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pour rhomme et non Thomme pour la religion. Arrière les mystiques qui prônent l'amour désintéressé. 11 faut au contraire montrer aux chrétiens les avantages qui les attendent pour les exciter au devoir • la prière est un remède merveilleusement facile a tous nos maux, la reconnaissance nous oblige à remarquer la source dé tous nos biens, c'est aussi un moyen d'en obtenir de nouveaux. « Il n'y a point de règle plus nécessaire, plus indispensablement « nécessaire pour passer la vie dans la tranquillité et le repos « que celle qui nous ordonne... de faire exactement aux autres ce « que nous voulons qui nous soit fait à nous-mêmes » (1). Le précepte de ne pas résister au méchant ne nous prescrit que ce que la prudence et l'amour de notre repos nous conseillent. Il est utile de se faire des amis de ses ennemis. Et que dire des biens éternels promis aux fidèles ? On objecte que peu d'élus entreront par la porte étroite ; mais les prédicateurs exagèrent. En parlant de la porte étroite, Jésus ne pensait qu'aux juifs de son temps qui le suivaient en petit nombre. Nous aimons notre corps, nous serions fâchés qu'il ne ressuscitât pas. Dieu a prévu ce desir(2).
On voit quelle dégradation grossière subit la pensée des Duguet et des Lacroze. C'est la transposition du spirituel en matériel. Bernard invoque un utilitarisme bas et, peu s'en faut, l'appetit du bien-être, pour autoriser la religion. Il croit la rendre ainsi recommandable à des hommes qui n'acceptent plus que l'on condamne la nature humaine et ses instincts.
Ce même auteur avait déjà défendu avec Saurin contre Bayle l'utilité sociale du christianisme. Les apologies de ce genre iront se multipliant (3).
2. L*. 2. c! 11.* On reconnaît l'auteur à son ouvrage : Dieu seul savait tous
nos besoins et pouvait les remplir. «i.«,^^, Wp
3 V supra p. 178. En 1730 paraît un opuscule anonyme : Les charmes ae la socÙté du chrétien, Paris. 12 (161 p.) où l'on fait valoir les vertus sociales du disciple du Christ, bon père, ami fidèle, etc Nous retrouverons ces ide^ plus amplement et mieux développées ailleurs. V. M. Trev., mars ^31 P. 444. Devons-nous, dans une histoire de l'apologétique, mentionner la tentative d P. Berrimer pour accommoder, dans un autre sens, la ^ï^^ion au goût du siècle? il s'agissait de vaincre une autre répugnance, celle qu inspirait aux d^icats de sa'lon, « modernes » dans l'esprit de La Mothe et ^Jontenelle la barbarie des Ecritures. Le jésuite, en sucrant le style de la Bible, en présentant un Samson mieux peigné, en tirant les rudes l^iV«i';«^^7f"^""^y!;^ la galanterie, obtint un succès prodigieux, mais de quel aloi ^f/ÏLerses sérieux désavouèrent cet ancêtre bien intentionné de Léo Taxil. Les diverses parties de sa Bible : His,toire du peuple de Dieu, - les Ei>«n»«e«' - ^"^/^ " très (1728-58) furent successivement censurées par Colbcrt, évêque de Montpellier, par Rome en 1734, par une assemblée d'évêques réunis à Co"flans par la Sorbonne et le Parlement. Clément XIIl ordonna des prières à la Trinité, en réparation des outrages que renfermaient « les Epîtres », et écrivit le 2 décembre 1758 que « la mesure du scandale était remplie >».
DE BAYLE A VOLTAIRE