‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 288 sur 397 · Ib · texte numérisé non relu

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7. « Je crois que l'âme survit au corps assez pour le maintien de l'ordre : qui sait si c'est « assez pour durer toujours ? » 47.

9. « Elle est le vrai guide de l'homme ; elle est à l'âme ce que l'instinct est au corps ». 54.

10. On citera d'après un voyageur suspect une obscure peuplade sans morale, comme si le monstre annulait l'espèce. « O Montaigne,... dis moi s'il est queUiue B pays sur la terre où ce soit un crime de garder sa foi, d'être clémcnl, Ijicn- K faisant, généreux ; où l'homme de bien snit niépiMsable et le perfide honoré «,

« telle et céleste voix... juge infaillible du bien et du mal qui « rend l'homme semblable à Dieu ! » (1). En lui obéissant, « je fais ce que tu fais », Dieu bon ; a le suprême vœu de mon ccrur est que ta volonté soit faite » (2).

Le doute Toute autre révélation est supcrllue, la forme du culte est indif-

respectueux férente (3).

L'apologétique traditionnelle prouve, depuis les Pères, la révélation chrétienne par les prophéties et les miracles. Entreprise écrasante : « 11 faut bien savoir les lois des sorts, les probabi- « lités éventives, pour juger quelle prédiction ne peut s'accomplir « sans miracle ; le génie des langues originales ])our distinguer « ce qui est prédiction dans ces langues et ce qui n'est que « figure oratoire » (4). Ces oracles sont équivoques (5). Fussentils clairs', « il faudrait trois choses dont le concours est impos- « sible ; savoir, que j'eusse été témoin de la prophétie, que je (' fusse témoin de l'événement et qu'il me fût démontré que cet « événement n'a pu cadrer fortuitement avec la prophétie » (6).

Pour les miracles, il faut savoir « quels faits sont dans l'ordre « de la nature... comparer les preuves des vrais et des faux prodi- « ges et trouver les règles sûres pour les discerner ; dire enfin « pourquoi Dieu choisit, pour attester sa parole, des moyens qui t.'. ont eux-mêmes si grand besoin d'attestation, comme s'il se « jouait de la crédulité des hommes et qu'il évitât à dessein les « vrais moyens de les persuader « (7). En effet « après avoir « ])rouvé la doctrine par le miracle, il faut prouver le miracle par « la doctrine, de peur de prendre l'œuvre du démon pour l'œuvre « de Dieu » (8), et l'on tourne en cercle.

Or les dogmes, que l'on appuie d'étais si incertains, ne peuvent être crus, ne pouvant pas être conçus (9).

L'apologétique moderne i)rouve par les faits, par un simple tra-

3. S'agenouiller ? <• oh ! mon ami, rosic do toute ta hautour, tu seras toujours « assez près de terre. Dieu veut être adoré en esprit et en vérité ■■ . 71. Le reste est une a (Ta ire de police.

.'). •< En Sorbonne, il est clair comme le jour que les prédictions du Messie « se rapportent à .T.-C. : chez les rabbins d'Amsterdam il est tout aussi clair « qu'elles n'y ont pas le moindre rapport •. 93.

fi. P. 87.

9. « Le Dieu que j'adore n'est point un Dieu de ténM)rcs, il ne m'a point « doué d'un ontendcnient jiour m'en interdire l'usage : nie dire de soumettra I ma raison, c'est f)ulra}'er son auteur x. 83.

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vail de critique historique, appliquée à des témoignages humains. Mais quoi, « dans quelle horrible discussion me voilà engagé ; de « quelle immense érudition j'ai besoin... » (1), « que de langues ft il faut apprendre « (2), tout cela pour soumettre finalement l'autorité de Dieu à l'autorité des hommes, et pour fonder une révélation que des millions d'humains ignorent (3).

« Si je vois en sa faveur des preuves que je ne puis combat- « tre, je vois aussi contre elle des objections que je ne puis résou- « dre. Il y a tant de raisons solides pour et contre que, ne sachant « à quoi me déterminer, je ne l'admets ni ne la rejette » (4). Je demeure à son égard dans un doute respectueux.

Voilà pour tout l'irrationnel de la révélation ; mais là où elle ne choque^ pas la raison, sa vérité éclate dans sa conformité merveilleuse avec notre conscience et notre raison même. Et le fils de Genève transpose magnifiquement en un hymne laïque la preuve chère à la Réforme par le témoignage intérieur du St-Esprit.

C'est la page célèbre : « la sainteté de l'évangile est un argument qui parle à mon cœur... » (5). Dans la Profession de foi, la Lettre à de Beaiimont et les Lettres de la montagne, Rousseau revient vingt fois sur cette preuve intrinsèque, la seule efficace pour ceux qui repoussent toute autorité du dehors. Ce n'est pas rejeter la révélation « que ne pas l'admettre sur le témoignage « des hommes lorsqu'on a d'autres preuves équivalentes ou supé- « rieures qui dispensent de celle-là » (6). « Elle a sa véritable cer- (' titude dans la pureté, la sainteté de sa doctrine et dans la « sublimité toute divine de celui qui en fut l'auteur » (7). « L'évan- « gile est la pièce qui décide et cette pièce est entre mes mains. « De quelque manière qu'elle i] soit venue et quelque auteur qui <s l'ait écrite j'y reconnais l'esprit divin, cela est immédiat autant '<■ qu'il peut l'être ; il n'y a point d'hommes entre cette preuve et M moi » (8).

4. P. 99. « Que faire ?... respecter en silence ce qu'on ne saurait ni rejeter « ni comprendre et s'humilier devant le grand Etre qui seul sait la vérilé >. 102. « S'ils étaient ailleurs, je rejetterais ces faits ou je leur ôterais le nom de « miracles ; mais parce qu'ils sont dans l'Ecriture, je ne les rejette point. Je ne « les admets pas non plus parce que ma raison s'y refuse et que ma décision « sur cet article n'intéresse point mon salut ». Let. de la Montagne, Musset- Pathay t. X, 246.

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