La Haye, 1699, 8°. 2'" dissert., c
3. « Examen de la théologie de M. Ray le », Amst., 1706, 12, c. 22.
4. Nous ne parlerons pas de J. Bernard, qui écrivit sur la preuve de Dieu par le consentement universel (N. r. l., fév. 1705, p. 123) et sur l'origine du mal d'après le De origine mali du D^ King (ib., mai 1703, p. 554, — juin, p. 603) parce que tout ce qu'il a dit a été mieux et amplement développé par les réfutateurs plus complets de Rayle. Quant à La Placette, pasteur à Copenhague, sa réfutation est non avenue puisqu'elle consiste à refuser le combat. Dieu a-t-il voulu rendre les hommes heureux ? — Je n'en sais rien. — A-t-il tout fait pour sa gloire ? — Je l'ignore ; il y a d'autres hypothèses possibles, ses fins nous échappent. — A merveille, dira l'incrédule, adorez en silence, ne parlez pas de la sagesse de Dieu et n'écrivez pas sur le sujet. Ministre pacifique et conciliateur, La Placette maintient avec leà modérés l'union de la foi et de la raison, avec les orthodoxes la légitimité de l'arbitraire divin. « Dieu n'a pas fait cela. N'est-ce pas une preuve invincible qui justifie que sa bonté ne demandait pas qu'il le fît ? » (Rép. à deux objections qu'on oppose de la part de la raison à ce que la foi nous apprend sur l'origine du mal et sur le myst. de la Trinité, Amst., 1707, 12, p. 224). V. aussi : Eclaircissements sur quelques difficultés qui naissent de la considérât, de la liberté nécessaire pour agir moralement. Amst., 1709, 12.
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dogmes chrétiens et les thèses spiritualistes, puis il se réfugiait dévotement dans la forteresse inexpugnable de la foi révélée ; tactique d'un homme de cabinet qui n'a aucun goût pour l'héroïsme et qui trouvait plus sûr de fusiller ses adversaires à l'abri des canons du synode de Dordrecht (1), mais aussi tactique de dialecticien suprêmement habile et amusante. Il l'appliquera dans tous les ouvrages de controverse qui suivront le Dictionnaire ; le caractère frauduleux en apparaîtra clairement.
Leclerc ouvre le feu dans ses Parrhasiana publiés sous le nom de Théodore Parrhase (1699). C'est un recueil d'articles, de petits traités dont le 6*" est intitulé : Défense de la Providence contre les Manichéens dont les raisons ont été proposées par M. Bayle dans son Dictionnaire critique. Il y introduit un origéniste (2) qui rend l'homme libre responsable du mal moral et qui atténue la sévérité de Dieu à l'endroit des pécheurs : il n'exige pas des hommes la parfaite innocence mais le repentir, il ne les menace des peines éternelles que pour les engager à la vertu par un fort motif, mais rien n'empêchera sa bonté de les réduire. Quant au mal physique il est négligeable, courte médecine au prix du bien être éternel.
Dans une remarque ajoutée à l'article Origène i^) Bayle n'eut pas de peine à montrer que Leclerc atténuait la cruauté de Dieu sans rendre la religion raisonnable. Sur la pente des concessions il n'est pas rationnel de s'arrêter.
Leclerc revint à la charge en 1706 par la Défense de la bonté et de la sainteté divine contre les objections de M. Bayle (4). Il se débat épouvanté dans la prison de fer où Bayle enferme la pensée. La certitude de la bonté de Dieu est le fondement de la religion ; le mal la rend indémontrable, on ne peut plus l'admettre que par un acte de foi. — Les deux adversaires n'ont plus rien à se dire. Leclerc tourne et retourne la question : s'il est compatible avec une bonté infinie de faire acheter par un peu de peine à une créature qu'elle a tirée du néant et à qui elle a fait mille biens une félicité éternelle, que cette bonté n'est nullement obligée de donner ; il a beau réduire le mal, le résidu reste insoluble. Les
1. Ce synode tenu en 1618 et où presque toutes les églises réformées étaient représentées, avait rétabli dans sa rigueur le dogme de la prédestination absolue et condamné les Arminiens, qui faisaient collaborer la liberté de l'homme à l'œuvre de son salut : le salut, disaient-ils, est offert à tous et assuré à ceux qui l'acceptent. (Canones synodici, c. I, art. 7 et 10).
2. Origène n'admettait pas les peines éternelles. .3. 2' éd. du Dictionnaire, t. IV, 418, rem. E.