la normale commune au sabot et à la grille. 11 n'y a par le fait qu'une petite portion de celle-ci qtii travaille effectivement; les filets liquides trop obliques à la normale ne passent que très imparfaitement et sont en grande partie arrêtés par les mailles des grilles et rejetés à l'intérieur des mortiers. Il en résulte que des matières ayant déjà un degré de finesse suffisant pour pouvoir sortir de la batterie se trouvent, par suite, de fait inutilement soumises au broyage à nouveau ; comme
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conséquence, réduction de la capacité de la batterie et production d^une plus grande quantité de sclamms et d'or flottant que n'arrêtent pas les plaques.
Partant de ces idées, M. Thompson a imaginé une batterie dont les éléments se composent de quatre pilons ordinaires, disposés aux quatre coins d'un carré et qui sont soulevés alternativement; l'alimentation se fait par la partie centrale et les quatre dés sont entourés de grilles circulaires qui leur sont parallèles, de telle sorte qu'au moment du splash (traduction : éclaboussure produite par la chute du pilon) les filets liquides se trouvant tous normaux aux surfaces de sortie peuvent traverser ces dernièrçs sans être renvoyés à l'intérieur. 11 en résulte que tous les grains déjà assez fins pour pouvoir sortir ne restent dans les mortiers que le temps minimum, et qu'en évitant ainsi le surbroyage on réduit nécessairement dans une proportion correspondante la quantité de sclamms' produits.
Une batterie de ce système, construite en Adélaïde, a donné de très bons résultats ; en diminuant en mêm<» temps le poids et la chute des pilons appliqués au traitement des minerais tendres, on est arrivé à n'avoir plus qu'une très petite quantité de sclamms, alors que dans les batteries ordinaires ces derniers l'emportent de beaucoup sur les tailings. Avec des minerais plus durs et des pilons plus lourds, on constate des résultats analogues et tout aussi satisfaisants. Ce nouveau système mérite donc de fixer l'attention, parce qu'il rendra la cyanuration plus facile et réduira à peu de chose la concentration des tailings.
La valeur intrinsèque de l'or produit en Westralie varie suivant la nature des minerais d'où on l'extrait. On estime que celui qui provient des filons de quartz vaut de 85 à loo francs l'once (3i*^'*,io3) tandis que
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celui des Iode formations se vend de gâ à io5 francs. Ce métal présente, comme on le voit, un très grand degré de pureté. Comme moyenne générale, on peut compter 92 à 93 francs. .^
En raison des circonstances très défavorables dans ''^\«M
lesquelles elles se trouvent placées, tes mines westra- mW
Hennés ont des frais d'exploitation assez élevés, et l'on ^"^
ne peut les connaîtrequ'avec une certaine difficulté, les compagnies n'aimant pas à les communiquer. Les plus avancées et les mieux administrées peuvent couvrir leurs frais avec une extraction de 3o à 35 francs par tonne; c'est !e petit nombre. Pour beaucoup d'entre les autres on estime qu'il faut au moins de i/\'a 16 dwl., soit de 60 à ^5 francs; enfin quelques-unes arrivent à peine à joindre les deux bouts avec une once. Il convient de dire qu'en général la comptabilité y est des plus mal tenues et que nombre de sociétés ne con- fl
naissent leurs prix de revient que d'une façon très ™
approsimaiive.
Nous devons ajouter toutefois que cette situation va ^^
sans cesse se modifiant el dans un sens favorable, et ^|
tout porte à croire que sous peu de temps on finira par se trouver dans les mêmes conditions économiques que partout ailleurs.
La Westralie a la malchance d'avoir à lutter contre ^^
deux très grandes difficultés : le manque d'eau et la ^H
rareté du combustible. Nous avons déjà parlé de la ^
■ dernière, quand nous avons traité des bois de ce pajs. Quelques mines tournent la difficulté en employant des moteurs à pétrole; c'est le cas à llannan's Brown Hill. C'est évidemment une solution qui a quelqile mérite et qui pourra se ré|)andre, surtoutavec les facilités plus grandes que donnent actuellement les chemins de fer créés parle Gouvernement.
