‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 193 sur 390 · Mat · texte numérisé non relu

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DE BAYLE A VOLTAIRE

c< tous les dialecticiens et de tous les hommes qui savent raison- « ner, qu'une proposition équivoque et ambiguë ne prouve « rien » (1). « On n'écrit et on ne parle pas ordinairement ainsi « parmi les hommes à moins qu'on ne veuille tromper auel- « qu'un » (2).

Comment convaincre un juif maintenant, et comment troubler un incrédule dans son libertinage ?

L'enfant terrible de l'orthodoxie ne réfléchissait pas que de mauvaises raisons ne convainquent ni ne troublent. L'évêque Gibson en retirant les prophéties particulières de l'arsenal traditionnel avait plus sagement agi.

Mais si les prophéties paraissaient équivoques à quelques défenseurs du christianisme, si d'autres jugeaient indémontrables les miracles spirituels de la conversion et de la nouvelle naissance on comprend la prédilection du grand nombre pour les miracles matériels objectivement constatés. Le prodige, manifestation de la puissance divine, était à leurs yeux un signe de l'origine céleste de leur auteur ou de sa mission, une lettre de recommandation surnaturelle.

Les incrédules contestaifent ces 3 caractères; le premier au nom du déterminisme, en invoquant des lois inconnues, les deux autres par voie de conséquence et au nom du principe de Spinozale miracle étant fini ne peut manifester l'infini avec une pleine évidence.

Dans la période que nous étudions, l'argument tiré des prodiges est, comme celui des prophéties, affaibli à la fois par les déistes et par certains chrétiens qui le trouvent insoutenable sous sa forme traditionnelle. C'est l'eff-et du travail intérieur de l'esprit scientifique.

Locke, dans son Discours sur les miracles (3) , réfute la définition commune du miracle : une opération surnaturelle que Dieu seul peut exécuter. Qu'en sait-on ? Il ne serait d'aucun usage comme preuve, car l'immense majorité des hommes est incapable de connaître toutes les lois. Un pauvre faiseur de briques ne pouvait pas juger si les prodiges de Moïse les dépassaient. Le miracle est « une opération sensible que le spectateur regarde comme « divine parce qu'elle est au-dessus de sa portée et contraire

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