‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 106 sur 397 · Continuation, c · texte numérisé non relu

Continuation, c

souveraineté divine. La raison humaine cite Dieu à sa barre. Dieu devient une ])crsonne morale ; il doit respecter ces lois qui rem- Iiliront l'esprit de Kant d'un respect religieux, celles qui régissent les astres et celles qui gouvernent la conscience (1).

Spinoza posait, lui aussi, le principe de la raison souveraine : la Bible est bonne parce qu'elle confirme la lumière naturelle, mais il ne l'avait pas tourné et retourné dans tout son jour à la faveur de mille applications frappantes. De plus, son œuvre ne parait pas s'être largement répandue, tandis (jue la jeunesse faisait queue à la Bibliothèque Mazarine pour dévorer le Dictionnaire (2). L'action de Bayle est trop connue pour que nous y insistions. Nous la résumerons en nous inspirant d'un mot de Taine : « La raison s'indigne à tort de ce que le préjugé conduit les choses humaines, puisque pour les conduire elle doit elle-même devenir préjugé » (3). Bayle a créé chez beaucoup de Français le préjugé de la raison, chez Mathieu Marais par exemple qui dit : « je suis bayliste », c'est-à-dire un honune qui veut examiner et critiquer toutes les idées avant de les recevoir (4).

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