Histoire ecclésiastique. Préface t. I
6. P. 13. De Laubrussel -est, à notre connaissance, un des pretmiers écrivains catholiques qui aient perdu toute illusion sur Bayle.
7. « Il n'omet rien pour... découvrir, si on Tose dire, leur nudité » p. 13.
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connaissance de l'histoire, la piété janséniste ont diversement contribué à ouvrir les yeux de plusieurs sur les innovations de réglise moderne. Il s'en inquiète, également animé contre les jansénistes pieux et contre les critiques qui menacent également l'Eglise telle qu'il l'aime. Et voici le bilan des erreurs qu'il
déplore :
trop de crédit accordé à la connaissance des ouvrages rabbiniques et des langues (1), le texte de l'Ecriture rendu suspect en lui-même et dans la Vulgate, de même les auteurs et principalement Moïse ; l'origine des lois et des cérémonies juives cherchée dans les religions païennes (2), le canon hébraïque préféré à celui de l'Eglise (3), l'inspiration contestée, l'indépendance de la critique à l'égard de la tradition, le dédain des Pères, la réduction du nombre et de l'importance des prophéties, les atteintes portées à celles de Jacob et de Daniel (4), la réduction du nombre des martyrs (5), l'origine platonicienne de la Trinité. Reconnaître la souveraineté de la critique, c'est préparer l'écroulement de rédifice. « Rien ne peut plus s'en justifier. »
Ce précieux ouvrage nous permet de mesurer le progrès de l'invasion critique et la résistance qu'oppose l'orthodoxie au développement de la science biblique. Cette résistance grossira les difficultés que l'histoire amoncelle devant la foi.
La discorde Les résultats de la critique ne sont pas encore largement vulga-
des sectes risés dans le public français. Des traductions d'ouvrages anglais
et les perse- n'atteignent pas tous les lecteurs qu'enchantera plus tard la
cutions pétillante malignité de Voltaire. Mais tout le monde a sous les
yeux la discorde générale des disciples du Christ, et, — il faut
que les hommes religieux en prennent leur parti, — on juge une
religion sur ses fidèles. On connaît les querelles théologiques du
Refuge hollandais. Jurieu passa la moitié de sa vie à batailler avec
les siens. De Neuchâtel Ostervald écrit en 1700 : « Les ecclésias-
« tiques n'ayant l'esprit rempli que de disputes, ils ne méditent,
« ils ne travaillent que sur cela ; ils ne parlent dans leurs ser-
« mons et dans leurs ouvrages que de ces matières qui les
' « occupent et qui leur paraissent capitales... Les incrédules
« d'autre part, voyant que les chrétiens ne sont point d'accord