‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 156 sur 390 · Tout à fait contestable. C'est une rencontre d'idées · texte numérisé non relu

Tout à fait contestable. C'est une rencontre d'idées

DE BAYLE A VOLTAIRE

peine à écarter les faux évangiles, ne recevant pour vrai que ce qu'elles avaient reçu de la main des apôtres. Comme nos 4 évangiles s'échelonnent sur une période de 60 ans, il est inadmissible que les derniers aient tenté de reprendre une imposture décriée.

Suit le développement sur la bonne foi des évangélistes, où tous les apologètes triomphent. Houteville y ajoute une juste remarque sur la mauvaise foi de l'adversaire. « Si, parlant des apôtres « nous avançons qu'au moins ils étaient raisonnables : point du « tout. Ils étaient les plus crédules et les plus bornés de tous les « hommes, on les accable de tous les reproches d'ignorance et de « grossièreté que le paganisme faisait aux juifs. Si d'un autre côté « nous les représentons comme des auteurs simples et sans art... « Avant eux et après, le monde n'a point vu de séducteurs plus « fins, plus déguisés, ni plus politiques » (1).

Ces faits : les guérisons, les ténèbres du Golgotha, la résurrection citée comme un événement patent dont plusieurs témoins vivent encore, les discours en langues étrangères tenus par les apôtres inspirés étaient publics et intéressants puisqu'ils tendaient à renverser le judaïsme et le paganisme. Tout le monde a dû s'informer et courir à ces spectacles rares. L'incrédule répète : <i Si je voyais un miracle je croirais. Qu'il convienne donc que nos « ancêtres ont examiné ce qu'il approfondirait lui-même s'il se « trouvait dans les mêmes circonstances qu'eux ; qu'il convienne « que V univers a cru parce que V univers s'est informé » (2). -

Ces faits sont nécessaires pour expliquer la conversion de l'Univers, — « Jamais le paganisme n'eût cru si le paganisme n'eût vu des miracles » (3), — la constance des nombreux martyrs, l'institution du dimanche destiné à célébrer la résurrection.

Ils sont reconnus par les ennemis du christianisme, les juifs, Hérode, les païens, Mahomet. Houteville consacre 65 pages à prouver l'authenticité du passage de Josèphe sur J.-C. (4), et défend des témoignages aussi suspects que celui de Lampride sur les temples élevés au Christ par Adrien, et la lettre de Marc Aurèle sur la pluie que les prières des soldats chrétiens auraient obtenue, dans la guerre contre les Quades.

Enfin les récits évangéliques nous sont parvenus sans altération, La surveillance mutuelle que chrétiens et païens exerçaient les uns sur les autres en est une sûre garantie.

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