‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 233 sur 397 · Cf. I · texte numérisé non relu

Cf. I

4- « Ce que je sais bien, c'est (jue le «locteui- «le l'évan^jHe l'a présentée ou annoncée à des idiots, qu'il l'a mise par consé(|uenl à leur i)orléc ». Let. i'.i. 1.^2. Libre à vous de rccherclier l'accessoire. « Mais on suppose que ceux qui voudraient connnencer par cet accessoire pourraient bien manquer l'essentiel <> ib. 114. Hien entendu M. H. n'admet pas la Trinité, la Rédemption i)ar substitution. Voulant nous détacher du monde et du i)éché, J.-C. « a voulu subir le plus pour encnuraiier les hontmesi à subir le iiioins ». T. III, p. .37. Nous ne connaissons d'ailleurs pas toutes les raisons de ce sacrifice.

.'). On s'excite jiour éprouver la tristesse, la joie, l'amour qui sont le fond de la sentimentalité religieuse. Or la nature du sentiment étant passive, on ne fabrif|ue ainsi que des sentiments imaginaires. Let. 22.

0. Le tome III de l'édition de 1750 répond aux objections soulevées par son

DES LETTRES PHILOSOPHIQUES A l'eNCYCLOPÉDIE 327

Telle est l'apologie par laquelle Marie Huber pense recommander le christianisme aux « gens peu crédules ». Point de mystères, J.-C. déchu de son rang divin et classé le premier des anges (1), la religion et la vertu justifiées par leur utilité, cela est bien dans le sens du siècle. Mais ce siècle est encore, à cette date, plus épris de raison logique que de raison pratique et Marie Huber déplace l'axe des préoccupations contemporaines, bien qu'elle ait retenu du piétisme non le mysticisme mais seulement le moralisme pragmatiste (2).

Ses livres font avec les premiers ouvrages de combat de Voltaire publiés à la même époque un contraste fort suggestif. De ces deux rationalistes, l'un a pour critérium le bon sens, l'autre la conscience (3). Voltaire juge tout du point de vue intellectuel : cela est-il vrai? (4). Marie Huber juge du point de vue moral: cela est-il bon, conforme à la règle intérieure, utile au bonheur ?

C'est une position nouvelle entre les deux intellectualismes aux prises : Marie Huber a trop de religion pour les Voltaire et pas assez pour les Boullier. Aussi bien les temps ne sont pas mûrs. II faudra qu'on arrive aux excès desséchants du matérialisme pour qu'un second Huber, plus ému, ébranle les cœurs. Mais désormais les idées maîtresses du siècle, qui fermentaient confusément depuis 30 ans, sont clarifiées. Les fils de Bayle ont suivi les trois directions de sa pensée et les voici rangés en trois groupes non unanimes mais qu'unit une parenté originelle. Bayle avait exalté la raison, la nature, la conscience, et nous avons : le déisme voltairien, qui semble bien répondre au sentiment de la majorité des Français, spiritualisme sans élan qui admet une religion pour le peuple, aussi raisonnable que possible et contrôlée par l'autorité, — le matérialisme encyclopédiste qui n'a jamais gagné chez nous la masse des esprits, — le théisme chrétien d'origine protestante, mal compris des partis extrêmes décidés à s'exterminer et qui,

mépris des mystères. Les pièces diverses du t. TV envisagent le N. T. comme un manuel de religion pratique : -il enseigne essentiellement la paternité divine et la fraternité humaine.

1. M. H. repousse le socinianisme à cause de certains textes catégoriques : « Avant qu'Abraham fût, je suis » (Jean 8, 58). Elle propose la solution suivante « pour ce qu'elle vaut » (III, 150) : « l'âme de J.-C. qui a revenu un coi-ps dans le sein de la Vierge est originairement un esprit angélique », le premier ne de toutes les créatures. Ib.

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