‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 282 sur 397 · Lettres sur le déisme. Paris · texte numérisé non relu

Lettres sur le déisme. Paris

8. L'incrédulité combattue par le simple bon sens. Essai philosophique par un roi. Nancy 1760, 8° p. 23. Disons, pour excuser ce vieillard, qu'il ii'avail demeuré que trois jours à le faire.

rhoniine libre (1). Yvon dans un Discours sur l'histoire de l'Eglise (2) insiste assez habilement sur le schisme qui divise désormais les philosophes en déistes et matérialistes et sur l'inconséquence de ces derniers qui, pour régénérer la société, font tout le temps appel à l'énergie de l'homme et à sa liberté qu'ils nient. Fabnj de Moiicault comte d'Autrcy part d'un petit nombre de faits : la jeunesse du monde, l'existence des fossiles et la nouveauté des arts, la misère de l'homme. Il étend à ces faits le raisonnement de Pascal ; ils ne s'expliquent bien que par les hypothèses de Moïse : la création, le déluge, la chute. Si Moïse ne dit pas vrai, il faudrait un miracle pour qu'il eût inventé des solutions parfaites (3).

Le plus apprécié fut, comme toujours, non le meilleur mais le plus clair : Le Massoii des Granges, un prêtre dont nous ne savons plus rien aujourd'hui, montra dans un banal mais court manuel. Le Philosophe moderne (4), « de quel côté il y a plus de (( crédibilité dans les principes, plus d'honnêteté dans les maxi- « mes, plus de sûreté dans les conséquences » (5). La nuit, sur une route environnée d'abimes, il est sage de marcher avec précautions.

Critique Mais à mesure (pie la force d'esprit des apologistes diminue, ils

indirecte osent moins attaquer les idées de front. Ils se rabattent sur la critique des conséquences, plus aisée, et d'ailleurs dans le goût d'un siècle positif.

L'Ami des hommes (0) estimait que les livres inqiies sont plutôt la suite du relâchement des nitinirs que son principe. Le P. Sennemaud impute à la philosoi)hie le dévergondage croissant. Le Dieu de ces messieurs est si accommodant ! « C'est le « meilleur et le plus tendre des pères... il chérit trop notre féli- « cité pour vouloir contraindre en rien nos inclinations... Nous

1. Essai sur la faiblesse des esprits forts par J. T. de Sz C (oiiitc) d (m) S (aiiht) E {mpire) R (omaiii), Amst. 17()1, 12.

2. Paiis l/CJ, .3 V. 12, rééd. 1779 sous le titre d'Histoire philosophi(inc de la relvjion. Liège 2 v. 8".

3. " Le pyrrhonieit raisonnable ou méthode nouvelle proposée aux incrédules par M. l'abbé de *** Ln Haye 170."), 8». Des faits dont part l'auteur ses contemporains n'admettent (|iie les fossiles et ils les expli(|uenl nVieux ([ue par le Déluge. Fabrij ehevalier de St Louis (172.3-77) écrivit aussi contre Voltaire : Les Quakers à leur frère V. 1768 (V. Crimm VIII, 24.3) et contre d'HolhacJi : L'antiquité justifiée (1776). Il n'est pas sans mérite. L'Année littéraire le dit « instruit » [.0.3] 1767 t. IV, 2.32.

4. '• ou l'incrédule condamné am tribunal de sa raison ■>, Paris 17r)7, 12, rééd. J7.")9, augni.' 176"). Le Masson né en 1700 mourut en 1760.

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