Le problème de Teaii présente un très grand degré d'acuîté, et nous parlons ici non seulement de Teau «écessaire aux opérations industrielles, mais aussi de celle qui est indispensable pour les besoins domestiques. Pour ce dernier cas, la distillation des eaux salées est évidemment une solution, quand on n'en a pas d'autre; mais elle est forcément incomplète parce qu'elle est •trop coûteuse. Le Gouvernement westralien l'a bien senti. D'une part, il a fait procédera de très nombreux sondages pour déterminer s'il ne se trouverait pas en ■certains points des eaux artésiennes utilisables. En outre, il a pris l'initiative et la charge d'un énorme projet d'adduction d'eau douce dans la partie centrale des champs d'or qui est la moins favorisée sous ce rapport.
Il s'agit d'utiliser une partie des sources ou des eaux de petites rivières de la côte occidentale qui se déversent dans un affluent de la rivière Swan et qui fournissent un débit assez important et très régulier. Ce projet, qui coûtera de 62 à 65 millions de francs, consiste à établir un barrage de 200 mètres de longueur et 35 mètres de hauteur près du Mount Helena, sur la rivière qui, en ce point, est encaissée dans une gorge assez profonde. On constituera de la sorte une retenue ii'étendant jusqu'à une douzaine de kilomètres en amont du barrage et pouvant emmagasiner environ 20 millions de mètres cubes. La quantité moyenne d'eau pluviale qui tombe annuellement dans cette région, est de o"',5o, et la surface du bassin qui s'égoutte à la rivière est d'environ i5oooo hectares.
Les eaux, puisées dans cette réserve, seront refoulées par des stations de pompes échelonnées de distance en distance le long d'une conduite de 45o kilomètres de longueur. L'extrémité de cette dernière aboutira au
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Mount Burgers, qui est à une altitude de i4o mètres au-dessus de Coolgardie et de 190 mètreis au-dessus de Kalgoorlie. Ua immense réservoir y sera créé pour servir de centre de distribution, et les eaux en descendront par la gravité jusqu'aux deux villes précitées et dans tout le territoire minier environnant. On estime qu*on pourra amener de 2 5 000 à 3oooo mètres cubes d'eau par jour au prix de revient de i franc le mètre cube.
Il est peu probable que cette eau soit employée aux usages industriels ; il est à croire que les usages domestiques l'absorberont toute. Elle donnera toutefois aux habitants un confort qu'ils n'pnt jamais connu jusqu'à présent; et le Gouvernement, en prenant à sa charge une entreprise de cette importance, avec les gros risques qu'elle entraîne, montre toute la confiance qu'il a dans l'avenir du pays.
Les grands lacs salés de l'intérieur constituent des réserves considérables qu'on a déjà commencé à utiliser. C'est, par exemple, ce qu'on fait depuis plusieurs années à Norseman, où des pompes puisent dans le lac Cowan de Teau destinée à plusieurs mines. Dans d'autres endroits, plusieurs pipe-Unes, peu importantes il est vrai, ont été installées par des compagnies pour desservir quelques centres industriels.
Pour tirer tout le parti possible des lacs, il conviendrait d'y faire quelques travaux peu dispendieux. Les eaux de pluie qui s'y amassent sont arrêtées le plus souvent par le faux fond supérieur, généralement peu perméable, sur lequel elles s'étalent en couche mince ; l'évaporation, très active par suite de la grande sécheresse de ce climat semi-désertique et des vents qui y régnent, les fait bientôt évaporer. Il faudrait donc les soustraire le plus rapidement possible à ces effets ; ïl suffirait pour cela de quelques tranchées bien amé-
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Datées et convenablement entretenues pour qu'elles pussent pénétrer immédiatement dans les couches sousjacentes qu'elles satureraient, où elles seraient protégées par la croûte supérieure et d'où Ton pourrait ensuite les extraire par des machines et avec un système de drainage approprié.
Quelques compagnies ont sollicité et obtenu du Gouvernement le droit (ivater right) d'établir des barrages dans certaines vallées pour y créer des réservoirs artificiels destinés à emmagasiner les eaux de pluie qui tombent de temps en temps, malheureusement trop peu souvent. C'est ainsi que la société des Hampton Plains en a établi un entre Coolgardie et Widjiemola, à peu près à moitié distance entre ces deux points. D'une manière générale il ne semble pas que les tentatives faites dans cet ordre d'idées aient jusqu'ici donné des résultats appréciables, soit que les ouvrages aient été exécutés d'une manière imparfaite, trop sommaire ou dans des points mal choisis, soit que le sol de ces retenues soit trop perméable pour garder longtemps Feau, soit enfin que la quantité recueillie soit trop peu considérable et qu'on n'ait pas pu la préserver assez contre l'évaporation. Il y aurait pourtant, ce me semble, quelque chose à faire dans ce sens.
