Par Dupin
4. L'anglais Marsham faisait tomber la fin des 70 semaines avant J. C.
5. Par Dodwell (1641-1711) dans la 2- de ses Disseiytations sur S. Cyprien (1682) : « de paueitate martyrum. » Voltaire en a tiré parti.
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DE BAYLE A VOLTAIRE
« entr'eux, ils prennent de là occasion de douter de tout, et ils « jugent qu'il n'y a qu'incertitude et qu'obscurité dans une religion « où il n'y a que controverses et que sentiments différents. » (1).
Ce qui était vrai à Neuchâtel ou à Genève le devient aussi à Paris. En 1702 l'aff'aire du cas de conscience (2) réveille la lutte entre jansénistes et ultramontains. Le clergé se divise plus profondément. La guerre qui va se livrer autour de la bulle Unigenitus (1713) clôt les temps héroïques. La lutte en se prolongeant devient farouche et politique (3). La conclusion que Bossuet tirait des variations protestantes, les philosophes la dégageront tout à l'heure des divergences catholiques.
D'autre part la vue des persécutions éloigne insensiblement, peut-être à leur insu, bien des cœurs français de l'Eglise. Aux transports qui accueillirent la Révocation de VEdit de Nantes, on pouvait croire la satisfaction générale. Mais ces témoignages de contentement émanent du clergé, de la cour, des acheteurs de biens confisqués, des ministres, intendants, subdélégués, de cette armée de fonctionnaires zélés dont Bâville est le type irréprochable. La masse des sujets semble avoir accepté passivement cette mesure, présentée comme la grande pensée du règne le plus glorieux. En tout cas, si le bourgeois français ressentit d'abord quelque joie parce qu'il envisageait, comme le roi lui-même, une conversion sans douleur, il finit par mésestimer secrètement les persécuteurs à la vue des souffrances infligées, plus encore à la vue des désastres économiques qui ruinèrent la France du grand roi finissant (4). Les manifestations de cet état d'esprit sont rares ; -cependant les Lettres persanes (5) montrent au moins un magistrat considérant la persécution des réformés comme une faute sinon encore comme un crime. Le 8 mars 1715 une déclaration royale admet comme maxime' d'Etat qu'il n'y a plus de pro-
1. Traité de la corruption, 2* part, p. 16 et 17. Crousaz écrit de son côté : « Vous diriez que l'amour de la paix, le caractère essentiel des disciples de J. C. est la plus grande des hérésies. » Préf. du Traité du beau. 1715.
2. Il s'agit, on le sait, de la question suivante posée en Sorbonne : peut-on donner l'absolution à celui qui signe le formulaire, c'est-à-dire qui condamne les 5 propositions hérétiques, avec la restriction tacite qu'il ne les prouve pas dans Jansénius ? Clément XI répondit négativement (Bref de février 1703, Bulle Vineam Domini, juil. 1705).
3. D'après les Nouvelles ecclésiastiques (29 mars 1728) les fidèles désapprouvent la doctrine du prédicateur par des rires ou en sortant avec ostentation. Une seule chose intéresse dans son sermon : son opinion sur la grâoe. V. Molinier : Sermon sur la Samaritaine, c. p. Bernard : « Le Sermon au xviii» siècle »
4. V. Sagnac et Rébellian : Hist de France de Lavisse, [180] t. VIII. p. 204 sq., 373 sq.