V. Saisset
2. Réaction contre la miéthodc de Maimonide (1135-1204), qui prétendait approprier à une saine philosophie les endroits choquants de l'Ecriture, ceux par exemple où Dieu est présenté comme corporel. (V. Coiichoud, o. c. 96).
3. C. 8. L'authenticité du Pentateuque avait laissé Jérôme indifférent : « Sive Mosem auctorem dicere voluerit, sive Esdram instauratorem operis non recuso « (Contr. Helv. 4 ; c. p. Margival : « Essai sur Richard Simon », Paris, Maillet, 1900, 8«, p. .135). Deux auteurs modernes que Spinoza possédait dans sa bibliothèque la contestaient : le jésuite Bento Perdra : « Commentaire sur Daniel et sur la Genèse », 1562, et le protestant La Peyrère : « Praeadamitap », 1655. Nous empruntons ce renseignement à Couchoud, 102 n.
4. Aben-Esra, dit « le Sage », né à Tolède, écrivit des « Commentaires sur l'Ancien Testament » (Venise, 1526), dont la tendance rationaliste contraste avec l'exégèse allégorique des anciens docteurs juifs.
SPINOZA
20 Tout le livre de Moïse fut graVé sur un autel de douze pierres. Il était donc plus court qu'aujourd'hui.
30 __ Il est peu probable que Moïse ait parlé de lui-même a la troisième personne. « Moïse a écrit la Loi » (Deut. 31, 9).
4" — « Le Cananéen était alors en ce pays là » (Gen. 12, b) n'a pu être écrit qu'après l'occupation de Canaan par les Hébreux. t%r% ^A\
50 __ Morya est appelée « montagne de Dieu » (ben. 22, 14). Elle ne put prendre ce nom qu'après avoir été consacrée à la construction du Temple. ^
6" — Le Deutéronome parle du lit de fer d'Og, roi des géants, comme d'une relique fort ancienne et non comme d'une chose contemporaine (ch. 3).
A ces arguments Spinoza ajoute les suivants :
Au chapitre 34 du Deutéronome il est question de la mort de
Moïse.
Certains lieux portent des noms modernes (Gen. 14, 14 : Dan.).
Moïse parle quelquefois de temps qui dépassent sa vie : « Israël mangea la manne 40 ans » nous mène jusqu'à la période racontée
par Josué. ^ ,, • i
Le Pentateuque fait mention des livres composés par Moïse : le livre des Guerres, le livre de l'Alliance ou de la loi, le Cantique. Nous ne les avons pas. Le Pentateuque n'est pas de lui.
Cet ouvrage et les livres historiques suivants, jusqu'aux Rois, sont l'œuvre d'Esdras qui exposa la loi de Dieu à ceux de son temps. Le Deutéronome est « le livre de la Loi » mosaïque, illustré et expliqué par lui. Mais il n'eut que le temps de rédiger un précis, inspiré par l'idée de tenir registre des paroles et des ordonnances de Moïse et de les démontrer par les événements (1). L'inachèvement de son œuvre et l'intervention de divers auteurs après lui, ainsi que les fautes des copistes, expliquent l'incohérence des récits, les altérations du texte, la chronologie désespérée Comme tout livre humain, l'Ecriture a souffert de la faiblesse humaine. Les autres livres de l'Ancien Testament sont tous ou mutilés, ou inauthentiques, ou plus récents que la tradition ne renseigne. Le canon a été dressé par les pharisiens du second
Temple. ^ ,,*'•♦
Pour ce qui est du Nouveau Testament, ses auteurs 1 ont écrit non en tant qu'apôtres et prophètes parlant au nom de Dieu, mais comme docteurs et hommes privés. Ils ne dogmatisent pas, ils raisonnent, ils ont des opinions particulières, par exemple sur