Unité du culte public, principe social
4. Réalité des fujures de la Bible Paris 8", p. XXXIV. L'ouvrage a la forme d'un commentaire des « Figures de la Bible » de Fontaine et Sacy.
5. Démonatration évangélique, Brunswick 1800. Cet ouvrage banal et honora-
L'exploitation apologétique de la Révolution française
touchant l'âge des évangiles, et sur l'éternel faux principe : les choses ont dû se passer ainsi. C't'st remplacer la critique historique par un raisonnement logique. Aussi bien, le salut de la religion va-t-il venir d'ailleurs. L'ouvrage de Chateaubriand s'élabore. Il n'aura lui-même qu'un temps. Mais, un an avant Duvoisin, Schleiernuicher a publié ses Discours sur la religion adresses aux (jens iiislruits qui la dédaignent (1). Ils fondent rapologéti(iue moderne qui, par Vinet et par Neivnian, poursuivra l'œuvre de Pascal.
Les chrétiens attaquent
« Instruits de nos niallicui-s, nos derniors neveux sauront qu'un état auquel on enlève la religion est un état perdu » (2).
Abbé Audrcin.
En attendant, la meilleure apologétique n'est plus plaidoyer mais réciuisitoire. Après 94, les rôles sont intervertis. Si Chassanis peut écrire en 1802 que les incrédules ne sont plus à craindre (3), c'est qu'ils ont mis dans la main de leurs adversaires une arme du meilleur acier.
Depuis 20 ans et plus, le thème favori des « philosophes » est la malfaisance du christianisme, religion d'esclaves et de bourreaux. Dérision ! l'on a vu la nation et ses représentants suant de peur sous un triumvirat de disciples des -philosophes, les prêtres rebelles à la loi des hommes pour obéir à leur conscience persécutés à mort. Le langage de ceux qui les traquent ne respire pas seulement le civisme mais la haine du culte et de la religion. « Momeries, sottises religieuses, hydre du fanatisme » sont leurs (jualificatifs les plus doux (4).
On avait cru que le règne de la philosojjhie serait tolérance et fraternité (5), alors que les chrétiens lui imputaient de confiance
ble a été souvent réimprimé (B'' éd. 1821). Dnnoisin lui-niénie acceptait la tolérance civile. V. l'Essai sur la tolérance ajouté à la « Démonstration » à partir de 1805.
1. l'eber die RelUjion. Reden an die Gebildelen nnter ihren Veraechtern, 1799.
2. ApoUjijie de la religion, prononcée à 'Soir? Dauif. Paris 1797, 8' p. 31. .3. Du christianisme et de son culte, Paris 8".
4. C'est le langage de Laplanche et de ses délégués dans le Cher. V. Canipagnac : « Les débuts de la déchristianisation dans le Cher (sept. 17'.)3) >> , Pai-is Leroux 1912, 8". Le zèle des subalternes dépassait les vues des chefs de la Révolution. Danton. Robespierre ont blâmé la déchristianisation violente. V. ib. le discours de Uonnaire à la fête de la Raison (Bourges, 20 frimaire). Cf. Malhiez : .. La Révolution et l'Eglise », Colin 1910, 8" p. 110.
5. « Peu s'en faut rpie même les meilleurs esprits ne se persuadent que l'empire doux et paisible de la philosophie va succéder aux longs orages de la déraison et fixer pour jamais le repos, la Iraminillité et le bonheur du genfe humain ». Grimm, Corresp. III, 328.
la pire tyrannie et prédisaient que la ruine de la religion entraînerait le bouleversement et la corruption du corps social. Et voici la leçon des faits :
« L'expérience a jugé les systèmes et l'on sait maintenant ce que devient « une nation qui se laisse gouverner par des pliilosophes. Cette leçon terrible « ne sera pas perdue pour la postérité. Déjà les préventions antireligieuses « commencent à s'éteindre... On comprend enfin qu'il ne peut y avoir de « morale sans religion, ni de religion sans un culte public ; et ceux que « n'aveugle pas le fanatisme philosophique, reconnaissent que la religion « chrétienne est la seule qui puisse ramener la morale dans les familles et « dans la société » (1).
Car, pour les chrétiens la cause de la révolution n'est ni complexe, ni douteuse ; c'est le philosophisme qui a sapé le trône et l'autel. Dès 1789, l'abbé Barruel l'affirme catégoriquement (2). On a commencé par dépouiller l'Eglise de sa souveraineté sur tous les actes « qui ont rapport à la morale et aux sacrements », notamment le mariage (3). On en est venu par degrés à ces persécutions que Laharpe retrace dans son Fanatisme de la langue révolutionnaire ou de la persécution suscitée par les barbares du xviir siècle contre la religion chrétienne et ses ministres (4).
La poussée anticatholique avait été si forte et si générale que l'abbé Lefranc y voit l'effet d'un complot. Toutes les sectes secrètes mais surtout la maçonnerie ont juré la perte de Rome (5). La philosophie a trouvé chez elle son église.
(( Que le système religieux franc-maçon renferme les principes de nos « philosophes, ceux des hérétiques et des athées, c'est ce dont il sera aisé de « se convaincre en rapprochant les discours et les écrits des francs-maçons
1. Dni'oisin : ném. év. p. 2 et 3. V. Giraud relève la même idée chez Boiiald, Rivarol, Joiibert etc.. Nous n'insistons pas. « Xouvelles études sur Chateaubriand ■., Hachette 1912, in-16 p. 87 sq. Cf. Masson o. c. III, 255 sq.
2. Le patriote véridiquc. ou discours sur les vraies causes de la révolution actuelle, Paris 8°.