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3. La théorie du bonheur, ou l'art de se rendre heureux mis à la portée de tous les hommes. Paris 1801, 12. V. Masson III, 174 et 280.
4. « sur les avantatjes de la religion chrétienne et les effets pernicieux de> l'incrédulité », (an.) Paris 1770, 12, par Lefranc de Pompiynan.
5. Instruct. pastorale sur les sources de l'incrédulité et les fondements de la religion, Paris et Lyon 1776, 12. Etant évê(iue d'Autun le janséniste Montazet avait prononcé sur le même sujet un discours d'ouverture à l'Assemblée du clergé de 1750.
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de Gourcij, vicaire général de Bordeaux, et quelques autres d'en donner une traduction ou des analyses. L'entreprise paraît bien vaine, mais de Gourcy compléta son ouvrage par quelques Discours sur la reliffion où l'argument tiré de l'expérience chrétienne prend un accent religieux plus attendri que chez Rousseau, moins mystique que chez Pascal (1). Kt si l'on veut mesurer le chemin parcouru depuis les grands cartésiens catholiques, on peut s'arrêter à ces mots de Boudier de Villemert : « L'être infini ne peut « être conçu par aucun être créé... mais Dieu peut se faire sentir « à son cœur. L'homme est fait pour l'aimer et non pour le com- « prendre » (2).
L'ignorant, dit de Laulahnier, évêque d'Egée, peut savoir s'il est dans la vraie religion. « La paix intérieure dont il jouit le 0 rassure, ce qui ne saurait se trouver dans aucune autre secte ; < nous en avons la preuve dans l'aveu de tous ceux qui se conver- « tissent à la religion chrétienne : ils conviennent tous que leur « âme jouit d'une douceur et d'une tranquillité qui leur avait été " inconnue jusque-là » (3).
La prédication elle aussi se fait toute pratique. On trouve des pasteurs selon le cœur de Rousseau, comme de Chaillet, de Neuchâtel, qui prêche non seulement sur le bonheur du juste avec Dieu mais sur le Printemps et sur les sentiments que doit produire en nous la contemplation religieuse de la nature (4).
L'abbé de Cambacérès, prédicateur du roi, parle excellemment
1. L'ApoIo(n-liiiuc et les Prescriplion.i de Tertiillien, 1780, 12. — Suile des anciens apologistes de la religion chrétienne Iraditits ou unulijsàs... avec ([uelques discours sur la religion. 1785, 2 v. 8". On trouve (Unis ces discours telle pensée qui date : " L'homme n'est heureux que par le senlimenl, tout le reste est étranfîer au bonheur >.. Discours, p. IGO. De (iourcij :iv;iit pulilié im des nombreux Essais sur le bonheur qui paraissent à celte épocpie. (1777 in-12).
2. Pensées philosophiques sur la nature, l'homme et la religion, Paris 1781- 80, i V. 24. Dans un ])rccédent ouvrage plein de ferveur, Boudier avait prouvé la religion par rexpéinence de « lu communication de IJieu avec l'homme ». < Toutes les institutions de la religion ont pour fln cette communication... Il a « besoin de cet appui continuel pour se soutenir et c'est ce que la religion lui « offre dans toutes les circonstances de la vie ». — L'Irréligion dévoilée, Lond. el Paris 1774, 8", p. 175. — • Dans la Relation de la conversion et de la mort de M. lioutiuer (le physicien compaj-inon de La C.ondaniine) le P. Laberthonie met à l'origine de la conversion le sentiment du péché et le besoin du pardon. Ainsi l'intelleclualisnie perd de jour en jour du terrain. (V. liibliogr. 1784).
."î. Essais sur la relig. chrèt. et sur le système des philosophes modernes, (an.) Paris 1770, 12 p. 127. L'auteur, né au T.heylard (Ârdèche) en 1718^ mort vers 1788, n'est connu que par cet ouvrage complété en 177.S et 1780.
4; .Sermons sur les dogmes fondamentaux de la religion naturelle. Neuchâtel 178;i, 8"-. Scrm. 8 et ». V. dans A. Monod : « Les senmons de Paul Kabaui •» [lf)7 his] p. 29 et 10.1 ce qui a trait aux discours moraux des pasteurs français vers la fln du siècle. V. aussi Masson o. c. III, 100, 211 s(i.
des fruits de la parole de Dleu(l) ; l'abbé Boulogne (2) préfère traiter de l'utilité sociale du christianisme. Tous, même Lanfant, Beauregard, Asselin, moins touchés par le siècle, exploitent avec prédilection les preuves internes et les bienfaits de la religion. « On ne disputait autrefois, écrira Rivarol en 1788, que de la vérité de la religion ; on ne dispute aujourd'hui que de son utilité » (3).
« L'acharnement de Voltaire contre la religion me paraît être Les
« d'un esprit bien étroit et bien petit ; car enfin quel est son Politiques « but ? de détruire la religion ? Mais il en faut une ; et, politi- « quement parlant, il est impossible que le peuple s'en passe, et « il est impraticable même de lui ôter celle qu'il a sans la rem- « placer par une autre. ».
Ainsi parle Collé (4), esprit médiocre et médiocrement religieux (5). Beaucoup de Français pensent comme lui. Nous les appellerons « les politiques » pour la commodité de l'exposé, sans prétendre les définir, en rangeant dans ce groupe de fermes croyants comme Caraccioli et les déistes christianisants comme du Closel, qui tous voient dans la religion le meilleur auxiliaire du législateur et qui sont ou sont devenus (6) ennemis du cléricalisme.
C'est ce parti moyen qui obtient les réalisations possibles dans l'ancienne France de la justice demandée par les philosophes. Avec les abbés Guidi et Besoigne, il prépare ou approuve l'édit de tolérance de 1787, vigoureusement combattu par le corps du clergé (7). C'est lui qui, à la Constituante, hésitera un moment devant le « même religieuses » que Rabaut St-Etienne veut faire
1. Sermons, Paris 1781, 2 v. 12. S. sur la Parole de Dieu. Ce recueil renferme 4 sermons apologétiques sur 17. L'auteur (1721-1802) archidiacre de Montpellier avait prêché en 1757 devant le roi. C'est un bon orateur, ordonné et persuasif, ne disant que ce qui peut frapper. Nous renvoyons pour tout ce qui concerne les prédicateurs de cette période à l'ouvrage de Bernard [22] 420 sq.
2. Sermons et discours, Paris 1826, 3 v. 8°. Migne [10] t. 74. V. surtout le sermon sur la Religion et les deux sur l'Incrédulité. Cf. Bernard 497. Masson III, 184. 200 sq. Boulogne prêcha devant Louis XVI le carême de 1787.
3. Lettre à ^^ecker : Œuv. compl. Paris Collin 1808, 5 v. 8», t. II 169, c, p, Masson III, 141.