‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 170 sur 390 · T. II, c · texte numérisé non relu

T. II, c

G. Ib. c. 10, art. 2 et 3. Cette réponse pascaLienne est encore la meilleure.

est plus heureux en invoquant la conversion de Paul par Jésus ressuscité : la résurrection et la foi sont ainsi attestées par un ennemi mortel, directement éclairé sans le secours des apôtres, qu'il ne vit qu'au bout de 3 ans et pendant 15 jours (1).

En somme Duguet reprend après cent autres la preuve par les prophéties et les miracles, mais sa démonstration est minutieuse et passionnée et vivifiée par sa ferveur. Nulle part ce frère de Pascal n'invoque la preuve interne comme un des appuis de la foi, et cependant c'est elle, partout sous-jacente, qui porte l'édifice harmonieux quoiqu'un peu démodé de son apologie. Tout ce merveilleux, utile à la religion comme témoignage, ne fait qu'attirer l'admiration des hommes, il ne change pas leur cœur (2). Là il faut frapper pour convaincre, car « on cesse de voir ce qu'on n'aime pas et les lumières sont justement refusées à celui qui en était ennemi » (3). Les preuves sont tout au plus une cuirasse à l'égard du cœur, dont elle conserve le mouvement et la vie sans en être la cause (4). « Les pensées n'unissent point réellement rhomme à la religion » (5). La foi sans amour agit avec tristesse. On n'est vraiment persuadé que quand le cœur a savouré « le plaisir intime que Dieu fait goûter à ses serviteurs dans le lieu même de l'exil » (6).

C'était là un langage peu intelligible sans doute aux lecteurs des Lettres anglaises. Le conservatisme de ce dévot qui maintenait l'inspiration littérale et l'invariabilité des Ecritures était plus fait pour les frapper.

Tout près du janséniste Duguet est le jésuite Dez (7), tant il est vrai que la fraternité des âmes pieuses éclate malgré les divergences doctrinales. Comme lui Dez reprend les arguments externes, pour montrer « qu'on doit croire que c'est Dieu qui parle » et qu'il faut admettre « le mystère qu'il révèle quelqu'incompréhen-

1. C. 18, art. 1. Il tire aussi fort bon parti de la guérison du boiteux par St Pierre, au milieu d'un concours de peuple, au nom du Christ ressuscité, et il s'écrie à son tour : « Est-ce ainsi que les hommes inventent ? » Tb. art. 2.

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