POPULATION. VOIES DE COMMUNICATION. CHEMINS DE FER
Il est à peu près impossible de donner un chiffre, même approché, de la population actuelle de la Weslralie. Il y a quelques années, on l'estimait à 60000 habitants au maximum. Mais, depuis cette époque, c'est-à-dire depuis quatre à cinq ans, les découvertes successives et non interrompues de nouvelles régions aurifères, l'exploitation des mines et les industries locales dont elles ont entraîné la création, ont donné naissance à un énorme courant d'immigration (un rush)^ et l'on serait probablement au-dessous de la vérité en évaluant à 200000 le nombre des personnes qui se trouvent à rheure qu'il est en Weslralie, soit à l'état temporaire, soit à l'état permanent. 11 ne semble pas que ce courant ait subi aucun temps d'arrêt, bien que l'état du marché des mines d'or ait amené un ralentissement temporaire des affaires minières, et il y a tout lieu de croire que la population continuera à s'accroître d'une manière continue, au moins pendant un certain temps encore.
Le Gouvernement fait, du reste, tout ce qui est en son pouvoir pour attirer et fixer les nouveaux colons et les mineurs, soit par l'application rigoureuse des lois sur le travail des mines ( labour régulations) dont nous aurons à parler en leur temps, soit par la concession de
K>PULAnO\. VOIES DB COMHiNICATlON. CHBHINS DE PEH. 73
terres du doDiaiue de l'État, à des conditions très avantage use s.
Aux abords des grandes villes, particulièrtiment des . villes les plus anciennes, les voies de communication sont relativement satisfaisantes. On v troUve des chaus-
1 Jipes de prospecteurs el mineurs.
sées empierrées qui sont à peu près convenablement ealrelenues.
On ne saurait malbenrensement en dire autant des ' voies de communication de l'intérieur. Ce sont le plus souvent, pour ne pas dire généralement, de simples tracks créés par les premiers prospecteurs; le courant de circulation qui s'est établi ensuite les a suivis purement et simplement sans cbercber à les modifier ou à les améliorer. On ne saurait imaginer rien de plus primitif et de moins étudié. Quand un obstacle quelconque, buisson, arbre ou rocher, se trouvait suflavoie dit premier pionnier, il s'est contenté de faire un détour pour
l'éviter. De là, ces tracés fantaisistes qui s'infléchissent, se courbent et se recourbent à l'infini, et augmentent dans des proportions considérables la distance à parcourir pour se rendre d'un point à un autre. Quand un arbre gênait par trop la circulation, on l'a bien abattu quelquefois; mais, au lieu de le couper au ras du sol, on aie plus généralement laissé une portion plus ou moins considérable du tronc en saillie sur le terrain naturel. De là une multitude de slumps (souches), qui rendent la circulation difficile durant le jour et dangereuse, pour ne pas dire impossible, pendant la nuit.
Tant que ces tracks, constitués par le sol naturel presque partout sablonneux, n'ont été fréquentés que par des véhicules de faible poids, leur tenue n'a pas été trop mauvaise. Mais quand les besoins croissants des centres miniers et de leur population ont commencé à appeler les lourds chargements, leur situation est le plus souvent devenue déplorable. Pendant les pluies, se creusent de profondes ornières dans lesquelles les chariots passent à la file et qui rendent la voie difficile pour les véhicules rapides et légers.
En temps de sécheresse, c'est-à-dire pendant plus des trois quarts de l'année, le sol s'émiette et se transforme en une masse pulvérulente sans consistance, qui rend très.pénible le travail des attelages du gros camionnage. Vienne le moindre souffle de brise, toute cette poussière se soulève et est emportée à des distances plus ou moins considérables, aveuglant les hommes et les animaux de trait et donnant souvent naissance à des ophtalmies assez difficiles à guérir. Quand on se trouve dans un point un peu élevé du bush et à peu de distance des tracks, on peut facilement suivre leur direction sur de grandes longueurs, rien que par la coloration rougeâtre que la poussière a communiquée aux