‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 199 sur 390 · Cité de Dieu, I. 4. c · texte numérisé non relu

Cité de Dieu, I. 4. c

pereur Marc Antonin, de Pythagore (1). La philosophie païenne <i nous apprend à connaître le rapport que notre âme a néces- « sairement avec son créateur et par lui et en lui avec toutes les « créatures raisonnables, et elle produit la connaissance certaine « de tous nos devoirs envers Dieu, envers notre prochain et en- « vers nous-mêmes » (2).

Il restait un pas à franchir, c'était de proclamer la morale laïque supérieure à la morale religieuse. Il le fut par Barbeyrac (3) professeur au collège des Réfugiés, à Berlin. Dans la préface qu'il mit à sa traduction du traité de Puffendorf sur le Droit de la nature et des gens (1706) (4), il exalte son auteur, moraliste, en développant cette idée que la morale, négligée par les prêtres de toutes les religions, a été surtout cultivée par les laïques. Même les prédicateurs protestants insistent plus sur le dogme que sur la morale. « Si Ton considère le peu de bons livres de « morale que nous avons, surtout en notre langue, en comparai- « son de ce nombre infini d'ouvrages de controverse qui inondent « les bibliothèques... on en conclura aisément que l'étude de la « morale est fort négligée ». Un exemple : « a-t-on pu encore « aujourd'hui arracher à bien des gens qui ont eux-mêmes éprouvé « les funestes eflfets de l'intolérance, un aveu bien formel que « toute persécution, toute vexation grande ou petite, directe ou « indirecte pour cause de religion est une tyrannie également « absurde et criminelle » ? Le premier qui ait entrepris de donner un système de droit naturel n'est pas un théologien mais Grotius, dont le traité fut mis à l'index. « Et il ne tint pas à « plusieurs théologiens protestants de Suède et d'Allemagne que « cet excellent ouvrage n'eût pas partout le même sort » (5). Les Pères de l'Eglise en particulier sont pleins d'erreurs en morale.

Barbeyrac sera hautement loué par Voltaire dans le Catalogue raisonné des esprits forts. Le dénigrement des ecclésiastiques

1. Marc Antonin 1690. 2 v. 12 ; — Platon 1699, 2 v. 12 ; — Pythagore 1706, 2 V. 8«. V. N. r. l. [63] , 1709, t. II pw 232, 532.

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