partie, e
.T. C 2. Nous ne niar(|uoiis, bien entendu, ([ue les nrliculaliom; de la controverse, ne ijouvant pas nous peidre dans le détail des objections.
4. P. 100. On connaît le mol de Pascal : <• Dieu a voulu connnuuiquer à ses créatures la cliijnilv de la caitsalilé ».
est nourri de la pensée de Malebranche. Dieu en mettant un être libre au monde a pris une mesure générale utile et sage. Les conséquences de la liberté qui naus oft\isquent, les péchés, ne compromettent pas plus sa sagesse que la pluie tombant sur l'océan stérile en vertu des lois du mouvement, utiles et sages dans l'ensemble.
Mais l'adversaire insiste : une créature toujours déterminée au bien et heureuse ne serait-elle pas plus digne de Dieu ? Il y en a, répond Jaquelot ; il n'ose pas les proclamer moins dignes, — ce sont les anges, — mais ceux qui croient à la liberté sont enclins à penser que le loup révolté de la fable est peut-être plus noble, plus « excellent » que le chien gras. Bayle n'exige pas assez. Pour créer les hommes heureux « Dieu ne devait leur donner ni Cl intelligence, ni sentiment, parce que ces facultés sont cause des « craintes, des inquiétudes et des douleurs qui nous agitent » (1). Et en efïet chez l'homme le mal vient de la connaissance autant que de la liberté.
Mais ses craintes concernent le mal physique qui pose un problème nouveau. Les innocents : gens de bien, enfants, bêtes, souffrent ; les méchants souffriront éternellement pour des fautes passagères. Touchant les gens de bien et les enfants, Jaquelot, après le rappel obligé du rôle éducatif de la douleur, retourne aux lois générales de Malebranche : il faudrait les bouleverser pour empêcher les innocents d'être emportés par la peste. Les bêtes sont peut-être des automates ; en tout cas la douleur sert à leur conservation. Celle que l'homme leur inflige résulte de la subordination des êtres. Il n'est pas plus horrible de tuer un chien qu'un pou. Quant aux méchants, nous ignorons la nature de leurs peines éternelles, elles consisteront peut-être dans la simple privation de la gloire des bienheureux.
L'erreur de Bayle, et ici Jaquelot fait un pas vers Leibniz, vient de ce qu'il s'enferme dans notre monde et dans la société humaine comme si c'était l'Univers. Il parle anthropomorphiquement de Dieu, comme d'un maitre lié à ses serviteurs par la conformité de la nature humaine, « Donnons lieu un moment à la méthode de « M. Bayle, on trouvera de quoi faire le critique à chaque pas « avec autant de fondement que lui. Dieu, dira-t-on, ne devait (( créer que des esprits purs, saints et i)arfaits. Car dès qu'une « perfection aurait manqué, aussitôt la critique entrerait en « exercice : pourcjuoi n'avoir pas donné cette perfection à cet « esprit ? » (2). On pourrait plaindre les pierres de n'être pas couronnées de feuilles et de fleurs.
Notre auteur reprend une dernière fois sa démonstration de l'accord de la raison et de la foi à propos de l'article Pijrrhoii et pose les trois principes classiques. 1" — 11 faut se servir de la raison pour connaître les preuves de la divinité de la révélation. 2" — L'autorité divine étant infaillible, la raison, qui i)eut s'exercer sur la vérité ou la vraisemblance des choses révélées (1), doit s'y soumettre en cas de contradiction apparente. 3" — Dans les matières du ressort exclusif de la raison, ce qui est une fois prouvé reste vrai quoique les conséquences soient parfois incompréhensibles. Exemple : la divisibilité à l'infini.
Il termine par l'exjxjsé d'un Système abrèf/c de l'àiue et de la iil)erté qui incline vers l'harmonie préétablie.
La Presse « réfugiée » suivait avec passion le débat. Les ^Vonvelles de la République des lettres approuvaient Jaquelot : « On « ne peut avancer que la religion est contraire à la froide raison « qu'on n'assure en même temps qu'elle est contraire aux perfec- « lions de celui qui en est l'auteur. » (2). Leclerc se fâche contre Hayle qui admet humblement une révélation, — contraire à la bonté de Dieu : « Pour croire ces deux choses à la fois il faut « être fou et non pas humble... car un Dieu mauvais et injuste « n'est pas un Dieu. « Jaquelot « a ramassé tous les principes (' nécessaires soit pour établir la conformité de la religion avec « la raison... soit i)our répondre aux objections de M. Hayle » (3).
("c dernier inséra ce qu'il avait à dire dans les derniers tomes de la liéponse aux questions d'un provincial (4). Il réduisait la dispute à 3 articles : la liberté d'indillerence, l'origine du mal, les objections du pyrrhonisme à quelques dogmes. Il n'eut pas de ])eine à montrer que le rationalisme de Jaquelot l'abandonnait bien vite en route, puisque sur la question du mal, la plus éi)ineuse aux théologiens, il abdiquait en se repliant sur les positions orthodoxes, c'est-à-dire derrière l'inintelligibilité de Dieu : sa justice n'est pas la nôtre. L'hypothèse de la liberté de l'homme ne saurait innocenter Dieu, ])uis(iue Dieu prévoyait l'abus que l'homme ferait de ce don (')). Touchant les dogmes révélés, pour([uoi Ja([uelot qui trouve absurde la transubstantiation admet-il l'Incarnation et la Trinité ?
L'intérêt de la lutte allait grandissant. Basuage de Beauval écrit à ce moment : « Quoiqu'on i)uisse déjà juger que la cause de « M. Ja(iuelot est embarrassée de beaucoup de diflicultés, ce sera,
1. Voilà lin reste du rationalisme scolnsliqiie répudié par Leclerc.