‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 147 sur 390 · Lettre · texte numérisé non relu

Lettre

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testants en France depuis 30 ans. Par la déclaraUon du 14 mai 1724 le Duc de Bourbon remet en vigueur les dispositions les plus cruelles de l'édit de 1685(1). L'Eglise, instigatrice et seule bénéficiaire de rintolérance, va subir le contrecoup de sa victoire a la Pyrrhus : sans exagérer Tintérèt que le public portait aux persécutés, généralement ignorés (2), une réaction de mépris pourra seule expliquer le succès démesuré de la Henriade.

Chez les victimes aussi la contrainte engendre souvent Tindifférence. Les témoignages sont unanimes sur ce point. Pictet vise particulièrement dans son Traité contre Vindifférence des religions (3) les protestants qui, pour assurer leur repos sans alarmer "leur conscience, abritent leur dissimulation derrière ce beau principe : « on n'a que faire de se tourmenter sur ce qu'il faut croire, il faut seulement bien vivre » (4). La forme du culte est indifférente et Ton peut faire son salut dans toutes les communions chrétiennes. Après tout, l'Ecriture est obscure et la paix est un bien plus précieux que la vérité : la terre serait un petit ciel sans les discordes. — Pour un peu ils croiraient comme le roi de Siam que Dieu prend plaisir à la diversité des religions comme à

celle des fleurs (5).

Avec une psychologie bien fine Saurin montre les causes et la

gravité du mal (6).

1. Edits, déclarations et arrests concernans la R. P, R. 1662-1751, Fischbacher

1885, 8», p. 482 et 534.

2. Dans les périodes de rigueur, les persécutions s'exercent le plus souvent en des provinces éloignées et font partie de ces affaires courantes des intendances, dont la presse ne s' ccupe pas. Quand on tracasse à Paris les- protestants ou les jansénistes, un honune conune Collé le trouve miiuvais : « M. de « Beaumont se barbouille fort dans l'esprit des honnêtes gens et des gens « sensés... il tourmente son diocèse ; il fait, à ce qu*on dit. de mauvaises difll- « cultes aux calvinistes pour leurs mariages et leurs sépultures ; il persécute < les ecclésiastiques et les couvents. » Journal, juil. 1749. t. I, 87. ^

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