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« le droit de décrier une doctrine véritablement sanctifiante (.( parce que les hypocrites et les fous en ont abusé ?»(!).
Mais on charge la mémoire des jeunes gens d'abrégés secs de mystères et de preuves où il n'y a rien pour le cœur. La religion intérieure « menace ruine de tous côtés » (2). Aussi le déisme . fait-il d'effrayants progrès.
<( On ne ramènera jamais les hommes à la piété qu'en leur « faisant sentir tout le poids de leur misère et en les adressant à « Dieu qui peut seul leur donner la santé et la vie intérieure et « qui en effet la donnera à tous ceux qui la lui demanderont » (3).
Telle est la forme extrême qu'a prise entre Bayle et Voltaire la preuve interne ou mystique.
On sait à quelles objections elle se heurte. Les contemporains Elle est peu de Lacroze lui adressaient le reproche de subjectivisme. Il n'y a goûtée de preuve que de l'objectif, ou, selon la notion commune, qui dit descontempreuve dit universellement valable, directement communicable et porains perceptible à tous les esprits. Lacroze répond par la nuée de témoins qui accable l'aveugle en déposant pour la lumière.
Les modernes ont découvert dans l'argument un sophisme qui consiste à conclure de l'existence d'un sentiment à l'authenticité de faits, les faits évangéliques. C'est à peu près, dit un critique, comme si l'on affirmait la vérité de l'histoire d'Œdipe parce que la lecture de Sophocle est bienfaisante (4). Tout au plus pourrait-on conclure de l'expérience religieuse l'existence de Dieu, mais non la vérité des divers dogmes. La Placette répond par avance que « l'admirable beauté » de l'évangile et de son action dans les iimes « fait voir clairement qu'il vient d'ailleurs que de l'esprit « de l'homme qui est absolument incapable d'une telle pro- « duction » (5). Et Crousaz dirait la même chose du plan du salut (6). S'ils avaient connu la comparaison tirée d'Œdipe, on peut affirmer qu'ils eussent objecté : Sophocle tout bienfaisant qu'il est ne remplit pas nos vides, ne résoud pas les contradictions de notre être pas plus que celles du monde (7), ne nous donne pas la joie et la sérénité parfaites, avec le sentiment de posséder la clé de notre destinée. Il manque donc d'autorité pour nous faire