Ib
5. Ib. 45. Et ceci sur Voltaire : « Il ramassait les contes des Indiens, les « fahlcs anciennes et modernes, les ahsurdités du niahométisme, tout lui étiiit •: bon. Il affectait de donner un air de raison à toutes ces folies qu'il plaçait '< gravement à côté de la religion chrétienne... Cette religion qui a triomphé de « toutes les autres s'était établie comme toutes les sectes de philosophie sans « la moindre contradiction. Déce et le sage Dioclétien avaient favorisé ses pro- « grès » p. 82.
couronner la vertu, « c'est que la force de la vertu est toujours « proportionnée aux degrés de plaisir qu'on lui assigne pour ré- « compense » (1). « Il n'y a nulle proportion entre les avantages « auxquels il faudrait renoncer pour bannir d'un état le liberti- « nage et le mal infiniment petit qu'occasionnent les faiblesses « de l'amour » (2). Il faut se marier selon son goût. Le concubinage est légitime, le divorce aussi. On peut exposer les enfants (lifTormes, se suicider, etc..
11 y a chez cet abbé de la mauvaise foi, sensiblement plus que chez les Cacouacs eux-mêmes.
L'oratorien de Lignac (3) ayant constaté le succès de cet ouvrage et que « quand le Français rit, il est guéri de tous ses maux », tira une troisième mouture du même sac dans son Examen sérieux et comique des discours sur l'Esprit (4). Sérieux, car ce cartésien fait une fine critique d'un empirisme plein d'à priori. « Ils déclament continuellement contre les abstractions et ils en ft abusent continuellement, ils ne parlent que de la nécessité de « fonder tout raisonnement sur l'expérience et perpétuellement ils v substituent à l'expérience les hyi)()thèses les plus abstraites et « les plus compliquées. Leur indique-t-on quelqu'expérience qu'on « ne i)eut faire qu'en rentrant dans l'intime de son âme, (jui coûte « à tout homme et à la légèreté française plus qu'à toute autre « nation, c'est ce que nos philos()])hes appellent des abstrac- (' lions » (5). Fondé sur cette expérience interne, il réfute le déterminisme, le sensualisme et découvre en notre âme ce qu'Helvétius méconnaissait :
« Nous sentons que l'amour de soi inné en chacun de nous s'étend non << seulement à la sensualité attachée aux divers hesoins du corps, mais encore « à la satisfaction de l'âme lorsqu'elle remplitcles hesoins projetés à la nature « de l'être pensant, c'est-à-dire lorsqu'elle acquiert des connaissances ou « qu'elle se donne à elle-même ou aux autres des jjrcuves de sa saj^essc, de « sa force, de sa noblesse intérieure. Ainsi son amour du hicn-être comprend « ces 15 ohjets : l'amour des hiens relatifs au corjjs, l'amour des hiens relatifs « à la capacité de connaître, enfin l'amour des luens relatifs à sa perfectilii- « lité. » De plus, « l'amour de soi ne se horne pas au temps présent, il « embrasse tout l'avenir » (0).
Le comique réside dans le froid exposé des consétpiences les plus monstrueuses de « l'Esprit >, à l'occasion d'une soutenance