IV. — Etat des esprits
Où en sommes-nous ? quels progrès fait l'incrédulité dans ces années où le christianisme subit des attaques si vives, et la défense est-elle sans effet ?
A en croire Tvublet en 1736. l'incrédulité, fréquente dans les grandes villes, est encore en horreur dans les provinces (4). Et pourtant le clergé provincial s'émeut. VAssemblee d'^cl"9ede 173i attire l'attention du roi sur les nouveautés profanes , 1 eveque de Tours, président de VassenMée de iUS. prononce un discours pour se plaindre des progrès de l'impiété et en solliciter
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Tenfla ^oir 'ortio^dlxTr .a T^i.é. V. DesnotreUrre, V. 177. Ma„on [160]
'• Te';».-, de liUéramre e, <le morale, chap de '•^•f;;';„;',^f;,;,*;,„|;i,.'""'- Hur(«r [21] t. III. 44 trouve excellentes ses Pen.<'ej choisies sur l wcriamtte.
DES LETTRES PHILOSOPHIQUES A L'enCYCLOPÉDIE 355
!.• répression (1). L'assemblée de 1750 dénonce au roi de mauvais hvres ; le roi pro.net d'en arrêter le cours (2). Les évéques cornmencent a lancer des mandements. Nous avons vu ceux qui mettaient en garde contre la thèse de l'abbé de Prades. En 1753 Belsunce tache de prouver par des citations que chez les philosophes 1 i.nmoral.te marche de pair avec l'impiété. Bien que ce soirun procès de tendance et qu'il trouve jusque chez Toussaint une nc.tat.on a la débauche, il reste que la réhabilitation générale de
L" t"," " f *""' P^''*°"'' ^'"'* "ï"" '*» ^'« P"^ée de la plupart des philosophes, ne recommandaient pas la sévérité dans les
7Zrnr/TT ''''''' '^^'"-«''-«t d" matérialisme théofô?ce' admettre avec Bayle que les idées sont sans
De 1730 à 1750 les missions se multiplient Pendant que les jésuites Lafitau, Pénissault, Segaud (3) et surout de Neuville (4) attirent le public élégant de Paris naf leur éloquence de plus en plus académique, les lazarLrs prêche» e„ Bne et en Beauce, les eudistes en Normandie, en Bretagne et dans le Maine, les missionnaires du S. Esprit (5) en Poitou An ou e Aunis, les oratoriens, les capucins et particulièrement i;s jésuhes un peu partout. Le succès du P. Bridaine (6) qui donna de iS
le.. prStam's* '" ''"''' "* '**°^"'"'" ^^ '""'"-^ 1»- «""tre les janséniste, et
de Raynal taxe les vrLuXiiJT r f . *' ^"' ^"^- ^ Correspondance ' renvoyée à îawhnnl. t ^ ' ' ^" «"S'^ssi»" de toutes ces choses a été . mine sont • l'^DritHA ?• " t" ."""P* sérieusement. Les livres qu'elle exa- . rHiLTrf^'. 1- . „'°"- IH'""!" naturelle, la Lettre sur les aveugles 3 CL ri68sT7«]r '"^''' Philosophiques » éd. Toumeux I. J^sf^'"»'"' que de âtërln rh • ^ "ï P""*»"» !«' Plus passionnés de la Bulle, évê- F^^^'^^^^^'^^^^ - -e «1 a.i. , tri^^é'pour
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de 1.200 Uvres du roi qui appréciairsa prtd^iL „?«) il «a"t nie'un.^dê
A tt' i \r ~ Ces 3 orateurs se flTent entendre à Versailles
pr/dica^elIl^LTê^ia^ ^ '' ^"^ ^^^^^^^^"^ ^^ ph^hie et 30 ans
preaicateur. Il ,precha 6 carêmes à la cour. Quand son ordre fut chassé il refusn
llnnlnT. '? """"""* l'autorisation d'habiter St-Germain-en-Laye /Z "5/
regardé comme le meilleur prédicateur français du siècle. Son éloquence est trop fleurie pour le goût moderneu Nous retrouverons dans la^rioT ^iv^ntP ses sermons apologétiques. -, Sermons, Paris et Lyon m7^ t. T mL^^
5. Fondes à la Rochelle par Guignion de Montfort (1673Îl716 qui avaTt'Lu
6. Né et mort dans le diocèse d'Uzès (1701-67), il fit ses études chez' les jésuites et consacra sa vie aux n^isslons. Il avait tous les donTde Poratei"
à 1767, 256 missions, surtout dans le midi, se marquait par des conversions nombreuses. A en juger par les sermons qu'il a publiés, il se préoccupait de réveiller les consciences beaucoup plus que de contester. C'est la meilleure défensive.
En avril 1751, Barbier constate l'affluence des fidèles dans les églises de Paris (1). En mai Raynal écrit : « L'histoire ne nous a « conservé le souvenir d'aucun jubilé qui ait fait à Paris autant « d'impression que celui qu'on y gagne maintenant. On n'y parle, « on n'y pense, on n'y est occupé que de cet objet » (2). Pour chauffer la piété populaire on répandait la « Copie d'une lettre » (3) de J.-G. : « Je vous dis par la bouche de Dieu mon « père et de ma chère Mère, et de tous les chérubins et séraphins « et par le chef de mon Eglise, St Pierre, que si vous ne vous « amendez et corrigez votre vie, je vous enverrai des fièvres « extraordinaires, tremblement de terre... et gelée sur les biens « de la terre, vos bestiaux périront ». « Ceux ou celles qui tienne dront une copie de cette belle Lettre dans leur maison,... jamais « malin esprit, ni foudre, ni tempête ne leur toucheront, et toute « femme enceinte qui la portera accouchera heureusement ». Si vous n'apaisez ma colère, « je vous enverrai grande famine, peste, « dissenterie, guerre ou autres maux ».
Il y a bien du tintamarre là dedans. Il est cependant approuve par 2 Docteurs de Sorbonne.
En même temps le besoin se fait sentir de préserver la jeunesse, toujours ouverte aux nouveautés, et ceux qui vivent dans des états peu favorables à la vie spirituelle, les soldats, les marins, les nobles. On voit apparaître et bientôt se multiplier les ouvrages de vulgarisation apologétique.
En 1739 un recteur de collège, le P. La Guille S. J., écrit un Préservatif pour un jeune homme de qualité contre l'irréligion et le libertinage (i). Ce livre, adressé aux élèves d'une académie, montre la jeunesse riche déjà contaminée sur les bancs de l'école. En 1747 un autre jésuite, le P. Yves de Valois, professeur d'hydrographie à La Rochelle, publie des Entretiens sur les vérités fon-
maîs, improvisant volontiers, il n'évitait pas la trivialité. Il prêcha 3 années de suite à Paris (1753.r,r.). Benoît XIV le récompensa par le titre de « missionnaire général ». — Sermons, Avignon 1841, 7 v. 12.
1 « Si l'intérieur n'est pas bien sincère, du moins les dehors de la religion sont remplis pour donner l'exemple au peuple ». Journal V. 39. c. p. Roustan