T. II, 1. 1, c. 2, p
Les miracles
lié à d'autres faits qui ne peuvent s'expliquer sans lui, — avoué par tous ceux qui l'ont pu voir, — transmis jusqu'à moi sans altération (1).
Or l'histoire évangélique rapporte des faits qui, s'ils sont vrais, tranchent toutes les questions pendantes entre croyants et incroyants, car ils prouvent que Dieu a parlé. Ce sont les miracles.
Où il y a miracle. Dieu est.
Ces faits sont possibles, même dans l'hypothèse spinoziste des lois immuables,(2), s'ils sont préétablis par Dieu dans le développement des choses. Notre étonnement naît de l'ignorance de leurs causes. « Les miracles entrent comme le reste dans l'économie des desseins de Dieu et par conséquent dans l'ordre général de h» nature » (3). — Ne perdent-iis pas leur autorité d'intervention particulière et leur valeur de témoignage ? — Non, puisqu'ils ne peuvent être ni prévus ni produits par un être borné. La guérison de l'aveugle-né reste probante, car ou Jésus la prévoyait et connaissait ce qui passe la science humaine, ou il l'ignorait ; mais alors comment les lois générales le servaient-elles à point nommé?
Ces faits sont rapportés par des témoins oculaires comme Matthieu et Jean, ou contemporains comme Marc et Luc. Matthieu écrit vers 35, Jean vers 98 (4). Ils n'avancent en effet rien que de conforme aux mœurs et aux institutions du temps, ils sont cités dès l'origine. L'évangile soulève des intérêts trop importants pour qu'on ne l'ait pas, quand il parut, épluché de très près. Il est impossible à un imposteur de se cacher sous le nom d'un homme vivant ou récent. 24 ans après la mort du Christ, Paul cite Matthieu (1 Cor. 6, 2) (5). Les églises apostoliques n'ont eu aucune