Let. du 1 mai
4. La Loi naturelle ou Catéchisme du citoyen, 1793, 16. Le Catéchisme unii<crsel de Saint Lambert (Paris 1798, 3 v. 8") aurait paru trop conservateur à Voltaire.
tesse morale et de ce que les chrétiens appellent l'amour des âmes. François veut trop tout réfuter. Voltaire dit : l'histoire des cochons noyés, celle du figuier séché, celle des noces de Cana a ne remplissent pas l'idée que je m'étais faite du maître de la Nature ». François estime que le miracle de Cana était destiné à prouver la sainteté du mariage (1). Il n'est pas plus heureux quand Voltaire s'étonne « que l'assassin d'Urie soit le bien aimé de Dieu et que le pieux Antonin lui soit en horreur » (2) ou quand il s'agit de prouver que Jésus a établi dogmes, rites et hiérarchie (3). Il a cependant un élan quand l'impie ne reconnaît pas Dieu dans un juif de la populace suant le sang. « Dans quel tremblement, « dans quel saisissement ne devait pas tomber ce pénitent uni- « versel en présence de cette justice infinie... ! » (4).
Réfutations Les réfutations générales de Voltaire ne donnent pas plus de générales satisfaction. Elles sont rares, et c'est naturel. On ne peut étrein- (Ire Protée.
Dans des liemarques sur la Défense de Bolinf/broke (5), BouL- LiRH fait bonne justice de quelques jîrocédés voltairiens : on insinue l'immoralité de l'adversaire, l'infamie d'Houteville « et voilà en deux mots l'abbé réfuté « (6). On maintient mordicus la moralité des siens. Vous niez que Bolinç/broke ait été débauché. Ne nous obligez pas à raconter ce que nous savons. N'est méprisable, dites-vous, que celui dont les mœurs démentent les principes. C'est avouer que vos principes autorisent de mauvaises mœurs. Vous vous jetez sur David et Salomon. On trouve au moins dans leurs écrits la condamnation de leurs désordres. Cherchez la dans les écrits de Bolingbroke. Voltaire invoque le succès : tout est l)lein de déistes ! Voilà un argument qu'il retient de .son catéchisme. « Manié par un musulman qui aurait votre génie, que de prosélytes ne ferait-il pas à l'Alcoran ? (7).
1. P. 08 sq. n Mon Dieu, bénissez ce bon jans<''nlstc ! » écrit Grimm VI, 142. Le Journal de Trévoux l'appelle « un exact logicien et un profond controversiste » (nov. 1761, i:il3).
.1. P. 91. Il réjjond avec confiance : rhi momciil ([iic In tradition remonte aux apôtres, elle a J.-C. pour auteur.
.^). V. liibUathcque impartiale (de l'ormey) [511 t. IX, 279 H X, ;}.'):! ; réimpr. dans la Guerre lillrraire ou choix de queU/ues pièces de M. de V. avec les réponses, pour servir de suite et d'éclaircissement à ses ouvrages 17.")!), 12. Tout est faible dans ces Remarques, snuf la criliciue des procédés voltairiens.
f). Guerre littéraire p. .■!7. « L'abbé de Houteville s'était abandonné au plus « abominable crime, preuves en soient le caractère du cardinal cpi'il a servi et <■ une allusion aussi fade qu'obscène au titic de ral)l)ayc (pie possédait celui fi ' (pli il a dédié son livre » ib.
DE l'encyclopédie A l'emile 389
L'honnête Boullier conclut par un trait de candeur ; il exhorte Voltaire à une polémique respectueuse et décente (1).
Le ton change quand on quitte ce brave homme pour passer au vulgaire et borné Giiyon qui a écrit, après Nonnotte, la réfutation la plus générale de Voltaire : l'Oracle des nouveaux philosophes (2).
Cet homme pense bassement. Il feint d'être allé dîner aux Délices. « Je fus surpris de voir ce peuple de nouveaux philosophes « tenir un langage que je n'avais presque jamais entendu, soute- « nir tous des opinions inouïes et différentes, attaquer les notions « les plus générales et les plus sacrées, se contredire mutuelle- « ment et ne se taire que quand l'Oracle ouvrait la bouche pour c prononcer... Je vis réellement parmi ces Messieurs l'exécution « de leur grand système sur la liberté de tout penser et de tout « dire » (3).
Comme Guyon exprime son étonnement de ce qu'il entend, Voltaire l'exhorte à revenir pour le déniaiser en particulier. Ils tombent bien d'accord sur l'universalité de la loi naturelle (4), mais Guyon la démontre insuffisante. Il fonde magistralement l'intolérance (5), puis il censure avec hauteur l'hypocrisie qu'elle engendre : « s'ils pensent mieux que nous, pourquoi ne parlent-ils pas « comme ils pensent ? C'est donc eux qui méritent les titres « d'hypocrites et de cagots » (6). Discute-t-il, c'est à coup d'affirmations ou de plaisanteries qui font long feu. Vous vantez l'antiquité chinoise, « nous vous opposons tous les savants de l'Eu- « rope, qui tous vous diront que le monde a commencé 4.004 ans « avant l'ère des chrétiens » (7) et si l'empereur Hiao monta sur
1. « Ne les révoltez pas (les chrétiens) par des injures, respectez, ne fût-ce que par politesse, ce qu'ils regardent comme sacré, parlez-en en termes décents » 54.
2. « pour servir de suite et d'éclaircissement aux œuvres de M. de Voltaire », Berne 1759-60, 2 part. 8". Nous citons l'édition d'Amsterdam 1760, 8». « L'Esprit de M. de Voltaire auquel on a joini l'Oracle »... (an.). L'Esprit prétend, par le seul étalage des principes de Voltaire, en faire sentir Thorreur.
4. Si certains peunhs semblent ne pas avoir l'idée de Dieu, c'est qu'elle est nsscupie comme l'amour paternel qui ne se montre que chez les pères, l'instinct (le conservation qui ne se manifeste pas dans un fauteuil après un hon repas, n'fiis en cas de danijer. 34.
5. Sa démonstration est une des plus complètes qne nous connaissions. Nous sommes en possession depuis 17 siècles ; vous êtes les agresseurs, nous nous défendons. Si la tolérance s'établissait, « les Mosquées se crodraient en droit de disputer la première place à nos temples ». 87. Soyez heureux qu'on ne persécute que vos écrits.
le trône 37 ans avant le Déluge, « sa gloire ni ses observations n'en furent point troublées puisqu'il y régna 80»ans » (1).
Nous trouvons presque plus de sel dans la Laïs philosophe où une courtisane croyante se dégoûte à la fin de fréquenter Voltaire et sa bande, retourne chez son père et devient sage (2).