Quand les centres miniers ne sont pas trop loin des lacs, ou bien quand ils occupent des dépressions naturelles, on trouve presque toujours dans les puits, à des profondeurs variables, des venues d'eau salée, saumàtre ou douce suivant les cas, qui permettent d'alimenter les batteries. Si l'on était économe de ces réserves naturelles, elles suffiraient dans la majorité des cas, et avec des systèmes de décantation bien entendus, une même masse d'eau pourrait être utilisée pendant longtemps. On commence seulement à se rendre compte de Tim-
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porlance qu'il y a à prQcéder ainsi, et quelques compagnies sont déjà entrées dans cette voie. Toutefois il ne faut pas se dissimuler que, si les usines de traitement prennent un développement en rapport avec la puis- i
sance de certains gîtes, les eaux salées pu autres, recueillies au fond des mines, pourront devenir abâplument insuffisantes. Il faudra alors j en Tabsçnce d^ laç sdé voisin, se résoudre à foncer, en" dehors de la zone mi-
nière, des puits uniquement destinés, à fournir de l'eau et à la refouler par machines jusqu'à son lieu d'emploi. Ce sera la lâche des géologues qui auront bien étudié le pays d'indiquer les endroits qui présenteront les meilleures conditions de succès pour ces opérations. L'alimentation des chaudières exceptée, l'eau salée est tout aussi bonne que l'eau douce pour les usages industriels; on lui attribue même l'avantage de faciliter l'action des plaques d'amalgamation en maintenant leurs surfaÔes constamment avivées.
En somme, il ne semble pas que l'alimentation des usines doive inspirer de préoccupations sérieuses, sauf en des points exceptionnels, et à la condition, bien entendu, de ne pas gaspiller inconsidérément les ressources dont on dispose.
Conclusions. — Nous résumerons en quelques mots l'impression qui se dégage pour nous de tout ce qui précède. On se rend parfaitement /compte que la vie dans l'intérieur est absolument artificielle, puisqu'on n'y peut rien faire produire et que tout ce qui est nécessaire doit être amené du dehors. L'activité humaine, dans ces étendues, autrefois désertes, est donc intimement liée à Texistence des mines d'or; elle vivra et mourra avec elle. Ce sont les mines qui ont fait plus que quintupler en quelques années la population primiti-
vement très réduite de la colonie; ce sont elles qui entretiennent encore le mouvement persistant de Fimmigration et qui, dans une certaine mesure, contribuent à développer d'une manière Indirecte la colonisation proprement dite.
Le Gouvernement westralien Ta bien compris; il a fait et continue à faire les plus louables efforts pour aplanir les innombrables difficultés que présente la mise en valeur d'un pays que la nature a traité en marâtre. Il nous est impossible de passer ici sous silence les noms de Sir John Forrest, chef de cabinet du Gouvernement de TAustralie de l'Ouest, et de M. Whitenoon, dans les attributions duquel était le service des mines pendant notre séjour dans la colonie. Ces deux ministres nous ont rendu notre tâche aussi facile que les circonstances le permettaient, et nous tenons à leur offrir nos remerciements pour le bienveillant appui qu'ils nous ont donné.
Nous avons dit en quelques mots l'histoire du passé de la Westralie en ce qui regarde les mines d'or : enthousiasme justifié, mais irréfléchi, habilement exploité par les monteurs de sociétés; lancement d'affaires bonnes et mauvaises, sans aucun discernement, et, comme conséquence, encouragement à la spéculation avec toutes ses conséquences pour la fortune publique.
Le présent nous donne la satisfaction de constater une situation plus calme et meilleure. On a réellement commencé les explorations sérieuses et le travail rationnel des mines considérées comme entreprises industrielles. On a fait beaucoup en quelques années, mais il reste considérablement plus à faire.
Au point de vue de l'avenir, tout ce que nous avons dit antérieurement permet de pressentir ce qu'il pourra être. Les régions aurifères actuellement connues ne
sont qu'une très pelite partie de plus lard. 11 reste donc un champ entreprises sérieuses. Mais, si l'on diler ce riche pays et tuer la poi laudra procéder tout autrement autrefois. Le public ne se laisse | prendre aux alléchantes promesst si l'on veut conserver son atteniio faudra ne lui offrir que des affairi ment étudiées. Dans ces condition!
devenir le pays qui produira le