‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 158 sur 390 · T. IV, p · texte numérisé non relu

T. IV, p

6. Préf. de la 2» édition. Il vise surtout Desfontaines. V. plus bas p. 231.

7. Dans ses Disputationes de controversiis fîdei, adversus hujus temporis heereticos, Ingolstadt ir>81-93, 3 fol.

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DE BAYLE A VOLTAIRE

condamne pas ses contradicteurs sans les entendre, ce qu'euxmêmes font sans vergogne.

Repoussons d'abord quelques présomptions générales par lesquelles les incrédules tranchent l'ensemble du problème chrétien. La première est fondée sur l'éloignement où nous sommes des temps où l'évangile s'est établi. Un esprit bizarre, Craig, a soutenu que la certitude d'un événement historique diminue mathématiquement à mesure que le temps s'écoule. — Non, s'il est prouvé que le premier témoin « ne pouvait séduire et que les autres n'ont pu ni voulu se laisser surprendre » (1).

L'incrédulité des juifs contemporains du Christ, qui savaient le vrai sens des prophéties, est la difficulté la plus spécieuse et la plus simple. Mais la synagogue n'avait pas, comme l'Eglise, les « promesses d'une éternelle indéfectibilité » (2). Les juifs n'ont pas cru, parce qu'ils attendaient un Messie charnel, parce qu'ils appréhendaient le renoncement et les persécutions, parce que l'intérêt personnel des prêtres était en jeu. Enfin cette incrédulité était voulue de Dieu. Leur mauvais vouloir rend plus précieux leur aveu des miracles.

La bassesse du Christ prédit glorieux était bien faite pour les abuser « et jamais séduction n'eût été mieux préparée par l'équivoque » (3). — Houteville délaie la page de Pascal sur les trois ordres de grandeur et conclut : notre système est le bon puisqu'il concilie tout, comme une bonne hypothèse scientifique, tandis que celui des incrédules fait Dieu et les prophètes trompeurs ou le Messie inexistant.

Mais les faux oracles du paganisme rendent suspects les oracles chrétiens. « L'on ne dira rien contre les oracles de l'idolâtrie « qui ne soit contre ceux du judaïsme, ni rien pour les prophéties « des juifs qui ne soit également fort pour les prédictions des « païens » (4). — La diff'érence est grande. Les prophètes païens étaient intéressés, défiants, en désaccord ; ils rendaient des oracles ambigus favorisant l'impureté et l'idolâtrie. Ils n'ont jamais prédit un fait dépendant de causes libres.

De même les faux miracles ne se comparent pas aux vrais ; ils

1. IV, 24. On s'étonnerait de voir le sentiment de l'incertitude des faits évangéliques revêtir des formes aussi enfantines que celle-ci, au lieu de la forme moderne nettement formulée par Crousaz : les évangiles ne sont pas du temps ni des auteurs indiqués, si l'on ne savait comme le sens historique s'est tardivement éveillé. Craig, mathématicien écossais, avait calculé en 1699 que la probabilité des faits évangéliques serait éteinte au bout de 1454 ans. Theologiœ christianœ principia mathematica, Lond., 36 p. ; et Leipzig 1755, 4«>,

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