Coultirat, o. c, 1!>1, note
7. On ne peut pas dire rjue le mysticisme j)ersonnel de Leibni/ écl;ite dans la Tliéodicée. Il transparaît aux seuls yeux avertis.
S. Théodicée, p. 102 sq.
pas nécessitée puisque le choix contraire était, théoriquement, possible. Ne retombons-nous pas dans la prédestination ?
Enfin, comme ses devanciers, Leibniz répond par des spéculations à des objections tirées de l'expérience. Il lui plait d'appeler cette expérience une api^arence (1), c'est au nom d'un a priori: l'existence d'un Dieu parfait que Bayle révoque en doute. Conclure du Tout à l'homme c'est conclure de l'inconnu au connu.
Aussi la controverse reste-t-elle ouverte. Si beaucoup d'esprits se rallient à son christianisme raisonnable, parmi lesquels Pope, Rousseau, Mendelssohn, d'autres reprendront les objections de Bayle : Voltaire, Hume, Maupertnis, et le sentiment le plus noble qu'ait connu le xviir siècle, celui qui fera sa grandeur, le sentiment de la dignité humaine, malgré tout froissé par Leibniz, resurgira chez Kant avec une force triomphante (2).
IIL — Le Christianisme axti-social Saurix. — Bernard. — Benoist
Là où le génie d'un Leibniz a médiocrement réussi, les apologistes subalternes ne peuvent prétendre à mieux dire. Aussi répondront-ils de préférence à une critique de Bayle laissée dans l'ombre par les adversaires précédents : le vrai christianisme serait nuisible aux nations. Leur empressement peut s'expliquer par l'énormité du paradoxe, facile à réfuter en apparence. Mais ils sentent surtout qu'en un siècle où l'utilité sociale devient la préoccupation dominante, c'est porter un coup mortel à une docij trine que la montrer ennemie de la société.
C'est la seule idée que Saurin réfute dans un sermon dirigé Saurin contre Bayle. Il traite de l'accord de la religion avec la politique à l'occasion d'un texte des Proverbes (14, 34) que Bossuet aurait pu mettre en tète de son traité sur le même sujet (3). Bayle disait : « Une société toute composée de vrais chrétiens et entourée « d'autres peuples ou infidèles ou chrétiens à la mondaine, tels « que sont aujourd'hui et depuis longtemps toutes les nations où « le christianisme domine, serait-elle propre à se maintenir ? Je « crois que non. » (4). Saurin répond : « la justice (5) élève une